Partout, au coeur des combats politiques fondamentaux, le sort fait aux femmes est la mesure de la démocratie. Tant il est vrai que la liberté de la femme est le critère suprême de la liberté de l'Homme.
Ce centenaire-là sera discret. Ne serait-ce que parce qu'il appelle encore cent ans de progrès. Il y a un siècle, le 8 mars 1910, la deuxième Conférence internationale des femmes socialistes lançait l'idée d'instituer une journée spécifique consacrée à la cause féminine. La proposition venait de Clara Zetkin, révolutionnaire endiablée qui demandait l'égalité des sexes, le droit de vote, le droit au divorce, l'accès à l'union libre et, ce qui n'était pas accessoire, la disparition du capitalisme.
Si le dernier objectif fut carrément raté, le reste du programme a été partiellement réalisé, même si l'on est encore loin de la phase de maturité des sociétés quant à l'équilibre des pouvoirs et des tâches entre les deux sexes, quant à un meilleur partage maternité-paternité. Le malheur veut qu'en Occident le féminisme soit devenu une sorte de catéchisme démocratique auquel doit sacrifier tout dirigeant sans que l'on évalue son degré de conviction. En France, commémoré depuis 1982, le 8 mars soulève une parfaite indifférence.
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