La Grèce achète trois frégates à la France deux semaines après la crise des sous-marins



C’est en pleine crise des sous-marins australiens, que la Grèce sauve l’honneur de la France. L’achat de trois frégates françaises, assure à la Grèce une flotte d’une excellente qualité, à un bon prix. Mais, pas uniquement… En effet, l’accord stratégique entre Athènes et Paris stipule, également, une assistance mutuelle, par tous les moyens, face aux agressions armées. La déclaration d’Hervé Grandjean, porte-parole du ministère des armées, confirme l’importance de ce pacte pour l’Europe.

Un accord assurant une autonomie stratégique européenne

Suite à un contrat scellé avec l’Australie, le constructeur français Naval Group pensait vendre 12 sous-marins à Canberra. À sa grande surprise, il apprend le 16 septembre, une annulation de la vente. L’Australie n’a pris la peine de prévenir, que quelques heures après l’annonce. La déception du constructeur fut partagée par l’État français. La ministre des armées, Florence Parly, n’a pas hésité à exprimer sa surprise et à protester publiquement. En effet, cette annulation n’a été précédée d’aucun échange, témoignant d’un quelconque souci. La ministre assure que Naval Group remplissait, parfaitement, le cahier de charge. Elle va jusqu’à parler de trahison de la part du gouvernement australien. D’ailleurs, Naval groupe ne compte pas en rester là. La rupture du contrat doit lui donner droit à un dédommagement important. Ses pertes sont estimées entre 8 et 15 milliards d'euros. Mais les rumeurs parlent d’une compensation dérisoire de 250 millions.

Le président français a préféré minimiser la crise, avant de se tourner vers la Grèce. La république hellénique cherche, justement, à refaire sa flotte dans le cadre d’un programme d’armement. Rappelons que les relations sont tendues entre la Grèce et la Turquie. En effet, les avions de chasse turcs survolent, souvent, l’espace aérien grec.

D’abord hésitante entre les offres américaines et françaises, Athènes s’est, finalement, prononcée, en déclarant, sa préférence pour les frégates françaises. Raflant le marché aux Américains, qui ont récupéré le contrat australien, Emmanuel Macron a réalisé un véritable coup de maître. Au-delà de la crise des sous-marins, le futur président de l’Union Européenne œuvre ainsi, pour une autonomie grandissante pour l’Europe. Il s'agit d'un enjeu de taille, face aux États Unis qui seraient de plus en plus centrés sur ses propres intérêts.

Caractéristiques de la commande grecque

L’accord entre Macron et le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, stipule la vente de trois frégates et de 6 rafales, pour le montant de 3 milliards d’euros. La somme comprend, aussi, des missiles et 3 années d’entretien. Deux des appareils seront livrés en 2025, le troisième en 2026. D’ici quelques mois, une quatrième frégate pourrait venir gonfler le carnet de commandes.

Ces frégates de défense et d’intervention (FDI) sont confectionnées sur le chantier de Lorient. La construction se fait en partenariat avec de nombreux géants de l’armement. Thalès fournit les phares et les sonars. MBDA contribue avec ses missiles. Quant à Euro Torp, il participe avec ses torpilles.

Ces FDI, dernière génération, portent le nom de Belharra. Elles sont moins lourdes que celles destinées pour l’armée française. Elles pèsent, quand même, 4500 tonnes pour 147 mètres de long.

Arborant un design moderne, leurs étraves inversées assurent stabilité et discrétion. Leurs radars sont fixes et munis de capteurs numériques. Ceci promet une détection parfaite des avions et des missiles des adversaires.

Destinées à la défense anti-aérienne, les frégates sont vendues avec des missiles Aster 30 B1 et des Exocet 40 block IIIc. Ces armes sont capables de contrer des avions, des missiles et des navires de surface. Les torpilles de type Mu 90 fournies avec les FDI permettent de neutraliser les sous-marins adverses. Cependant, ces frégates ne sont pas adaptées aux MDCN, qui permettent de frapper des cibles à terre sur des centaines de kilomètres.

Il se pourrait que la Grèce commande un hélicoptère. Ceci optimiserait la capacité de détection des appareils. On parle, également, d’un probable achat de corvette de type Gowind et de la rénovation de 4 anciennes frégates de type Meko.