Ira Kleiman : procès contre Craig Wright



Craig Wright est l’un des noms les plus controversés de l’univers de la crypto-monnaie. Il est surtout connu pour avoir déclaré qu’il se cachait derrière le pseudonyme de Satoshi Nakamoto, le mystérieux créateur du Bitcoin. Il a aussi affirmé avoir été aidé par Dave Kleiman. Or, l’affaire Kleiman vs Wright est considérée comme le procès de la décennie dans l’univers des crypto-devises. Elle est menée par Ira Kleiman, qui poursuit Wright inlassablement depuis 2018.

Ira Kleiman contre Graig Wright : les coulisses d’une affaire épineuse

Dr Craig Wright est un informaticien australien. Son nom a surtout été mis en avant suite à son auto-proclamation, en 2016 d’être le visage derrière l’identité du célèbre Nakamoto. L’affaire judiciaire contre lui a débuté suite aux accusations d’Ira Kleiman. Ce dernier affirme que Wright n’est pas l’unique fondateur du bitcoin. Son frère, Dave Kleiman était l’ami de longue date et le partenaire de Wright. Il serait donc le co-créateur du bitcoin. D’où, la moitié d’une somme colossale de bitcoins se trouvant dans le fameux Tulip Trust, estimée à 66 bilions de dollars, lui reviendrait.

Le partenariat des deux ingénieurs se serait déroulé sous le label d’une entreprise appelée W&K Info Defense Research, LLC. Ils ont utilisé cette plateforme pour miner des bitcoins et organiser leurs actifs dont le code source de la célèbre crypto-devise.

Ira Kleiman a présenté une série d’e-mails au juge californien en charge de l’affaire. Ces documents prouveraient que son frère était en charge du minage de la totalité des bitcoins dont il est question. Il a accusé Wright d’avoir usé de tromperie et de contre-façon pour priver son ami de son droit après sa mort.

Face à ces accusations, Wright n’a pas changé de position. Il a continué à affirmer que Dave était son ami et son confident, mais que les deux n’ont jamais été partenaires sur le projet. Par conséquent, il rappelle que lui seul était Nakamoto.

Les preuves présentées par Ira Kleiman

Maître Kyle Rosche, représentant les Kleiman, a dénoncé les déclarations contradictoires de Wright concernant la nature de sa collaboration avec Dave Kleiman. Il a présenté une chronologie visant à démontrer la réalité d’un partenariat professionnel entre les deux amis.

En effet, les emails étudiés par les membres du jury contiennent plusieurs mentions à Kleiman en tant que « partenaire ». Cela s’est poursuivi jusqu’au décès de ce dernier en avril 2013. Cet événement tragique a marqué un changement notable dans la position de Wright. C’est à ce moment qu’il a prétendu que son ancien confident lui a transféré ses droits sur la propriété intellectuelle de leur projet commun. Les autorités australiennes avaient prévenu Ira Kleiman que les acclamations de Wright étaient frauduleuses. Il n’a donc pas payé la somme de 40 millions de dollars à son frère pour des biens communs à leur société.

De plus, l’avocat représentant les intérêts des Kleiman a fourni une preuve vidéo datant du 4 avril 2019 où Wright niait complètement son partenariat avec Dave. « Il n’a jamais été mon partenaire… J’ai ce concept en horreur » y disait-il.

La Défense de Graig Wright

La défense de Wright semble fragile. Elle est axée autour de deux arguments. Le premier est le diagnostic du trouble du spectre autistique. Le second, est l’absence d’un engagement écrit entre Wright et Kleiman.

Tout d’abord, l’avocate chargée de La défense du prétendu Nakamoto a stipulé que son autisme rendait difficile toute communication. Jouant sur les mots, elle a simplement déclaré qu’Ira Kleiman et Graig Wright avaient des conceptions opposées du terme « partenaire ».

Voulant jouer la carte de l’émotion pour s’attirer la sympathie du jury, Wright a été dépeint comme un enfant marginalisé ayant grandi dans un foyer en difficulté.

Remettant en question la véracité du diagnostic de Wright, Maître Rosche a mentionné qu’il n’a eu lieu que très récemment, soit après l’année 2018. Par ailleurs, l’avocat des Kleiman a confirmé que le docteur Ami Klin a émis le diagnostic suite à une conversation téléphonique avec l’accusé. Il ne l’aurait donc jamais rencontré dans le cadre d’une visite médicale.

Wright, le vrai Satoshi Nakamoto ?

Qu’il ait travaillé seul ou qu’il fut aidé par Kleiman, les experts de l’univers de la monnaie cryptographique excluent l’idée que Wright soit le véritable Satoshi Nakamoto. Il faut dire qu’il n’a jamais véritablement réussi à prouver sans le moindre doute qu’il était bien celui qu’il prétendait être.

En mai 2016, il avait déclaré qu’il allait déplacer les bitcoins de Satoshi. Cela laissait penser qu’il possédait les clés d’accès pour effectuer cette action. Toutefois, il n’a rien fait. Il avait expliqué dans une longue publication, qui a été effacée par la suite, qu’il n’en avait « pas le courage ».

Pourrait-on retracer les fameux bitcoins de Satoshi ?

Au cas où le jury plaiderait en faveur d’Ira Kleiman et qu’il se voit attribuer la part de son frère des fameux bitcoins de Nakamoto, est-ce qu’il y a bien un moyen réel de les retrouver ? Dans la possibilité où Wright serait Satoshi Nakamoto, ou qu’il aurait véritablement perdu l’accès à ce précieux Wallet contenant le trésor convoité, il semble peu probable qu’Ira Kleiman puisse en avoir la moitié. Les plus sceptiques de la communauté bitcoin remettent en doute l’existence même du fond titanesque au cœur de cette bataille judiciaire.