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Commentaire de texte sur le musée grevin de louis aragon

Dernière réponse : dans Etudes - Travail
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alicia_14 a dit :
je dois commenter ce poème d'argon dont je n'est pas trouvé de réponses aptes a cela aider moi sep




Alicia, aies confiance dans ta sensibilité et tes ressources spirituelles !

Comment faisaient les élèves d'antan, qui n'avaient pas internet ?

Tu les vaut bien !

Pour t'aider, même si c'est trop tard, car il n'est jamais trop tard :

1) Poème de résistant écrit pour les résistants pendant la seconde guerre mondiale, en 1943, en pleine Occupation allemande.

2) Fait référence à la France éternelle, que rien ne saurait détruire, surtout pas "les oiseaux de passage qui ont appris à leur dépens ce qu'il en coûte ..." (je cite de mémoire...). Les oiseaux de passage sont les envahisseurs, nombreux, que la France a dû subir tout au long de son histoire. Les Allemands en 1940. Mais aussi les Anglais en 1430 !

3) C'est que Louis Aragon salue à 5 siècles d'encablure son illustre prédécesseur, cousin du roi de France, le poète Charles d'Orléans et son fameux poème "En regardant vers le pays de France".

Louis, prénom des rois de France depuis Clovis (avec Charles). Cela a peut-être aussi joué, dans la formation intellectuelle et émotionnelle des deux adolescents, et sur les sentiments patriotiques des deux grands résistants qu'ils sont devenus, Louis Aragon et Charles de Gaulle.

Comment salue-t-il Charles d'Orléans ? De Londres où il était prisonnier des Anglais, Charles d'Orléans exprimait son mal du pays et son désir de retrouver sa terre natale, la France, libre et en paix. Comme Aragon dans les premières strophes ("Je vous salue ma France ... ").

4) Nombreuses techniques poétiques remarquablement mises en scène, dont quelques fameux "chiasmes".

5) Traite de tous les aspects de la France : climatiques et agricoles, tels "les blés qui mûrissent au soleil de la diversité" (là encore, je cite de mémoire) ; mais aussi historiques et militaires : "Vendôme, Beaugency, Orléans", qui sont les batailles livrées et gagnées par Jeanne d'Arc contre les Anglais en 1429. Encore une référence à Charles d'Orléans au-delà des siècles ! Comme si les deux poètes se parlaient et combattaient ensemble, avec leurs seules armes, une plume, pour défendre l'indépendance de la France !

Et Ronceveaux, qui fait évidemment référence à la chanson de Roland, autre poème national et historique, à connotation militaire ! Et Brest (qui abrite la marine de guerre), le Mont Cenis, lieu des maquis, Lille, patrie du général de Gaulle, mais en même temps, lieux et villes frontières, marquant les limites territoriales de la France.

Et puis la vie sociale et politique, notamment dans les dernières strophes ("Paris, mon cœur, en vain trois ans fusillé..."). En vain, car la victoire est inéluctable ! Et "la flamme de la Résistance ne s'éteindra pas !" comme l'a clamé Charles de Gaulle à la radio de Londres !

Sans oublier la vie artistique et industrieuse, celle des artistes et des artisans. Là encore, référence à un autre grand poète du moyen âge et du XVème siècle (comme Charles d'Orléans !), Eustache Deschamps "Paris, cité à nulle autre pareille..." et qui chante l'habileté de ses artisans connus dans le monde entier. N'oubliez pas qu'Aragon a beaucoup fréquenté les artistes peintres à Montparnasse avant-guerre.

Aragon fait aussi référence aux 30 000 Communards fusillés de 1871 par les Versaillais, alliés momentanés des Allemands. Les Communards qui s'étaient dressés contre le gouvernement d'Adolphe Thiers parce qu'il avait pactisé avec les Allemands ! Donc, pour Aragon, De Gaulle = Cluzet et Roussel (les deux généraux de la Commune de Paris) et Pétain = Thiers.

6) Note d'espoir finale, évidente et profondément émouvante, avec la référence à la fois romaine et chrétienne au "salut", et à ses trois significations, religieuse (le salut des chrétiens, c'est-à-dire "être sauvée", concept repris par le général de Gaulle dans le titre qu'il donna à la troisième partie de ses Mémoires de guerre), politique (la France retrouvera inéluctablement son indépendance et sa liberté) et virile (je te salue, ma France !), car il faut combattre les armes à la main. Aragon, au nom de tous les Résistants, dont beaucoup mourront avant de connaître la Libération, salue la France en leur nom. Il prend date pour eux, afin qu'ils survivent dans le souvenir de mots sublimes, à leur mort charnelle dans l'unité de la patrie libérée et retrouvée (voir à nouveau les premières strophes : la France est éternelle, elle renaîtra nécessairement sous la mousse que le temps aura apposée à ses pieds, inchangée, immobile, calme, accueillant tous ses enfants).

7) Note aussi les enfants qui apparaissent dans les premières strophes : ils représentent l'avenir de la France. Ils ne le savent pas encore : ils en sont à la période des jeux innocents et de l'insouciance, mais ils sont les témoins de ce qui va advenir.

8) Enfin, elle frappe au carreau de la vitre, cette France envahie et assujettie, sous la forme d'une hirondelle. Voici l'image champêtre et profondément émouvante du poète qui se met en scène dans son propre poème, un peu comme Victor Hugo fermant les yeux pour mieux décrire les bruits de la rue, les bruits de Paris.

Mais encore, l'hirondelle est le messager de Dieu, qui, tel l'archange Gabriel, annonce la bonne nouvelle à Marie. Gabriel, l'archange présent dans les trois religions monothéistes, l'ancêtre de nos moyens de communication ! Le pigeon voyageur était le téléphone des siècles passés. L'oiseau, dans toutes les civilisations, représentait le moyen le plus rapide dont disposaient les hommes pour communiquer entre eux quand le téléphone n'existait pas, quand les satellites (et donc internet et les téléphones portables) n'existaient pas. C'est l'oiseau qui vient lui apporter la bonne nouvelle : la France le réclame, elle réclame son talent de poète, qu'il doit mettre au service de la cause nationale. C'est comme Jeanne d'Arc avec "ses voix" ! Alors le poète témoigne : une hirondelle est venue frapper à ma vitre. Elle personnifie la France qui m'appelle au secours. Elle est en même temps l'envoyée de Dieu. Il faut sauver la France ! "Je vous salue Marie ... je vous salue ma France" dit-il à l'hirondelle.

Je pourrai encore en parler longtemps de ce poème, mais je n'ai pas retrouvé le texte et je n'ai pas la mémoire parfaite.

Tu vois, on peut parler d'un poème sans l'aide d'internet, et même sans l'avoir relu après tant d'années.

Aies confiance en toi, Alicia, tu vaut mieux que tu ne le croies : écoute ton cœur, et tout ira bien pour toi.

Un ami.
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