Les musulmans traqués en Inde

Le 23 septembre 2021, les réseaux sociaux ont été inondés d’images et de vidéos, d’une brutalité extrême. Des photos de musulmans tués n’ont pas manqué de choquer le monde entier. Cette vague de barbarie a lieu dans l’Assam, un état du nord-est de l’Inde. Rappelons que ce pays, compte 80 % d’hindous, 14 % de musulmans et 2,3 % de chrétiens. Le reste de la population se répartit entre bouddhistes, sikhs et jaïns. Depuis 1976, la république indienne se dit sociale et laïque. Pourtant, les conflits interreligieux sont monnaie courante en Inde.

Escalade des violences envers les musulmans

Les agressions à l’encontre des musulmans ne cessent de s’accélérer en Inde. Actuellement, elles se produisent dans le cadre des opérations, initiées par l’état, pour lutter contre l’occupation illégale de terrains. Le gouvernement régional a pour objectif de récupérer ces terres afin de les redistribuer aux hindous. Ces derniers pourraient, alors, y développer des projets agricoles.

Ces opérations ont commencé depuis de longs mois et touchent, principalement, les musulmans du Bangladesh. Ces derniers sont, pourtant, installés depuis des générations sur ces terrains. Les Dalits, sont l’autre cible de ces opérations. Ces individus, sont considérés, par l’État indien, comme des paris. En tout, 1 000 familles et 5 000 personnes sont concernées. Une fois leurs maisons rasées, tout ce beau monde se retrouve sans abris et sans autres alternatives.

Il y a quelques jours, Sipajhar a été le théâtre d’actes d’une brutalité sans nom. Un musulman de 33 ans, tentant de défendre sa maison, reçoit les balles de la police en plein cœur. Quelques secondes plus tard, un homme s’acharne, sauvagement, à rouer de coups le corps gisant sur le sol. Le même jour, le décès d’un enfant de 12 ans a été rapporté, dans le district de Darrang. Suite à ces heurts, le 25 septembre 2021, New Delhi a recueilli des centaines de manifestants en protestation à cette campagne d’expulsions.

Les actes barbares, perpétrés le mois dernier, ne sont pas une première en Inde. Mais l’élection de Modi, en tant que premier ministre, n’a fait qu’empirer les choses. Le président du BJP, voue un culte de la religion hindou et une haine pour les musulmans.

Origines du conflit hindou musulman

L’histoire, du conflit interreligieux en Inde, remonte aux années 1980-1990. À l’époque, les désaccords entre les hindous et les musulmans tournaient autour de la mosquée de Babri. La discorde a duré plus de 25 années. Chacun revendiquant la propriété du lieu de dévotion. Modi, ne digère pas, encore, ces conflits autour de la mosquée.

Pour son second mandat au pouvoir, il émet, en 2019, une nouvelle loi sur la citoyenneté. Cet amendement est en totale contradiction avec les articles 14 et 15 de la constitution. Ces derniers énoncent l’interdiction de la discrimination basée sur la religion. Modi décide, alors, de n’accorder la citoyenneté qu’aux non musulmans. Cette politique anti-musulmane, place 2 millions de personnes en danger. Ainsi, elles risquent de perdre leurs nationalités et d’être détenues arbitrairement dans les camps de détention spécialement dédiés ! Ces mêmes personnes, se retrouvent aujourd’hui victimes de la campagne d’expulsion et de la vague de maltraitance.

La loi de Modi a été dénoncée par les Nations unies et tous les autres pays car elle viole les obligations juridiques internationales de l’Inde. À cause de cet amendement, des affrontements interreligieux ont fait 50 morts et 200 blessés en février 2020. Selon les vidéos et les témoignages, la police serait complice de ces actes de barbarie. Dans son rapport du 9 avril 2020, Human Rights Watch dénonçait la nouvelle politique discriminatoire. Selon ce rapport, elle générait des agressions et une inaction inacceptable de la part de la police. Une atmosphère d’angoisse et de peur régnait chez les musulmans et les minorités du pays.

Quels recours seraient envisageables face à cette escalade de violences et de lois lésant les musulmans ?