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Bonsoir ;

Je suis actuellement élève en première. On doit écrire une nouvelle policière qui sera mise en concurrence avec toute celle écrites des autres élèves du bahut.

Et bien.. j'aimerais simplement connaitre VOS avis :pt1cable:

Merci d'avance de tous lire x).




Le Sang des Innocents


Je m’appelle Rayan Taillors, j’étais flic en Bretagne, à Vannes. J’enquêtais sur une série de meurtres à répétition, un serial killer qui nous filait entre les doigts à chaque fois que l’on pensait l’avoir arrêté.

Tout avait commencé par un meurtre, banal, d’une jeune fille de 18 ans, originaire du Morbihan, découverte égorgée dans un hangar non loin de là où elle habitait. Tué de sang froid, on avait découvert le cadavre du meurtrier un peu plus loin, mort d’une balle dans la tête. On a pensé à un suicide, mais l’autopsie révélait des traces de coups et autres blessures, on avait voulu faire passer sa mort pour un suicide… Mais pourquoi ?

Le deuxième meurtre survint une semaine après, dans une usine désaffectée ; encore un lieu dépourvu d’un accueil chaleureux. Moi et Jack, qui était mon coéquipier, étions chargés de l’affaire. Mais dans l’usine, ce qui semblait être une mission de routine, se révéla tragique. Le meurtrier se trouvait encore sur les lieux. La découverte du cadavre d’une jeune fille, nue, encore une, et poignardée de nombreux coups de couteaux, s’en suivis d’une fusillade. Jack n’assura pas ses arrières… J’avais juste entendu les coups de feu, puis, après avoir appelé des renforts, Jack et le meurtrier étaient introuvables. Les flics du poste avaient déclaré Jack mort, l’assassin avait sûrement emmené son corps. Tout cela me paraissait louche… La perte d’un équipier fut dure et je n’étais plus dans le coup. On m’avait retiré mes fonctions durant quelques temps, j’en avais pris un sacré coup. Mais, je ne pouvais pas renoncer alors que cet enfoiré était toujours en cavale, qu’il allait remettre ça et que ses crimes resteraient impunis. Je ne voulais pas que quelqu’un d’autre que moi s’occupe de l’affaire. Je voulais venger Jack.

C’est pourquoi, il y avait à peu près une semaine, j’avais repris du service En vérité, on m’avait convoqué pour une affaire de meurtre. Ils pensaient que c’était le même auteur des faits et qu’il avait un rapport avec l’assassin de Jack. J’étais seul sur l’affaire, je ne voulais pas prendre le risque de perdre un autre équipier.

J’étais en route pour le poste, afin de prendre connaissance des indices et du rapport. Il pleuvait, depuis bientôt trois jours, un temps à ne pas mettre un chien dehors… Je descendis de la voiture et en allumai une, j’étais stressé. Une clope, ce n’était pas le remède idéal, mais ça expulsait le feu que j’avais dans les poumons.
Je rentrais, saluais les anciens, les bleus et j’aperçus ce vieux John près de mon bureau. Je lui serrais la main et nous nous échangions quelques mots. Il me fit comprendre que le patron voulait me voir. Je pris le chemin du bureau. Il se trouvait au bout de couloir, Jerry mis attendait, pour me donner une mission, comme au bon vieux temps, il me vit et dit :

« - Ah ! Rayan, entres vas-y, un café ?
- Non, merci, je viens juste pour me mettre au parfum, qu’est ce que l’on a ?
- Hum… ah oui, tu es sûr que ça va ?
- Ouais ouais ! Allez dis moi ce qu’il en est…
- Ok, comme tu veux, tiens, déjà, voila ton arme, un dernier model, plus léger plus..
- Non merci Jerry, je veux juste le mien, et ma plaque s’il te plait. Désolé d’avoir haussé le ton.
- Bah, c’est rien, mais pas une deuxième fois, je suis quand même ton supérieur, mais je te comprends, tu approches la quarantaine, t’es plus tout jeune, tu es
stressé, tu vas tenir le coup, t’es sûr ?
Jerry me tendit ma plaque et mon arme.
- J’ai pas le choix, il faut que je mette la main sur ce salaud. J’ai toujours fait mon boulot du mieux que je le pouvais, pas pour moi, mais pour tous ces gens qui dorment paisiblement la nuit, parce que des gars comme moi font bien leur taf, parce que j’ai toujours fait ce que la police m’a demandé, et que, même si j’ai pas encore de gosses, la simple idée de ce que ces déjantés pourraient leurs faire me retourne les tripes. Quand j’ai perdu Jack, je n’avais plus personne à part ma femme. C’était l’enfer de me réveiller chaque matin et de me demander pourquoi j’étais encore là, mais j’en suis sorti… Il aura fallu qu’une personne qui m’était chère perde la vie, et j’en suis sorti et maintenant, je suis investi d’une mission.
- … Une jeune fille de 18 ans, Mathilde, originaire des Côtes d’Armor a été enlevée le 25 Juin 2005, c’est à dire, hier soir, au Teknival. Le rapport indique qu’elle n’avait rien qui justifiait son enlèvement. Une jeune fille sans histoire, innocente comme toutes les autres. Selon l’enquête, qui a avancé pendant que tu étais aux arrêts, les tueurs seraient membres d’un trio. Le premier est mort pour des raisons encore inconnues, les deux autres courent toujours, continuant leurs assassinas. On pense qu’ils n’ont pas de motivation particulière, nous avons cherché des points communs entre eux, ou entre les victimes… rien, à part le fait que les jeunes filles étaient toutes catholiques pratiquantes, sauf Mathilde : mais elle bossait au Clergé. A en croire le rapport, Mathilde était en fuite, mais de qui et pourquoi, ça, à toi de le découvrir.
- Oui d’accord, mais quel rapport avec l’assassin de Jack ?
- J’y viens. Ce matin, les parents de la môme ont téléphoné à la police locale qui nous a averti et sollicité notre aide. Nous avons immédiatement envoyé des hommes à la recherche de Mathilde. En ce moment même, ils ratissent la zone et interrogent un maximum de gens, dans l’espoir d’avoir une piste, un indice. Vers 10H ce matin, une vieille dame a prétendu avoir vu la jeune fille correspondant au signalement. Dans une fourgonnette blanche immatriculée dans les Pays de Loire. Le même scénario… qu’avec Jack. »

Jerry me tendit une photo de la jeune fille. Jolie, les yeux verts, une gosse mignonne qui venait à peine de débarquer dans le monde du travail, d’avoir son permis, de quitter le cocon familial, une fille qui n’avait rien demandé à personne… Je soupirai… 

« - Ok, c’est parti, où cette camionnette a-t-elle été repérée pour la dernière fois ?
- Aux alentours de la N165, elle prenait la sortie du Petit Molac, sur la D101
- Je suis sur l’affaire…
Je m’apprêtais à partir quand Jerry m’interpella :
- Rayan… tu es un type bien, la police à besoin de toi, content de te retrouver, tâches de rester en vie !
Je souri :
- Comptes sur moi !
- Ah oui, encore une chose, tu es sûr que… enfin, je veux dire…
-Oui, j’irai seul, je m’en sortirai ne te fais pas de mourons pour moi, et puis, les renforts ne sont jamais loin. »
Jerry me regarda partir, sur un signe de tête.

Je fis crissé ma Renault, la numéro 7. Cap sur Le Petit Molac. Encore rouler, encore chercher… Je n’arrêtais pas de gamberger sur la photo de la petite Mathilde. Je décrochai mon micro :

« - Central de Vannes pour Taillors.
- Ouais Rayan, répondit une voix féminine.
- Je vais bientôt prendre la sortie D101, restez en ligne.
-Bien reçu, je reste en fréquence. »

J’avais des flashs : de Jack, des autres jeunes filles. Je voyais Mathilde morte, moi arrivant trop tard. Il fallait que je la sauve, il le fallait. Je devais continuer à chercher et me calmer. Je pris donc la sortie, et me mis à chercher un chemin de terre, avec des marques de pneus récentes. Je regardais à gauche puis à droite : quelque part, un endroit isolé où les voisins ne se douteraient pas de ce qui se passe à côté de chez eux ; où il ne risquerait pas d’y avoir de témoins. Soudain, à une centaine de mètres, j’avisai un chemin de terre. A la lisière d’un bois, au bout, une maison banale et... Une camionnette blanche ! Celle-ci était plutôt beige que blanche, mais le témoin était une petite vieille. Avec son âge, la distance, la lumière, peut-être ne l’avait-elle pas perçu de la même couleur. Tellement de facteurs à prendre en compte…
J’arrêtai la voiture, coupai mon gyrophare pour ne pas attirer l’attention, me garai à bonne distance et décrochai mon micro :

« - Central, ici Rayan, j’ai repéré une fourgonnette qui correspond au signalement, j’attends la suite des ordres.
- Bien reçu voiture 7, je vous envoi des renforts ? Dit l’agent de permanence.
Je réfléchis un instant…
- Eum… affirmatif, je pourrais en avoir besoin, je vais jeter un œil, ce n’est peut- être rien.
- Bien compris, attendez les renforts avant d’intervenir, les voitures 9 et 13 ne sont plus qu’à 10min.
- Reçu, j’applique la procédure.

Je commençais à m’enfoncer dans le sentier boueux, creusé par des sillons récents, prenant garde à ne pas attirer l’attention aux fenêtres du chalet. Il s’était arrêté de pleuvoir, l’odeur de la terre humide était apaisante. Et puis, je me mis à courir, je ne pouvais plus attendre, Mathilde se trouvait peut-être là-bas, en face de son agresseur, en train de se défendre ou même déjà morte… Je ne devais pas intervenir seul, mais je ne pouvais pas rester là avec cette foutue sensation qui me glaçait le bide. Je devais la sauver, pendant qu’il en était encore temps.

Je m’approchais de la camionnette et jetais un œil à l’intérieur. Il n’y avait rien, à part un ou deux rouleaux d’adhésif gris ; même sur la plage de bord : rien. C’est alors que j’entendis un cri suraigu, qui me fit presque sursautée. Mon cœur s’affola, tous mes sens se mirent en alerte. Peut-être qu’il était déjà trop tard, que le criminel en avait déjà fini avec sa victime. Non ! Il fallait que j’y aille, vite ! Je fonçai jusqu’ à la porte et m’arrêtai. Je sentais ma main droite qui glissait toute seule jusqu’à mon ange gardien de 9mm. Je détachai la pression, pris la crosse d’acier froid, chargeai mon feu et entrai en poussant lentement la porte… Encore ce truc qui me glaçait le bide.

A ma gauche, une cuisine : rien à signaler. Je me collai sur le mur d’en face, glissai jusqu’à la salle de bain. C’est alors que mon cœur s’arrêta, pour repartir une demi seconde plus tard. J’avais les deux mains serrant mon 9mm comme jamais, une montée d’adrénaline m’envahit : Mathilde était morte, égorgée dans la baignoire… maculée de son propre sang, ses yeux de porcelaine ouverts et effrayés de leur dernière vision. Elle avait été égorgée avec une telle violence que la plaie béante semblait lui faire une seconde bouche.

Je me ressaisis. Sur le coup, je savais que ça irait, mais je ne pouvais pas m’empêcher d’avoir mal… Je devais la sauver, la pauvre petite. Elle, victime de la folie d’un tueur, qui comptait sur la police pour venir la sortir de là ; sur un flic, sur quelqu’un… sur moi. Et puis, je me remis sur mes gardes, quelqu’un venait d’allumer une télévision. Je me déplaçai à pas légers jusqu’au salon. Je vis alors un homme de dos, assis sur un sofa, son débardeur tacheté de sang. Un miroir me révélait son visage, la trentaine, aucune expression, pas stressé, il avait déjà du passer ce stade, je songeai, juste captivé par le spectacle de la télé. Je m’avançai et... Merde ! J’avais marché sur des débris de bouteille. L’homme se retourna d’un coup, il ne réfléchit pas et s’arma d’un couteau de boucher couvert de sang. Mais je ne lui laissai pas le temps de terminer son action… Une balle le toucha en plein cœur, suivi de deux autres en moins d’une seconde. Une fleur rouge se dessina sur son débardeur, il regarda son torse, devenu rouge bordeaux, s’agenouilla et tomba au sol… les yeux encore ouverts et surpris. Je l’avais tué, c’était de la légitime défense, j’avoue avoir eu une certaine satisfaction. Mathilde était vengée, même si ça ne la ramènerait pas. J’entendais les sirènes qui se rapprochaient, je pris ma radio portative :

« - Central, ici Rayan, j’ai épinglé le criminel.
Je repris mon souffle,
- Il m’a entendu entrer, s’est rué sur moi, j’ai été contrains de le descendre, et pour Mathilde… Je suis arrivé trop tard. Encore !
- Bien reçu Rayan, calme toi bon dieu, les renforts arrivent, ne bouge surtout pas.
- Bien compris, terminé. »

Les renforts arrivèrent, les agents finirent d’inspecter la maison. Après avoir analysé ce qui s’était passé, j’étais en mauvais état. Au moins, un criminel de moins, il n’en restait plus qu’un. Peu importait si je devais flingué à tour de bras pour connaître la vérité. Après avoir vu ce qu’il avait fait à Mathilde, je me sentais mal et haineux… Jerry arriva 10min plus tard, avec d’autres voitures, du poste, du labo, des services de sécurité… J’expliquai toute l’histoire à Jerry, il prononça le verdict :

« - Et il est mort, d’accord, tout me paraît crédible. Dans ce cas, nous rédigerons ainsi le rapport. Bon boulot Rayan.
- …
- Tu peux rentrer si tu veux, ta femme doit s’inquiété, je n’ai plus besoin de tes services pour ce soir, t’as besoin de repos.
- Ouais, si tu as besoin de moi, ou du nouveau, surtout, préviens moi !
- Bien sûr…

Je repris la voiture, en direction d’un bar… Non. Ce soir, je ne rentrerais pas, pas encore… J’étais mal en point après ce qui c’était passé. J’arrivai, descendis. Je voulais m’en fumer une ou deux, mais le paquet était vide, ah oui, je l’avais fini dans la voiture. Je décidai d’aller prendre un verre pour accuser le coup…

En réalité, j’avais passé la nuit dans le lit d’un verre de Rhum, et ce matin au bureau, j’avais la gueule de bois, et cachais mon mal-être derrière un journal et quelques cafés noir.

John Miller, mon voisin de bureau arriva, il salua tout le monde, comme d’habitude. Puis il s’approcha de moi :

« -Tiens, ce vieux Rayan… T’as pas l’air en grande forme, ça bosse ?
- Bof, la routine
- J’ai appris pour hier. Déconne pas et ressaisis toi ! Dis toi que si tu fais rien, il continuera à tuer. Cet enfoiré va recommencer ses atrocités. Je sais ce que ça fait d’arriver trop tard. Mais il n’y a rien à faire. Même quand tu butes le type tu n’es pas satisfait, et tu vis dans le passé. ‘Faut que tu ailles voir un psy, ou quelqu’un.
- Ok John stop, merci… 
- Ouais, excuse moi, j’y suis peut-être aller un peu fort, tu dois encore être sous le choc… Tu veux que l’on aille se taper la cloche quelque part ? Pour tout te dire, j’ai les crocs !
- Non merci John, j’ai pas trop faim, j’y vais…

Je me levai, ne sachant quoi faire. Après tout, John avait raison. Je devais remonter la pente, ne pas me laisser abattre, parce que sinon, cela voudrait dire que je laissais ces salauds vaqués à leurs « petits passes temps », et, c’est ce qu’ils cherchaient. Je m’étais de toute manière juré d’aller jusqu’au bout. Si je baissais les bras j’aurai la mort de toute ces filles sur la conscience…
Je décidai de rentrer. De toute manière après ce qui c’était passé hier, Jerry ne me donnerait rien à faire de la journée. Il ne m’en voudrait pas de quitter le bureau…

Je voulus prendre la direction de la maison, mais je filai en direction de l’église, là où Mathilde allait chaque dimanche matin. J’avais dans l’idée d’y choper des infos.

J’ouvris la grande porte ornée de sculptures somptueuses. J’entrai, personne. Il y régnait un calme trouble, ainsi qu’une odeur de pierre et de bois humide. Il faisait sombre. Dehors, un orage éclata. Je me dirigeai vers les cierges. Tout à coup, je m’arrêtai, me mis à les contempler. Comme émerveillé de leurs lueurs ; chacune représentant une prière pour un être cher. Et puis, un bruit se fit entendre dans le silence de l’église, la flamme des cierges vacilla, une ombre apparut sur le mur, en face de moi. Je sentis le poids d’un canon sur ma tête. Je n’avais pas assuré mes arrières, comme Jack… Une voix d’homme résonna :

« - Tu n’es pas le bien venu ici Taillors… Depuis que tu t’intéresses à cette affaire tu nous as posé bien des problèmes.
C’était la voix de Jack. Impossible, pourtant, exactement la même façon de parler, la même intonation. Non, c’est impossible, ça ne pouvait pas être lui.
- Et bien Rayan… Surpris de me voir ?
- Non, hin hin, haha.. vous n’êtes pas Jack... »
C’était de ma faute si ça débloquait là haut, ça faisait des lustres que je n’avais pas pris mes médocs, ceux qu’un toubib m’avait prescrit alors que j’avais des espèces d’hallucinations. Je devenais complètement cintré, et maintenant je croyais que jack était derrière moi et qu’il me causait.
« - Non, tu ne rêves pas Taillors, c’est bien moi, ton vieil équipier. Ca fait un bail hein ?
- Ecoute, mec, si tu continues à me prendre pour un cave, je vais vraiment finir par m’énerver.
- Hum hum, sois réaliste Rayan, t’as vu dans quelle situation tu te trouves ?
- Jack non... je ne peux pas croire que c’est toi…
- Et si, pourtant, je ne voulais pas que tu sois impliqué à tout ça, mon vieil ami. On m’a dit que tu étais parti suite à mon « décès ». Alors je me suis dit qu’ils ne m’attraperaient jamais sans toi, mais je le reconnais, j’ai merdé.
- Jack, pourquoi explique moi, est ce que tu te rends compte que…
- Que quoi hein ? Que tu sois parti en dépression après ma mort ? Que j’ai trahi tout le monde et raconté des dizaines de mensonges ? Ou alors, que tu l’as mauvaise parce que je vous est tous eu… ? Mais ça faisait parti du plan. Je suis sûr que tu t’es tellement posé de questions, sans réponses, que tu as tellement eu de remords, tellement eu du mal à trouver l’assassin, qui n’était autre que moi, qu’en ce moment, ça doit être le bordel la haut je me trompe ? Je vais t’expliqué, de toute manière, ce sera la dernière chose que tu entendra…

Au départ, il y a eu Frank, qui a bien failli tout faire capoter. Je lui avais proposé de l’argent pour qu’il tue la petite, mais il a voulu me rouler, alors je l’ai descendu. C’est cet enfoiré que nous avions trouvé dans le hangar. Puis, mon second, que tu as tué alors qu’il venait de finir le travail avec Mathilde. J’étais seul, alors il fallait bien que je te trouve pour t’éliminer…
- Mais enfin, pourquoi tu fais tout ça ? Pour les biftons ? Parce qu’elles étaient catholiques pratiquantes, ces gamines qui n’avaient rien fait à personne !
- Tais-toi ! Ne me fais pas rire, tu vas me faire faire un monologue. Tu tentes quoi là ? Tu penses pouvoir me donner des remords ? En vérité, j’avais prévu de tuer à plus grande échelle, d’éliminer de plus en plus de jeunes filles juste majeures. Pourquoi ? Simplement parce que je suis allergique à la religion, il y a des guerres à cause de la religion, des milliers de morts, des attentats, des idiots qui arrivent au pouvoir comme ça, leurs places offertes sur un plateau, je hais tout ça ! Alors, il fallait bien que j’empêche ces futurs « croyants », de continuer à croire à des mensonges de vieux fous, à développer leur foie envers un dieu qui ne les entendra jamais, qui les conduira à des actes inutiles, sanglants et développera encore plus leur foie envers des illusions de ce genre ! Et pourquoi Mathilde ? Parce qu’elle avait découvert qu’elle était la prochaine sur la liste, et comme elle voulait tout avoué…
- T’es vraiment timbré mon pauvre vieux, t’es devenu un criminel, exactement ce que tu t’étais juré de combattre !
- Non cela remonte à bien plus longtemps que tu ne le penses, à mon enfance… J’en ai fait une affaire personnelle Rayan… Si je suis entré dans la police, c’était juste pour la couverture et obtenir des infos sur qui et quand je le voudrais. Mais toi tu peux pas comprendre hein ? Tout ce que tu vois en moi c’est un tueur froid et qui commet ses crimes sans raisons. Mais tu te trompes. Mes parents sont tombés dans un des actes désespérés de ces « fidèles » visant à détruire une ambassade, sa destruction étant un symbole, selon eux.... J’en fais une question personnelle. »
Je tentais d’attraper mon fidèle 9mm, mais le moindre mouvement brusque serait remarqué.
« - Attends et oh, tu fais quoi là Rayan, tu veux jouer les super héros ? Donnes moi ton arme, regarde toi, tu es tombé bien bas. L’âge se fait sentir pas vrai ? Qu’est ce que tu veux, tu n’es plus capable de soulever ton flingue, laisse tomber, et met toi à genoux ! Dans les médias on dira que tu es mort en héros, voulant coincer un tueur en série, belle fin pour un flic comme toi pas vrai ?
Qu’est ce qui te fait rire, t’as échoué mon vieux, arrête de te marrer, t’as perdu, et tu vas mourir ici et maintenant... »

C’est à ce moment là que je sortis de ma poche ma radio portative, je l’avais laissé allumer. Même si j’allais mourir et que je m’étais fait piéger par le plus vieux des pièges qui existaient dans ce métier -le double jeu- je savais que j’avais quand même gagné.
« - Oh non, enfoiré ! »  Dit avec peur Jack. »

Il appuyât sur la gâchette un peu précipitamment, comme à son habitude, la balle partit du chargeur, grâce au ressort percuteur, passa dans la culasse, dans le canon extracteur, et grâce au guidon viseur, atteint sa cible. Le silencieux étouffa le bruit du coup de feu.

Les gouttes de sang éclaboussèrent les cierges. Devant Dieu, je mourrais en souriant… J’entendais les sirènes qui se rapprochaient… Je revoyais ma femme préparant le dîner, m’attendant avec impatience… Je l’aimais tant, j’aurais juste aimé pouvoir lui donner un enfant…

Un rideau noir s’abaissa ; je ne vis plus rien ; j’entendais juste les pas de Jack fuyant, poussant les portes de l’église… Puis, un échange de coups de feu. Et enfin, plus rien… Je revoyais une dernière fois ma femme ; une odeur de sang embauma l’air… Je tentais de respirer, je n’y arrivais pas… j’avais sommeil…

Un cadavre innocent, encore un, jonchait le sol dans une mare de sang… Les oiseaux du cloché s’envolèrent… La femme de Rayan finissait de mettre la table, Jerry sonna à sa porte. Elle ouvrit. Il se tenait là, devant elle, lui dit une ou deux phrases, les lèvres nouée, l’a pris dans ses bras, elle tomba à genoux… Elle retira un couvert…

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