Qui est Nick Szabo, le créateur du Bit gold ?



On ne peut vraiment comprendre et apprécier un phénomène, sans connaître son histoire et ses origines. Parler de cryptomonnaie sans évoquer ceux qui ont participé à son émergence, n’aurait aucun sens. Si on n’arrive toujours pas à savoir qui se cache derrière le pseudonyme de Satoshi Nakamoto, le fondateur du bitcoin, on peut parler des pionniers du secteur. Parmi ces derniers, on retrouve Nick Szabo. Créateur du Bitgold, il est, aussi, à la base de différents concepts clé de la gestion des monnaies cryptographiques. Que sait-on de la vie et de la carrière de cette figure emblématique ?

Une vie privée difficile à décrypter

S’il y a bien une partie impossible à déchiffrer dans l’histoire de Nick Szabo, ce serait sûrement, sa vie privée. Les seules données sur lesquelles il a accepté de se livrer lors d’une interview pour le New York Times concernent le militantisme de son père hongrois contre le communisme et l’immigration de sa famille aux USA en 1956. Il serait né à Washington en 1964. Entre cette date et son obtention d’un diplôme en sciences de l’informatique en 1989, il y a un énorme trou noir. Le développeur a, également, un diplôme en droit.

Nous savons qu’il a travaillé, par la suite, pour Questa Technology et Vaurum. Il a, aussi, été consultant chez DigiCash.

Le fait qu’il ait fait partie du mouvement Cypherpunk et ses listes de mailing renseignent sur la rébellion de cet homme contre le système et son engagement pour la protection des données personnelles.

Son célèbre blog Unenumerated nous permet de mieux comprendre ce penseur éclectique qui maîtrise l’histoire, la géologie, le droit, la finance, l’informatique et l’anthropologie, pour ne citer que ces domaines. Ses articles ne laissent pas les scientifiques de marbre. Il peut combiner, par exemple, ses différents savoirs pour décrypter l’histoire et le système des monnaies depuis le Paléolithique. Il développera, ensuite, une théorie libérale sur l’origine des devises qui s’inspire fortement de l’école économique Autrichienne. Ce n’est pas pour rien que l’éminent professeur de philosophie, Sean McGrath, trouvait les écrits de Szabo fascinants et stimulants.

Les Smart contracts de Nick Szabo : un concept à la base de la cryptomonnaie

En 1994, Nick Szabo a commencé à théoriser cette notion. Cette dernière renvoie à l’application des termes d’un contrat sur une transaction cryptée via la Blockchain. Les codes de cette dernière seraient les clauses du contrat intelligent. L’objectif étant de minimiser les risques pour les usagers et d’éviter le recours à un intermédiaire de confiance (ou supposé l’être). Ceci a, également, des avantages économiques. En effet, de nombreux frais, dont certains sont normalement débités par les banques, sont éliminés grâce à ce système.

Dans un article de 1996, il précise encore plus le concept et rassure sur le fait que ces contrats seraient beaucoup plus transparents, compréhensibles et infalsifiables que les classiques.

Aujourd’hui utilisés par la majorité des transactions de devises digitales et dans d’autres domaines, ils sont reconnus comme une avancée majeure en matière de droits numériques. Nick est d’ailleurs titulaire d’une chaire honorifique à l’UFM (Université Francisco Marroquín) pour ces travaux.

Le Bitcoin, serait-il l’héritier du Bitgold de Nick Szabo ?

Onze années avant l’apparition du Bitcoin, en 1998, Nick Szabo voulait créer une monnaie complètement décentralisée. Sa motivation était soutenue par une conviction. Il était persuadé qu’on faisait trop confiance à un système qui a déjà montré sa vulnérabilité.

Il voulait, alors, créer un modèle qui s’inspire de la preuve de travail (POW ou proof of work). Il imaginait un réseau de postes qu’il a appelé le BFT (Byzantine Fault Tolerant). Ses utilisateurs se serviraient de la puissance de calcul pour résoudre des énigmes cryptographiques. Le premier à résoudre le puzzle, validera l’ensemble des transactions et recevrait en contrepartie quelques Bitgold. Un travail sur un nouveau codage pouvait alors commencer. Cela rappelle étrangement la Blockchain.

Ce principe de POW est utilisé pour le Bitcoin et Ethereum. Très critiqué pour son aspect antiécologique, la majorité des devises sont en train d’abandonner ce modèle. Elles optent désormais, pour la preuve d’effort (POS ou proof of stake), car elle est beaucoup plus économique.

L’une des principales failles du projet Bitgold de Szabo, ce sont les doubles dépenses. Cette notion renvoie au risque qu’un individu utilise deux fois la même monnaie en la dupliquant. Pour contrer cela, il faut mettre en place une autorité. Or, on passe à la cryptomonnaie dans l’objectif d’éviter la centralisation !

L’autre faiblesse du programme, est sa vulnérabilité aux attaques Sybil. Ces dernières consistent en la création de faux profils dans un réseau informatique pair à pair dans le but d’escroquer ses usagers.

Szabo, était pleinement conscient de ses talons d’Achille. L’homme sage qu’il est, a évité, alors, de rendre ce projet public.

Nick Szabo serait-il Satoshi Nakamoto ?

Plusieurs détectives en herbe ne ménagent pas leurs efforts pour découvrir qui se cache réellement derrière le pseudonyme du fondateur du Bitcoin.

Ces derniers ont relevé plusieurs indices qui pointeraient du doigt Nick Szabo. Parmi ces derniers, on peut citer :

  • Les apparences ressemblantes et les noms très similaires du Bitgold et du Bitcoin
  • Les mêmes initiales pour les deux hommes. En effet, on retrouve un NS pour Nick et pour Satoshi Nakamoto (au Japon, on place le nom avant le prénom.). Ce dernier expliquait, d’ailleurs, cela dans un échange de courriers avec Hal Finney où il parlait de son adresse bitcoin qui commence par un NS.
  • Les noms des deux figures iconiques de la crypto présentent certaines similarités. Ne retrouve-t-on pas un Nako à la place du Nick et un Sato à la place du Szabo ?
  • Un même jour de naissance : un 5 avril.
  • La suppression d’anciennes publications de 2005 par Nick pour les reposter avec la date de 2008. L’aurait-il fait pour camoufler qu’il décrivait déjà parfaitement le projet Bitcoin, 3 ans avant sa diffusion au public ?
  • Depuis l’apparition du Bitcoin, il est devenu, subitement, beaucoup moins productif sur son blog.
  • Le lapsus qui a fait le tour de la sphère cryptographique et des réseaux sociaux. En effet, lors d’une interview en 2017, il aurait proclamé être le fondateur du Bitcoin… euh pardon du Bitgold !

Si vous pensez qu’avec tous ces indices, il n’y a plus de doutes à avoir, détrompez-vous ! De nombreux cryptographes célèbres appartenant, généralement, au mouvement Cypherpunk sont sur le banc des suspects. On se demande, alors, si le Bitcoin ne serait pas une invention collective de ces différents experts du chiffrement. Ils auraient, alors, minutieusement élaboré ce pseudonyme, comme ils le feraient avec un code cryptographique, pour se jouer des utilisateurs du BTC.