Bonjour,
Ce sont bien les rats qui perdent :
"la perte la plus grande tomba (...) sur le peuple souriquois. Sa déroute fut entière"
("peuple souriquois" = les souris, les rats)
Mais, parmi les rats, il y a ceux du bas peuple qui réussissent sans trop de mal à s'enfuir pour sauver leur peau :
"La racaille, dans des trous trouvant sa retraite prête, se sauva sans grand travail"
alors que leurs chefs, princes et autres gradés sont gênés par leurs costumes encombrants (qu'ils avaient soit en signe de leur place importante, soit pour essayer d'impressionner l'adversaire) donc ils ne peuvent pas se cacher et se font massacrer :
"Trou, ni fente, ni crevasse ne fut large assez pour eux ;
Au lieu que la populace entrait dans les moindres creux.
La principale jonchée fut donc des principaux rats."
("Joncher", ça veut dire "recouvrir" ; ici la "jonchée", c'est-à-dire les montagnes de cadavres qui recouvrent le sol, est donc constituée par les rats les plus importants de leur société).
La morale, c'est que dans une société, en cas de coup dur (avec l'exemple de celle des rats qui perdent la guerre), les gens ordinaires arrivent à trouver une issue, à s'adapter pour s'en sortir ; alors que les gens importants n'y arrivent pas.