Pénurie de pétrole et de médicaments au Royaume-Uni : L’armée obligée d’intervenir



Le Royaume-Uni a demandé, lundi dernier, à son armée de s'apprêter à intervenir en raison de la crise de carburant dans le pays. Le week-end passé, les Britanniques ont afflué vers les stations-service, épuisant les stocks de carburant rapidement. Depuis la semaine dernière, il y a de longues files d'attente devant les stations-service, confrontées à des problèmes d'approvisionnement en raison d'un manque de chauffeurs routiers (100 000 selon les professionnels). Cependant, la pénurie de chauffeurs dure depuis plusieurs mois à cause de l'impact de la pandémie du Covid-19 et du Brexit.

Un certain nombre de chauffeurs de pétroliers militaires doivent être prêts à intervenir et seront déployés si nécessaire pour livrer du carburant, a déclaré Evening Energy dans un communiqué. Les pénuries d'essence au Royaume-Uni se sont encore aggravées au milieu d'automobilistes en panique.

Les conséquences de la pénurie d'essence

Dans tout le pays, les panneaux ''hors service'' se multiplient près des pompes à essence. Environ 30 % des stations-service, gérées par BP, manquent de carburant. Selon PRA, l'une des associations de distributeurs, deux tiers de ses sites sont tombés en panne d'essence dimanche. Les autres étaient quasiment épuisées.

Les organismes de santé se préoccupent des soignants ayant des difficultés à se déplacer pour voir leurs patients. Quant aux établissements scolaires, ils envisagent de reprendre la formation à distance si le problème persiste. Le manque d'essence ou de diesel, était initialement dû à un manque de chauffeurs pour le transporter depuis le dépôt aux pompes. Ce problème de transport affecte également les supermarchés, les fast-foods, les pubs, etc. Cela a provoqué des retards de livraison et l'épuisement des stocks de certains produits.

L'intervention de l'armée : solution temporaire

Dès le lundi 4/10/2021, environ 200 militaires, dont 100 chauffeurs, devraient être déployés au Royaume-Uni, pour alimenter les stations-service touchées par la pénurie, a annoncé vendredi le gouvernement. Le premier ministre Boris Johnson a été accusé par le Parti travailliste de ne pas intervenir. En quête de solutions, ce dernier a revu samedi la politique d'immigration post-Brexit et a accordé 10 500 visas de travail d'une durée de trois mois pour combler le déficit de chauffeurs routiers.

Le Royaume-Uni a ouvert également les portes au personnel dans des secteurs clés de l'économie. Le gouvernement a indiqué qu'il autoriserait immédiatement plus de 300 conducteurs de camions-citernes étrangers à travailler au Royaume-Uni jusqu'en mars 2022. De plus, l'industrie des carburants a été temporairement exemptée des règles de concurrence. Le but est de permettre aux zones les plus touchées d'être livrées en masse.

Par ailleurs, le gouvernement n'a eu de cesse de répéter que le Royaume-Uni n'était pas à court de carburant. En effet, la pénurie serait plutôt due à la précipitation des Britanniques, par crainte de manque, vers les distributeurs pour acheter et stocker l’essence. Ce comportement est comparable à celui qui s'est produit au début de la pandémie quant aux achats paniques de papier toilette ou d'autres produits alimentaires. Cependant, les responsables politiques admettent que le Brexit est un facteur supplémentaire qui a participé à créer cette situation.

Un retour à la normale en vue

Le ministre de l'Entreprise, Kwasi Kwarteng, a déclaré : « En raison des efforts considérables déployés par l'industrie au cours de la semaine dernière, nous constatons des bons signes d'amélioration des conditions de pompage« . « il faut souligner qu'il n'y a pas réellement de pénurie nationale de carburant au Royaume-Uni. Les gens devraient continuer à acheter du carburant normalement. Plus tôt nous reprenons nos bonnes habitudes d'achat, plus tôt nous pourrons revenir à la normale« , a-t-il ajouté.

La Gasoline Retailers Association, qui représente 65 % des stations-service au Royaume-Uni, a également constaté des signes d'amélioration, mais estime qu'elles sont « trop ​​lentes » et que 26 % des stations-service sont toujours en panne de carburant. Mais l'association a déclaré qu'elle s'attend à ce que la demande de stocks soit réduite et normalisée dans les prochains jours.