Se connecter avec
S'enregistrer | Connectez-vous

Commentaire sur le face a face entre lali et son père dans l'assommoir

Dernière réponse : dans Etudes - Travail

bonjour voila j'ai un commentaire a faire sur le face a face entre lali et son père dans l'assommoir et le prof nous a donnée 2 piste a developpé
-un face a face désesquilibrée
-une scéne délibérement dramatisé
voila l'extrait:
Et elle se tut, tremblante, écoutant un pas lourd qui montait l’escalier. Brutalement, le père Bijard poussa la porte. Il avait son coup de bouteille comme à l’ordinaire, les yeux flambant de la folie furieuse du vitriol. Quand il aperçut Lalie couchée, il tapa sur ses cuisses avec un ricanement, il décrocha le grand fouet, en grognant :

— Ah ! nom de Dieu, c’est trop fort ! nous allons rire ! … Les vaches se mettent à la paille en plein midi, maintenant ! … Est-ce que tu te moques des paroissiens, sacrée feignante ? … Allons, houp ! décanillons !

Il faisait déjà claquer le fouet au-dessus du lit. Mais l’enfant, suppliante, répétait :

— Non, papa, je t’en prie, ne frappe pas… Je te jure que tu aurais du chagrin… Ne frappe pas.

— Veux-tu sauter, gueula-t-il plus fort, ou je te chatouille les côtes ! … Veux-tu sauter, bougre de rosse !

Alors, elle dit doucement :

— Je ne puis pas, comprends-tu ? … Je vais mourir.

Gervaise s’était jetée sur Bijard et lui arrachait le fouet. Lui, hébété, restait devant le lit de sangle. Qu’est-ce qu’elle chantait là, cette morveuse ? Est-ce qu’on meurt si jeune, quand on n’a pas été malade ! Quelque frime pour se faire donner du sucre ! Ah ! il allait se renseigner, et si elle mentait !

— Tu verras, c’est la vérité, continuait-elle. Tant que j’ai pu, je vous ai évité de la peine… Sois gentil, à cette heure, et dis-moi adieu, papa.

Bijard tortillait son nez, de peur d’être mis dedans. C’était pourtant vrai qu’elle avait une drôle de figure, une figure allongée et sérieuse de grande personne. Le souffle de la mort, qui passait dans la chambre, le dessoûlait. Il promena un regard autour de lui, de l’air d’un homme tiré d’un long sommeil, vit le ménage en ordre, les deux enfants débarbouillés, en train de jouer et de rire. Et il tomba sur une chaise, balbutiant :

— Notre petite mère, notre petite mère…

Il ne trouvait que ça, et c’était déjà bien tendre pour Lalie, qui n’avait jamais été tant gâtée. Elle consola son père. Elle était surtout ennuyée de s’en aller ainsi, avant d’avoir élevé tout à fait ses enfants. Il en prendrait soin, n’est-ce pas ? Elle lui donna de sa voix mourante des détails sur la façon de les arranger, de les tenir propres. Lui, abruti, repris par les fumées de l’ivresse, roulait la tête en la regardant passer de ses yeux ronds. Ça remuait en lui toutes sortes de choses ; mais il ne trouvait plus rien, et avait la couenne trop brûlée pour pleurer.
Lassé par la pub ? Créez un compte
Lassé par la pub ? Créez un compte
  • Contenus similaires :
Tags :
Tom's guide dans le monde