Bonjour Curtiss,
je ne demande pas une ligne ADSL mais simplement un branchement FT. J'ai trouvé un article qui parle de service universel et de la péréquation géographique.
EDit
En France, une des composantes du service universel s'intitule "abonnés structurellement non rentables dans zones rentables". Un petit exemple pour vous expliquer de quoi il s'agit. Je possède deux lignes téléphoniques. J'utilise l'une pour les communications, et je suis certain, au vu de ma facture, qu'elle doit être rentable pour France Télécom. Je me sers de l'autre pour recevoir les fax, et la facture correspondante se réduit au coût de l'abonnement. Ma deuxième ligne est donc "non rentable dans une zone rentable". Conséquence : c'est vous, cher internaute, qui financez en partie ma deuxième ligne, grâce à un prélèvement sur vos communications à longue distance. N'étant pas un ingrat, je vous en remercie.
Une autre composante du service universel français s'intitule "péréquation tarifaire (ou déficit d'accès)". En langage de monsieur-tout-le-monde, cela signifie que France Télécom facture l'abonnement à un coût inférieur à son prix de revient, et se rattrape ensuite sur le coût des communications. Les mauvaises langues diront que l'on incite ainsi les Français à consommer davantage de téléphone : ayant payé leur abonnement, ils sont conduits à l'amortir ! Conséquence : c'est vous, cher internaute... (voir ci-dessus). Cette péréquation tarifaire devrait disparaître après l'an 2.000, l'opérateur historique étant prié de pratiquer la vérité des prix en matière d'abonnement.
Une troisième composante du service universel français s'intitule "péréquation géographique". Elle désigne le raccordement d'un usager au téléphone au même tarif sur tout le territoire -- tarif presque toujours inférieur au coût réel de l'opération. Là encore, le but réel consiste à pousser les Français à téléphoner plus. Et là encore, les effets pervers ne manquent pas de se faire sentir. Prenons un petit exemple : pour passer tranquillement mes vacances estivales, je m'achète un cabanon dans un petit coin perdu. Et bien ! pour me faire raccorder au téléphone, je ne paye pas plus cher que vous, cher internaute, qui habitez un immeuble dans lequel le téléphone a été prévu dès la construction. C'est donc vous qui financez en majeure partie la ligne de mon cabanon, grâce au service universel. N'étant pas un ingrat... (voir plus haut). De plus, il n'est pas prévu que cette péréquation géographique disparaisse au nom de la vérité des prix. Parce que, derrière les mots "service universel" se cache l'idée que tout le monde doit avoir le téléphone et que, pour arriver à cette fin, il faut que l'état intervienne, même s'il fausse le jeu économique.
Reprenons l'exemple de mon petit cabanon, qui ne possède ni l'eau courante, ni l'électricité. Je demande à la mairie de me raccorder au réseau communal. Refus : on ne pose pas un kilomètre de conduite enterrée pour desservir un seul utilisateur, saisonnier de surcroît. Il n'y a pas de service universel de l'eau : la commune n'est pas obligée de me raccorder. Lueur d'espoir côté EDF : une ligne basse tension passe à 400 mètres. Si vous n'êtes pas cardiaque, ouvrez vite l'enveloppe contenant le devis : 80 kF. Par contre, je peux me faire raccorder au téléphone (1 km de ligne pour moi tout seul) pour moins de 1 kF. Ce qui veut dire que, pour nos législateurs, on peut vivre sans électricité (dur !), on peut vivre sans eau (très dur !), mais on ne peut pas vivre sans téléphone. Conclusion : dès que l'on s'éloigne des clauses techniques, le service universel devient de la démagogie pure et dure. Mais pour se mettre à l'abri des critiques, nos politiciens ont utilisé la bonne vieille ficelle : ils ont peint leur démagogie aux couleurs sociales (le téléphone pour les pauvres, les isolés...). Ainsi, s'en prendre au service universel, c'est être antisocial -- ce qui, dans notre société actuelle, est une tare absolument abominable.