Bonjour.
Certains auteurs donnent une vision héroïque de la guerre, préférant mettre en avant les actes de bravoures des soldats, par exemple. Ce n'est pas le cas de Stendhal qui ici, au chapitre 3 "La Chartreuse de Parme", dresse un portrait sanglant et particulièrement injuste de la guerre.
Tu peux étudier le champ lexical de l'horreur qui, comme tu l'auras remarqué, est présent d'un bout à l'autre de cet extrait.
L'exemple le plus marquant est la dernière scène décrite. Deux hussards se font attaquer, on imagine qu'ils tombent au sol, mais c'est vers le cheval de l'un d'eux que le regard se tourne. "Ce qui lui sembla horrible, ce fut un cheval tout sanglant qui se débattait sur la terre labourée". Pourquoi un tel détachement ? Pourquoi le personnage se préoccupe-t-il plus des chevaux que des humains ? Stendhal décrit d'une façon particulièrement terrible le sort du cheval.
Tu peux aussi remarquer que le personnage principal ne semble pas personnellement engagé dans le conflit. Au début du texte il est sur le champ de bataille (bataille manifestement gagnée par son camp). Au lieu d'éprouver de la joie, il s'inquiète pour les pauvres soldats (ennemis !) au sol.
La dernière phrase est aussi particulièrement intéressante. Elle montre encore une fois le total détachement de Fabrice pour le conflit. "J'ai vu le feu ! se répétait-il avec satisfaction. Me voici un vrai militaire." Quel peut donc être le message porté par ce personnage qui se satisfait d'avoir vu l'horreur de la guerre sans, manifestement, y avoir participé ?
Voilà quelques pistes. N'hésite pas en cas de soucis.
Cordialement.