Sujet très complexe, et très vaste; je me contenterais de m'appuyer sur un plan chronologique.
Hier:
- dans l'Antiquité, le modèle est la guerre hoplitique càd une guerre où est recherché le choc frontal entre les troupes à pieds de 2 nations, peuples.
La décision étant emportée sur la cohésion des troupes en mouvement et surtout face au choc.
La guerre n'est alors pas professionnalisée et, figurent sur les champs de batailles, des troupes de citoyens "amateurs" qui doivent payer leur équipement.
A noter que ce sont les "simples" citoyens qui ont obtenu le droit de se battre, renforçant ainsi le concept de démocratie.
On se bat pour l'honneur de sa Cité, de sa nation (c'est le principe spartiate) ou pour son propre honneur (cf les héros athéniens comme Achille & co).
La virilité est exaltée, se battre au corps à corps est considéré comme étant la forme la plus honorable du combat; au contraire les armes de jets sont méprisées tandis que la cavalerie est peu usitée.
- au Moyen-Age, les guerres sont conduites par des chevaliers assez vite assimilés à la noblesse; ces guerres sont menées pour des seigneurs et des souverains et non pour la nation.
La notion d'Etat prévaut sur celle de nation.
Le peuple lui étant réduit à de la piétaille méprisée, non volontaire et chargée des basses besognes.
Outre la cavalerie lourde, l'emploi massif de l'artillerie change souvent la donne (l'artillerie devient une arme de décision, l'"ultima ratio regum", càd le dernier argument des rois).
Les guerres révolutionnaires puis napoléoniennes amorceront le retour aux guerres entre les nations et donc entre les soldats-citoyens, comme dans l'Antiquité.
Aujourd'hui:
- la 1ère guerre mondiale et surtout la 2nde guerre mondiale, qui ont vu la naissance et la maturation de la 3ème dimension (air) et l'apparition de moyens non-conventionnels.
Par "moyens conventionnels", on comprend l'utilisation de l'artillerie, de l'infanterie, de blindés; d'une aviation et d'une marine militaires.
Les "moyens non-conventionnels" englobent eux tout ce qui concerne les armes nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques (NRBC).
Demain:
Depuis les années '90, les guerres se mènent de moins en moins dans les vastes plaines, mais en zone urbaines.
Les stratèges s'amusent à dire qu'on mène les "campagnes (militaires), en ville".
La population civile deviendra l'enjeu majeur des protagonistes, et subiront de plus en plus des conflits non plus internationaux, mais régionaux/locaux.
Paradoxalement, la vie du soldat sera de plus en plus protégée (cf programme Felin en France, FCS aux USA avec surprotection du soldat) à cause de l'absence de toute forme de résilience de la part des Etats démocratiques confrontés à ce type de conflits que l'on dit "asymétriques" (un Etat fort disposant de forces conventionnelles/non-conventionnelles, face à un groupe, une mouvance non facilement identifiables et non identifiées employant des moyens non-conventionnels de guerilla comme attentats etc).
Se développera le tout technologique, tandis que la médiatisation des combats s'ajoutant à l'exigence des populations du respect de tout ce qui est Droits de l'homme et conventions internationales limiteront les actions militaires des Etats démocratiques, face à des mouvances ne se sentant pas concernées par ces mêmes droits de l'Homme et conventions internationales.
A vrai dire, le paragraphe concernant la guerre de demain se déroule de nos jours; mais tout porte à croire que ce type de guerres se développera à l'avenir.