Qui était Hal Finney ?



Parmi les grandes figures de la cryptomonnaie, on retrouve un homme extraordinaire. Ce dernier a marqué son temps par son intelligence, certes, mais surtout par sa passion dévorante. L’histoire de ce transhumaniste qui a défié le gouvernement américain vaut vraiment le détour. Il a consacré sa vie à mettre ses connaissances au service de ses valeurs. Il était persuadé que la technologie peut offrir une meilleure condition humaine, sans le contrôle d’un tiers (gouvernement, banques…). Malgré sa maladie, très handicapante, il a continué à travailler jusqu’à son dernier souffle. Un autre indice ? C’est avec lui que Satoshi Nakamoto a effectué la première transaction de Bitcoin ! Si vous êtes un fana de crypto, vous avez sûrement deviné qu’on parle de Hal Finney ! Mais si vous n’avez aucune idée sur cette figure emblématique, découvrez sans plus tarder le portrait de ce cryptographe exceptionnel ! Dans cet article, nous nous intéresserons de près à sa vie privée et à ses contributions au monde de demain.

Enfance et scolarité de Hal Finney

Harold Thomas Finney II est né le 4 mai 1956, en Californie. Sa mère était femme au foyer. Quant à son père, il travaillait pour Union Oil of California. Son poste, obligeait toute la famille, à déménager régulièrement. Cela n’a pourtant pas affecté le petit Hal et sa scolarité. Plus brillant que le reste de sa fratrie, il était passionné par les études et par les jeux de construction.

Dans les années 70, le destin les mena à Temple City, une banlieue de Los Angeles. Il fut, alors, inscrit au lycée d’Arcadia. Ce dernier était l’un des rares qui comptait des ordinateurs au sein de l’établissement. La surdouance du jeune homme, fut, rapidement, repérée par ses enseignants. Il aida, alors, ces derniers à chiffrer des petits programmes.

Terminant ses études secondaires en major de promo, en 1974, il n’eut aucun mal à rejoindre la prestigieuse université de Caltech où il étudia les sciences de l’ingénierie et l’informatique. Il y rencontra d’ailleurs, Fran, la femme de sa vie. Cinq années plus tard, les tourtereaux se disaient oui devant le maire de San Diego.

Les débuts de carrière de Hal Finney

De 1978 à 1986, Finney était employé chez APH Technologies Consultants. Il a, d’ailleurs, été recruté un an avant l’obtention de son diplôme de fin d’étude et son mariage. Il a d’abord, été missionné d’améliorer le logiciel de la caisse enregistreuse et les effets sonores de certains jeux vidéo. Dans le cadre de la collaboration entre APH et Mattel, Il a développé des jeux Intellivision et sur Atari. Il a aussi chiffré un spectromètre pour Bausch & Lomb. Il a, également, mis en place un software pour une caméra révolutionnaire suite à une commande d’une entreprise d’effets spéciaux.

Après ces 8 années d’expérience, Hal va développer des systèmes d’exploitation pour Ametek avant de rejoindre Greenhill Software à Santa Barbara, en 1991.

Cypherpunk et PGP : la lutte de Hal Finney contre Big Brother

Finney, ce passionné des progrès technologiques, était tout excité, en 1991, avec l’émergence d’Internet. Cependant, en développeur éclairé, il s’est tout de suite inquiété des risques de dérapage en matière de surveillance et de sécurité des données. Féru de cryptographie, il a, d’abord, créé le tout premier remailer : un système d’échange de mails anonymes. Dans cet esprit de lutte contre les sociétés de renseignement, il a fait partie des listes de mailing futuristes. La plus célèbre a donné naissance au mouvement Cypherpunk. Il y a rencontré les figures qui ont marqué par la suite le monde des cryptos. La majorité de ces personnes étaient des transhumanistes persuadés du pouvoir de la technologie sur l’amélioration de la condition humaine. Parmi ces derniers, on retrouve Wei Dai de et Julian Assange, les fondateurs respectifs de B-Money et de Wikileaks.

Prônant, de plus en plus, la liberté d’expression et le droit à la confidentialité, Finney fut l’un des principaux contributeurs au fameux logiciel de chiffrement des données PGP (Pretty Good Privacy). Ce dernier a été développé par Phil Zimmermann. L’objectif de ce software consiste à permettre des discussions intraçables grâce à un haut niveau de cryptage. Hal décide d’aider, bénévolement, l’initiateur à améliorer les prouesses de la plateforme. Il déclarait vouloir rendre Big Brother complètement « obsolète ». Ce militantisme lui causera des ennuis avec la justice. Cependant, en 1996, PGP Corporation obtient gain de cause et devient légal. Notre développeur est, alors, le premier employé à être recruté.

Le projet RPOW : l’ancêtre du Bitcoin

En 2004, Finney a lancé son projet Reusable Proof Of Work (preuves de travail réutilisables). Il s’agit d’un prototype de système de devise digitale, basé sur les travaux de Nick Szabo.

Le RPOW permet de créer un jeton, une fois que l’utilisateur fournit une preuve de travail. Cette dernière notion, capitale dans le monde de la cryptomonnaie, renvoie à la preuve qu’une nouvelle monnaie est générée suite à un grand effort de calcul et par conséquent, d’une forte consommation d’énergie électrique. Seul cet impératif, permet de la reconnaître comme un cryptoactif et d’acquérir de la valeur. Le serveur peut, alors , l’enregistrer.

Finney imagine, alors, deux types de tokens : les jetons de preuves de travail et ceux réutilisables. Les premiers utilisent le système de Hashcash. Quant aux seconds, ils sont signés et chiffrés par le serveur.

Quand l’usager veut envoyer un cryptoactif à quelqu’un d’autre, il signe un ordre de virement vers la clé publique du destinataire. Le serveur tient un registre des comptes. L’objectif étant d’effectuer des transactions anonymes, mais, également, une solution au double-spend.

Finney a imaginé diverses fonctionnalités pour le RPOW. Il devait, d’abord, servir à avoir des tokens de différentes valeurs. Ces derniers pourraient, d’ailleurs, s’utiliser aussi bien dans la vie réelle que dans les jeux vidéo. En plus, il le voyait comme outil pour spammer les courriers et sécuriser les transferts de fichiers. Il aurait, ainsi, en quelque sorte, la fonction d’un anti-virus.

Malheureusement, ce projet de Finney n’a jamais décollé à cause d’erreurs internes (perte de valeur perpétuelle du cryptoactif, manque de robustesse du système de sécurité).

Hal Finney, Satoshi Nakamoto et le Bitcoin

Lorsque le mystérieux Satoshi Nakamoto a décrit le projet du Bitcoin sur une obscure liste de diffusion, il a reçu énormément de critiques de la part des cryptographes. Pourtant, Hal Finney a, tout de suite, vu le potentiel de l’idée. De ce fait, c’est lui qui a été choisi pour être le destinataire du premier échange le 12 janvier 2009.

Il a rapporté, d’ailleurs, avec beaucoup d’excitation, sa réception des 10 BTC. Il estime qu’il a été très chanceux d’être la première personne à se servir du logiciel après son inventeur. Il a également été le premier à miner du Bictoin. Lors d’une interview, il a raconté, que par la suite, il a échangé par mail avec l’homme mystère durant plusieurs jours. Ces échanges avaient pour but de corriger les bugs et d’améliorer le software. Il a longtemps continué le minage, avant que son PC ne commence à surchauffer, dangereusement.

De ce fait, on peut considérer, qu’il est l’un des principaux contributeurs. Il était, d’ailleurs, extrêmement enthousiaste à l’idée que cette cryptomonnaie puisse prendre de la valeur et monter en flèche. Il n’hésitait pas à déclarer publiquement que le système bancaire devrait adopter le BTC et que ce dernier était une valeur sûre en laquelle on devrait investir. Lorsque ses prévisions se sont réalisées et que le cryptoactif a pris son envol, il a développé un système de portefeuille hors ligne pour stocker les bitcoins. Il avait espoir que ses enfants puissent en profiter un jour.

Il était tellement dévoué au projet, que certains étaient persuadés qu’il était Satoshi Nakamoto. Ces doutes ont été amplifiés, par la découverte d’un certain Dorian Satoshi Nakamoto qui habitait à un pâté de maison des Finney à Temple city. Notre cryptographe, se serait-il inspiré du nom de son voisin pour créer ce pseudonyme ?

De plus, la comparaison des écrits des deux hommes montrait de grandes similarités dans le style, la ponctuation et les tournures de phrases. Cela a longtemps animé la scène cryptographique. Pourtant, Hal a toujours nié ces allégations.

Le combat acharné de Finney contre la maladie de Charcot

Quelques mois à peine après la fameuse transaction de BTC, en octobre 2009, on lui diagnostique la maladie de Charcot, connue aussi sous le nom de sclérose en plaques.

Cette atteinte neuromusculaire, a touché petit à petit tous ses muscles. Malgré tous les handicaps générés, il a continué à travailler et à participer aux discussions sur le bitcoin. Il n’a d’ailleurs jamais démissionné de chez PGP. Il y est resté employé jusqu’à sa retraite en 2011. Refusant d’abandonner, il utilisait un logiciel qui traduisait ses mouvements oculaires en messages pour pouvoir interagir avec ses proches et ses collègues. Grâce au même principe, il a développé un software qui lui permettait d’ajuster son fauteuil roulant.

Grâce au bitcoin, sa famille a réussi à payer ses frais médicaux. Décédé le 28 août 2014, il fut cryogénisé à Alcor Life Extension Foundation, en Arizona. En effet, Hal Finney, a exprimé son choix de la cryogénisation, après sa mort. Pourtant cette congélation du corps dans la perspective de le ranimer plus tard, laisse perplexes les scientifiques. À ce jour, étant donné l’état d’avancement des connaissances en la matière, personne n’a jamais été ressuscité.

Questionné sur le choix de son mari, Fran Finney a rappelé que ce dernier n’a jamais fait partie des sceptiques face aux inventions extraordinaires. Selon elle, ce développeur passionné était très optimiste quant au futur de la science.