Pour la colère contre napoléon : Louis napoléon Bonaparte est un homme de moyenne taille, c’est un personnage vulgaire, infantile , affecté et vain.
Pour la tristesse de quitter sa terre: 1851 - 1870 : Les années d'exil
Lorsque arrive le coup d’état de décembre 51, Victor Hugo s’y oppose violemment et refuse toute compromission avec la dictature. Il risque sa vie sur des barricades où son ami le député Baudin sera tué. Recherché par toutes les polices, il est sauvé grâce au dévouement et au courage de Juliette. Contraint à l’exil, il s’enfuit sous un faux nom et trouve refuge d’abord à Bruxelles qu'il doit quitter quelques mois plus tard, après la publication de Napoléon le Petit, puis à Jersey où il débarque à l'été 1852.
C'est à cette époque que, sur l'initiative de Madame de Girardin, venue lui rendre visite en exil, Victor Hugo s’intéresse au spiritisme. On pourra toujours gloser sur cette part de sa vie, il n’empêche que pour lui, entendre Ce que dit la bouche d'ombre, c’est scruter le domaine passionnant de l'invisible, c'est tenter une ultime communication avec sa fille morte, c'est rendre possible un dialogue avec Molière, Dante, Shakespeare, des interlocuteurs enfin à sa mesure.
Lorsqu’il est expulsé de Jersey, il s'installe dans l'île voisine de Guernesey où il achète quelques mois plus tard (avec le produit des droits d'auteur des Contemplations qu'il vient de publier !) une ancienne maison : Hauteville-House. Il la fait aménager selon ses plans, achète des meubles, en fait fabriquer, et agence tout en haut son " look-out ", sorte de bureau vitré donnant sur la mer. " Il y a des hommes océan " écrit-il… Lorsque Napoléon III annonce une amnistie totale, Victor Hugo sait qu’il serait en mesure de rentrer. Mais rentrer serait reconnaître implicitement pour ce régime une légitimité qu’il nie. "Quand la liberté rentrera, je rentrerai". Il demeure à Guernesey, où son activité littéraire devient débordante. Il publie Histoire d’un crime, commence Les Châtiments, reprend son immense chantier des Misérables qui ont eu pour titres successifs Jean Tréjean et Les Misères et qui sont finalement publiées en 1862.