La diplomatie française peine à trouver sa voie face aux événements récents en Egypte et en Tunisie. Au lendemain de la grande manifestation au Caire, le président Nicolas Sarkozy a finalement emboîté le pas de son homologue américain Barack Obama, incitant Hosni Moubarak à engager un processus de transition "sans tarder".
La ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie restait quant à elle sous le feu des critiques à propos de la Tunisie.
En position d'observateur jusqu'à présent, Nicolas Sarkozy a souhaité mercredi "qu'un processus de transition concret s'engage sans tarder" en Egypte. Un communiqué qui faisait écho à l'intervention du président américain Barack Obama, quelques heures plus tôt.
"La transition en bon ordre doit être profonde, elle doit être pacifique et elle doit commencer maintenant", a déclaré Barack Obama, après un entretien téléphonique de 30 minutes avec le président égyptien Hosni Moubarak. Les Etats-Unis actent ainsi leur désolidarisation d'un allié pourtant considéré comme stratégique au Proche-Orient, l'Egypte étant le premier pays du monde arabe à avoir signé un traité de paix avec Israël, en 1979.
Le porte-parole du gouvernement François Baroin a refusé mercredi le terme de "lâchage" du président égyptien, en réponse à la question d'un journaliste. "On ne peut pas parler en ces termes", a-t-il estimé.
Lors de son discours au sommet de l'Union africaine, dimanche à Addis-Abeba en Ethiopie, Nicolas Sarkozy s'était contenté d'une phrase sur le sujet. "La France se tient avec amitié et respect aux côtés des Tunisiens et des Egyptiens dans cette période absolument cruciale, pas seulement pour ces deux pays, cruciale pour le monde", avait-il affirmé.
La veille, Paris, Londres et Berlin avaient diffusé une déclaration de principe, appelant Hosni Moubarak à "éviter à tout prix l'usage de la violence" et à mettre en oeuvre "rapidement" les réformes promises. "Le peuple égyptien a des revendications légitimes", déclaraient dans ce communiqué commun le président français Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre britannique David Cameron.
En France, seule la secrétaire d'Etat à la Jeunesse Jeannette Bougrab était allée plus loin, jugeant au cours du week-end qu'''il faut que le président Moubarak parte".... avant de se faire rappeler à l'ordre par le Premier ministre François Fillon.
Le gouvernement se montre d'autant plus prudent sur l'Egypte qu'il a dû reconnaître, il y a un peu plus de deux semaines, une "erreur de jugement" sur la situation en Tunisie, par la voix du ministre de la Défense Alain Juppé.
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