Oral de Français à préparer sur Zola
Forum Etudes / Travail : Oral de Français à préparer sur Zola
Bonjour =D !
J'ai un oral de Français à préparer pour demain sur un extrait d'Emile Zola. Or, mon professeur a oublié de me donner la feuille donc je ne peux rien faire. Déjà, j'aimerais savoir si vous sauriez où trouver l'oeuvre complète que je tente de trouver l'extrait ? Ou si quelqu'un serait d'attaque à taper l'extrait qui me plairait ? C'est le passage où Gervaise rentre pour la première fois dans L'Assomoir jusqu'à ce qu'elle se mette à boire elle aussi.
Et ensuite, j'aimerais savoir si mon plan -qui est fait sans texte attention u_u- serait plutôt bien :
QUESTION : De quelles façons Zola évoque-t-il les problèmes auxquels les classes sociales défavorisées sont confrontées ?
I / Des classes sociales différentes
1. Vie modeste de Gervaise
2. Vie des gens se trouvant dans l'Assomoir.
II / Confrontation des problèmes entre les classes
1. Eléments réalistes dans l'extrait
2. Eléments naturalistes dans l'extrait
3. Forme de discours => Discours indirect libre etc.
Voilà, merci d'avance
Salut,
Ca fait un peu de lecture, mais voilà le bouquin en question
N'ayant jamais lu cette oeuvre, je ne peux t'aider pour ton plan, désolée
Répondre à Grandefolle
Bonjour,
Je ne vois pas trop comment tu peux faire un plan sans texte! Tu risques de plaquer dessus une probélmatique de l'ensemble du roman. Maintenant que Grandefolle t'a trouvé le texte, copie-colle l'extrait qu'on puisse t'aider concrètement, tu y gagneras
A+
Il me semble que l'extrait est celui-là (je ne suis pas sure à 100% que ce soit ces lignes là précises par contre :s) :
De tous les gargots, des bandes d'ouvriers sortaient ; des gaillards barbus se poussaient d'une claque, jouaient comme des gamins, avec le tapage de leurs gros souliers ferrés, écorchant le pavé dans une glissade ; d'autres, les deux mains au fond de leurs poches, fumaient d'un air réfléchi, les yeux au soleil, les paupières clignotantes. C'était un envahissement du trottoir, de la chaussée, des ruisseaux, un flot paresseux coulant des portes ouvertes, s'arrêtant au milieu des voitures, faisant une traînée de blouses, de bourgerons et de vieux paletots, toute pâlie et déteinte sous la nappe de lumière blonde qui enfilait la rue. Au loin, des cloches d'usine sonnaient ; et les ouvriers ne se pressaient pas, rallumaient des pipes ; puis, le dos arrondi, après s'être appelés d'un marchand de vin à l'autre, ils se décidaient à reprendre le chemin de l'atelier, en traînant les pieds. Gervaise s'amusa à suivre trois ouvriers, un grand et deux petits, qui se retournaient tous les dix pas ; ils finirent par descendre la rue, ils vinrent droit à l'Assommoir du père Colombe.
- Ah bien ! murmura-t-elle, en voilà trois qui ont un fameux poil dans la main !
- Tiens, dit Coupeau, je le connais, le grand ; c'est Mes-Bottes, un camarade.
L'Assommoir s'était empli. On parlait très fort, avec des éclats de voix qui déchiraient le murmure gras des enrouements. Des coups de poing sur le comptoir, par moments, faisaient tinter les verres. Tous debout, les mains croisées sur le ventre ou rejetées derrière le dos, les buveurs formaient de petits groupes, serrés les uns contre les autres ; il y avait des sociétés, près des tonneaux, qui devaient attendre un quart d'heure, avant de pouvoir commander leurs tournées au père Colombe.
- Comment ! c'est cet aristo de Cadet-Cassis ! cria Mes-Bottes, en appliquant une rude tape sur l'épaule de Coupeau. Un joli monsieur qui fume du papier et qui a du linge ! ? On veut donc épater sa connaissance, on lui paye des douceurs !
- Hein ! ne m'embête pas ! répondit Coupeau, très contrarié.
Mais l'autre ricanait.
- Suffit ! on est à la hauteur, mon bonhomme ? Les mufes sont des mufes, voilà ! Il tourna le dos, après avoir louché terriblement, en regardant Gervaise. Celle-ci se reculait, un peu effrayée. La fumée des pipes, l'odeur forte de tous ces hommes, montaient dans l'air chargé d'alcool ; et elle étouffait, prise d'une petite toux.
- Oh ! c'est vilain de boire ! dit-elle à demi-voix.
Et elle raconta qu'autrefois, avec sa mère, elle buvait de l'anisette, à Plassans. Mais elle avait failli en mourir un jour, et ça l'avait dégoûtée ; elle ne pouvait plus voir les liqueurs.
- Tenez, ajouta-t-elle en montrant son verre, j'ai mangé ma prune ; seulement, je laisserai la sauce, parce que ça me ferait du mal.
Coupeau, lui aussi, ne comprenait pas qu'on pût avaler de pleins verres d'eau-de-vie. Une prune par-ci par-là, ça n'était pas mauvais. Quant au vitriol, à l'absinthe et aux autres cochonneries, bonsoir ! il n'en fallait pas. Les camarades avaient beau le blaguer, il restait à la porte, lorsque ces cheulards-là entraient à la mine à poivre. Le papa Coupeau, qui était zingueur comme lui, s'était écrabouillé la tête sur le pavé de la rue Coquenard, en tombant, un jour de ribote, de la gouttière du n° 25 ; et ce souvenir, dans la famille, les rendait tous sages. Lui, lorsqu'il passait rue Coquenard et qu'il voyait la place, il aurait plutôt bu l'eau du ruisseau que d'avaler un canon gratis chez le marchand de vin. Il conclut par cette phrase :
- Dans notre métier, il faut des jambes solides.
Gervaise avait repris son panier. Elle ne se levait pourtant pas, le tenait sur ses genoux, les regards perdus, rêvant, comme si les paroles du jeune ouvrier éveillaient en elle des pensées lointaines d'existence. Et elle dit encore, lentement, sans transition apparente :
- Mon Dieu ! je ne suis pas ambitieuse, je ne demande pas grand-chose ? Mon idéal, ce serait de travailler tranquille, de manger toujours du pain, d'avoir un trou un peu propre pour dormir, vous savez, un lit, une table et deux chaises, pas davantage ? Ah ! je voudrais aussi élever mes enfants, en faire de bons sujets, si c'était possible ? Il y a encore un idéal, ce serait de ne pas être battue, si je me remettais jamais en ménage ; non, ça ne me plairait pas d'être battue ? Et c'est tout, vous voyez, c'est tout ?
Elle cherchait, interrogeait ses désirs, ne trouvait plus rien de sérieux qui la tentât. Cependant, elle reprit, après avoir hésité :
- Oui, on peut à la fin avoir le désir de mourir dans son lit ? Moi, après avoir bien trimé toute ma vie, je mourrais volontiers dans mon lit, chez moi.
Et elle se leva. Coupeau, qui approuvait vivement ses souhaits, était déjà debout, s'inquiétant de l'heure. Mais ils ne sortirent pas tout de suite ; elle eut la curiosité d'aller regarder, au fond, derrière la barrière de chêne, le grand alambic de cuivre rouge, qui fonctionnait sous le vitrage clair de la petite cour ; et le zingueur, qui l'avait suivie, lui expliqua comment ça marchait, indiquant du doigt les différentes pièces de l'appareil, montrant l'énorme cornue d'où tombait un filet limpide d'alcool.
L'alambic, avec ses récipients de forme étrange, ses enroulements sans fin de tuyaux, gardait une mine sombre ; pas une fumée ne s'échappait ; à peine entendait-on un souffle intérieur, un ronflement souterrain ; c'était comme une besogne de nuit faite en plein jour, par un travailleur morne, puissant et muet. Cependant, Mes-Bottes, accompagné de ses deux camarades, était venu s'accouder sur la barrière, en attendant qu'un coin du comptoir fût libre. Il avait un rire de poulie mal graissée, hochant la tête, les yeux attendris, fixés sur la machine à soûler. Tonnerre de Dieu ! elle était bien gentille ! Il y avait, dans ce gros bedon de cuivre, de quoi se tenir le gosier au frais pendant huit jours. Lui, aurait voulu qu'on lui soudât le bout du serpentin entre les dents, pour sentir le vitriol encore chaud, l'emplir, lui descendre jusqu'aux talons, toujours, toujours, comme un petit ruisseau. Dame ! il ne se serait plus dérangé, ça aurait joliment remplacé les dés à coudre de ce roussin de père Colombe ! Et les camarades ricanaient, disaient que cet animal de Mes-Bottes avait un fichu grelot, tout de même. L'alambic, sourdement, sans une flamme, sans une gaieté dans les reflets éteints de ses cuivres, continuait, laissait couler sa sueur d'alcool, pareil à une source lente et entêtée, qui à la longue devait envahir la salle, se répandre sur les boulevards extérieurs, inonder le trou immense de Paris. Alors, Gervaise, prise d'un frisson, recula ; et elle tâchait de sourire, en murmurant :
- C'est bête, ça me fait froid, cette machine ? la boisson me fait froid ?
Sinon, pour le plan nous avons un peu étudier l'oeuvre donc je connaissais déjà ce qu'il y avait dedans ^^
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