Fumio Kishida succède à Yoshihide Suga en tant que premier ministre du Japon



Un événement très important se déroule au Japon : Fumio Kishida est le nouveau premier ministre succédant ainsi à l’impopulaire Yoshihide Suga. Peu apprécié, celui-ci ne s’est pas présenté aux élections du parti. C'est donc le candidat modéré, âgé de 64 ans, qui devient le 100e premier ministre du Japon.

Parcours du premier ministre

Appartenant à une famille politisée, Fumio Kishida est le digne successeur de son père et son grand-père. Titulaire d’un diplôme de droit, le premier ministre est membre du parti PLD : Parti Libéral-Démocrate, la principale force de la droite conservatrice. Il a vite réussi à monter les échelons. En effet, il remporte le 18 juillet 1993 le vote unique transférable lors des élections législatives. Quatre sièges étaient à pourvoir lors de cet évènement qui s'est déroulé dans l'ancien 1er district de la préfecture d'Hiroshima. C'est un succès qu'on pourrait qualifier de mémorable, puisqu'il a eu lieu dans un contexte électoral très dur.

Travailleur acharné, il obtient le poste de ministre d'État dans le premier gouvernement de Shinzō Abe. Il a réussi à garder ce poste sous Yasuo Fukuda devenant ainsi le plus jeune membre de l’équipe exécutive. Quand le PLD a remporté les élections législatives anticipées en 2012, Fumio Kishida est devenu ministre des affaires étrangères. Les médias japonais ont lié cette nomination à la connaissance qu'avait Kishida des dossiers liés à la Okinawa. En effet, Fumio Kishida a eu une expérience gouvernementale dans cette préfecture. Le premier ministre aspirait à régler la tension entre les États-Unis et le Japon et qui concerne le déménagement de la base américaine de Futenma sur un site moins urbanisé au nord de l'île.

Fumio Kishida annonce sa candidature en 2021 pour la succession à Yoshihide Suga au poste de Premier ministre. Soutenu par les membres dirigeants du parti, Fumio Kishida l'emporte au second tour sur Tarō Kōno.

Ligne de conduite

Sur les questions sociétales, Kishida est un conservateur. Il n'est pas partisan des luttes féministes et des droits des personnes homosexuelles. De même, il s’oppose au mariage pour tous et au droit des femmes mariées à conserver leur nom de jeune fille. Celui auquel on reproche son manque de charisme, a choisi le “néocapitalisme” comme ligne de conduite. Pour lui, le premier ministre ayant été en poste le plus longtemps dans l’histoire du pays, a commis plusieurs erreurs. Shinzo Abe aurait fait en sorte que l'économie n’ait profité qu’aux grandes entreprises.

Tandis que les élections de la chambre basse approchent à grands pas, le PLD voit les intentions de vote baisser. Kishida se doit donc d'inverser la tendance.

Défis à relever

Le premier défi à relever pour cet homme politique sera de relancer une économie en baisse à cause de la pandémie du Coronavirus. Il compte faire des questions de la promotion des sciences et de l'éthique scientifique son cheval de bataille. Selon lui, il s’agirait du moyen idéal pour améliorer la qualité de vie du peuple japonais. Il se considère en même temps comme un défenseur des droits des consommateurs. De même, il compte augmenter les dépenses militaires et se rapprocher des États-Unis. Cette position vient du fait qu’il voit la Chine comme une menace et qu'il cherche à contrer les dangers menaçant la sécurité de la région. Autre défi non négligeable, le premier ministre doit faire face à la menace nucléaire de la Corée du Nord.

Finalement, selon Yu Uchiyama, un professeur de sciences politiques à l’Université de Tokyo, aucun changement important dans les principales politiques du pays en matière de diplomatie ou de sécurité n’est prévu. D’ailleurs, la plupart des poids lourds du parti ont choisi M. Kishida, parce qu’il incarnait la stabilité. Ce choix s’est fait aux dépens de M. Kono qui symbolise plutôt le changement et le renouveau.