Marine Le Pen affole la droite
En relançant le débat autour des prières de rue, la vice-présidente du FN sème aussi la discorde à l'UMP
Marine Le Pen n'a jamais caché sa désapprobation envers les dérapages de son père qui touchaient à la Seconde Guerre mondiale. « Contre-productif », disait-elle. Elle s'était même mise en congé des instances du Front national lorsqu'en janvier 2005 Jean-Marie Le Pen avait déclaré que « l'occupation allemande n'avait pas été si inhumaine ». Quelques années plus tard, en campagne pour la succession paternelle, elle préférait l'indulgence qui sied envers les vieillards incorrigibles. « Mon père, c'est un anarchiste de droite, confiait-elle cet été. Choquer le bourgeois, ça l'amuse. Il n'est pas très souple, mais ça lui a permis de durer. »
Si la fille a dérapé à son tour à propos de l'Occupation, ce n'est donc pas par obsession révisionniste, mais pour pointer par un rapprochement douteux l'immigration musulmane. Il ne s'agit d'ailleurs pas d'un dérapage, puisqu'après le tollé provoqué par ses propos, la vice-présidente du FN s'est empressée de convoquer une conférence de presse pour les réitérer. Car Marine Le Pen est en campagne et, contrairement aux apparences, cette campagne n'est pas gagnée d'avance. Elle a beau disposer d'un nom et du soutien de son père, son adversaire Bruno Gollnisch ne manque pas de soutiens, notamment chez catholiques traditionalistes et du côté de l'extrême droite radicale, courants fort bien représentés chez les militants frontistes, ceux qui votent. Si elle dispose d'une bonne partie de l'appareil, son rival peut quant à lui compter sur le soutien des hebdomadaires proches du FN, « Minute » et « Rivarol ».
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