Le choix d'un présentateur de JT pour interviewer le président laissait déjà à désirer. Mais quand le présentateur en question refuse tout ce qui peut ressembler à une confrontation, difficile de ne pas relever l'absurdité de ce choix. Quand l'amateurisme journalistique le dispute à l'impassibilité du présentateur, cela donne le «présentateurisme».
Le présentateurisme est au journalisme ce que le massage thaïlandais est à la chirurgie d’urgence. David Pujadas nous en a offert une nouvelle illustration face à sarkozy, lundi dernier. Choisir pour interroger le Président de la République l’homme-tronc du 20 heures de France 2, dont l’activité principale consiste, chaque soir, à « passer » les sujets comme on passe les plats, ne pouvait que déboucher sur le consternant exercice auquel nous avons assisté. Nous étions même en deçà de l’habituel journalisme douanier (« Qu’avez-vous à déclarer ? »), puisque David Pujadas a soigneusement évité les questions les plus simples et les plus embarrassantes sur l’affaire woerth-bettencourt. Mais c’est son impassibilité béate face aux mensonges et astuces proférés par le Président sur la fiscalité et les retraites qui confirmait que l’exercice relevait plus de la communication que de l’information que l’on est en droit d’attendre d’une chaîne de service public.
C'est que trop vrai... Pujadas tient trop à son statut pour vouloir aller chercher la petite bête dans ses questions, pour vouloir insister quand l'interviewé fait des ronds de jambes et esquive les questions...
Je serais certainement d'accord si j'avais l'intime conviction que Pujadas décide lui-même (et seul) des questions qu'il va poser à son invité.
mais je reste d'accord sur le fond.