Bonjour,
je n arrive pas a explique pouriez vous m aider ,merci
Ce que tu vois arriver aux petits enfants, nous l’éprouvons, grands enfants que nous sommes : ils ont peur des personnes qu’ils aiment, auxquelles ils sont faits, qui jouent avec eux, s’ils les voient masquées. Ce n’est pas seulement aux hommes, c’est aux choses qu’il faut enlever tout masque et rendre leur vrai visage. Pourquoi ces glaives et ces feux dont tu me menaces et ton cortège de bourreaux frémissants ? Écarte cet attirail qui te cache et qui terrifie l’insensé. Tu n’es que la mort ; et hier mon esclave, ma servante te bravaient. Quoi ! encore tes fouets, tes chevalets que tu m’étales en grand appareil, et tes instruments de torture adaptés chacun à chaque jointure de mes membres, et tes milliers d’autres machines pour déchirer l’homme en détail ! Laisse là ces épouvantails, fais taire ces gémissements, ces accents de douleur, l’horreur de ces cris qu’arrachent les supplices. Tout cela n’est que la douleur dont tel goutteux ne se met pas en peine, qu’un mauvais estomac endure au sein des orgies, que supporte une faible femme dans l’enfantement. Douleur légère si je la puis souffrir, qui passe vite si je ne le puis pas. Médite ces vérités mille fois entendues, mille fois répétées par toi : mais les as-tu franchement entendues, franchement répétées ? que les effets le prouvent. Car le plus honteux reproche est celui qu’on nous fait d’avoir une philosophie de paroles, non d’actions. Eh quoi ! sais-tu d’aujourd’hui seulement que la mort, que l’exil, que la douleur planent sur toi ? C’est pour tout cela que tu es né. Pensons que tout ce qui peut arriver arrivera : ce que je te recommande là, je suis sûr que tu l’as fait. Je te recommanderai maintenant de ne point abîmer ton âme dans les soucis de ce procès ; elle s’émousserait et aurait moins de vigueur au moment de se relever. Oublie ta cause pour celle où sont engagés tous les hommes, dis : « Je n’ai qu’un corps, mortel et fragile ; les sévices ou la violence de plus puissant que moi ne sont pas les seules douleurs qui le menacent ; ses plaisirs même se changent en tourments. Ses repas lui apportent l’indigestion ; l’ivresse, des engourdissements, des tremblements de nerfs ; l’incontinence lui contourne les pieds, les mains, toutes les articulations. Deviendrai-je pauvre ? je serai du grand nombre. Exilé ? je me croirai né où l’on m’enverra. On me garrottera ? eh quoi ! suis-je maintenant sans entraves ? Ce corps est le bloc pesant où la nature m’a rivé. Je mourrai ? je cesserai, veux-tu dire, d’être en butte à la maladie, en butte aux geôliers, en butte à la mort.
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