La Maison du Bitcoin



Le Bitcoin (BTC) est l’une des cryptomonnaies les plus importantes. Avec son cours actuel exceptionnellement élevé – 51 272,89 € le 26 novembre 2021 à 8 h 19 – et sa capitalisation boursière qui dépasse les 1 000 milliards de dollars, la monnaie virtuelle reste indétrônable.

Pourtant, malgré sa célébrité, elle demeure ambiguë pour une bonne partie du public. En effet, comment une devise virtuelle peut-elle valoir aussi chère et susciter autant d’excitation ? C’est pour répondre à cette question que la Maison du Bitcoin, une coinhouse française, a vu le jour à Paris. Ses deux principaux objectifs étaient clairs : vendre du Bitcoin et, aussi, le rendre “plus réel”. Une autre tâche s’est invitée sur cette liste : légiférer les monnaies numériques.

Histoire de la Maison du Bitcoin

Bâtie en France en 2014 (Paris), la Maison du Bitcoin représente le tout premier comptoir physique en Europe dédié au célèbre actif numérique. C’était donc une grande première, aussi bien sur le Vieux Continent que dans le monde.

Maison du Bitcoin : rendre la crypto moins complexe

Dans un entretien accordé au journal spécialisé Capital, le cofondateur du projet, Éric Larchevêque, a justement rappelé que l’objectif était “d’éduquer le grand public sur le Bitcoin. Il souligne, dans ce même ordre d’idées, que c’est une technologie très complexe. Le choix d’une telle appellation – Maison du Bitcoin – visait à rendre le concept plus familier pour les citoyens, les investisseurs et les curieux qui s’y intéressent.

Éric Larchevêque poursuit en affirmant qu’il était question de rassurer ces utilisateurs en leur montrant qu’il était possible de parler du sujet avec des mots simples.

Un changement de business plan

En fait, la Maison du Bitcoin peut être considérée comme le berceau de l’écosystème de la crypto en France. Lorsqu’ils ont commencé, les fondateurs du projet ont construit des ordinateurs destinés au minage de la monnaie virtuelle.

C'étaient des engins très puissants qui, par leur activité, augmentaient considérablement la chaleur ambiante. “On se baladait en T-shirt en plein hiver”, a commenté Manuel Valente, l’associé d’Éric Larchevêque et en même temps directeur de l’entreprise. C’est par la suite qu’ils se sont tournés vers le trading. C’était une activité plus lucrative que le mining.

Des séances de questions-réponses pour démocratiser le concept

Outre ses activités de trading, la Maison du Bitcoin a pris l’habitude d’organiser des séances de questions-réponses. Tout le monde peut y participer. L’animation était assurée par Manuel Valente.

Il faut dire que ces séances ont eu beaucoup de succès. D’ailleurs, selon Manuel Valente, on y voyait des personnes, femmes et hommes, issues des différentes catégories sociales et de tous les âges. C’est la preuve que le concept de familiarisation avec le Bitcoin a beaucoup intéressé. C’est surtout en 2017 que des records ont été enregistrés : la quasi-totalité des séances affichait complet. Elles étaient également diffusées en direct sur YouTube et Facebook.

Des tournées en France et en Belgique

Plus tard, conscients du succès du concept et de la nécessité de toucher un public plus large, les fondateurs de la Maison du Bitcoin ont organisé des tournées à travers toute la France. C’était surtout en 2018. Ils se sont rendus dans plusieurs régions : Lille, Bordeaux, Toulouse. Ils sont même allés en Belgique. Des séances ont, en effet, été organisées à Bruxelles.

Crypto : le fonctionnement de la Maison du Bitcoin

Il s’agissait donc d'une véritable opération de séduction. La Maison du Bitcoin, aujourd’hui, est une entité stable qui emploie près de 20 personnes à temps plein. Selon les derniers chiffres mis à jour, le comptoir de la cryptomonnaie a réalisé 87 000 transactions, pour un volume d'échange général de 46 millions d’EUR.

C’est grâce aux commissions touchées sur les échanges BTC/monnaie conventionnelle que les travailleurs de la Maison réalisaient du profit. Le taux des prélèvements effectués par l’entreprise était fixé à 4,9 % pour les achats et à 3,9 % pour la vente de cryptomonnaies.

« Tenir une structure physique dédiée au Bitcoin coûte cher »

Ces taux restent, néanmoins, plus chers que ceux de la concurrence. D’ailleurs, Éric Larchevêque, son partenaire Manuel Valente et le chargé de communication de l’entreprise, Brian O’Hagan, en sont conscients. Ils expliquent cette politique tarifaire par l’existence physique de la Maison du Bitcoin. Tenir une telle structure en plein Paris, selon les fondateurs, coûte très cher. Il fallait donc rentabiliser l’activité.

D’autre part, outre le trading de BTC, le travail de l'équipe de la Maison du Bitcoin consiste à vérifier les justificatifs d’origine de l’argent des clients. C’est une tâche méticuleuse qui demande beaucoup de temps.

Le prochain combat de la Maison du Bitcoin en France

Le concept de la Maison du Bitcoin est donc très intéressant, mais inévitablement, il a été confronté aux obstacles imposés par la cryptomonnaie elle-même. Très volatil, le marché des monnaies numériques, pour rappel, n’est pas encadré, que ce soit en France ou ailleurs. C’est la raison pour laquelle la coinhouse française n’a pas encore fait d’augmentation de capital.

Les banques françaises, selon les dirigeants, ont refusé de laisser l’entreprise ouvrir un compte. Cette interdiction l’a obligé à solliciter les banques allemandes. Le nouveau combat de la Maison du Bitcoin est ainsi mené sur ce plan : pousser les pouvoirs publics à mettre en place un cadre légal favorable au Bitcoin et à la cryptomonnaie en général.

La tâche s’annonce difficile à bien des égards. Tout d’abord, toute intervention extérieure est mal vue par les utilisateurs de cryptos. Enfin, il faut rappeler que le domaine est pointé du doigt à cause de son lourd impact écologique lié au mining.