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Le nouveau gouvernement tunisien se décompose

Dernière réponse : dans Actualité

Appartenant au syndicat UGTT, les trois démissionnaires entendent ainsi protester contre la reconduction d'anciens ministres de Ben Ali. Le chef du gouvernement tunisien assure que ceux-ci ont les mains propres et que les autres seront jugés.

Le gouvernement d'union nationale formé lundi ne convainc pas en Tunisie. Mardi, les voix contestant la présence en son sein de huit anciens ministres du président déchu Ben Ali se sont multipliées. La puissante centrale syndicale UGTT, qui a joué un grand rôle dans la «révolution de jasmin», a affirmé qu'elle ne «reconnaît pas» le gouvernement, appelant ses trois représentants au gouvernement à s'en retirer. Dans la foulée, les ministres concernés ont annoncé leur démission.

De son côté, le mouvement islamiste Ennahda a également dénoncé un «gouvernement d'exclusion nationale». Dans la rue, une centaine de personnes a par ailleurs de nouveau manifesté à Tunis. À leur tête se trouvait Sadok Chourou, ancien président du mouvement Ennahda, libéré le 30 octobre après avoir passé 20 ans en prison pour ses activités politiques. «Le nouveau gouvernement ne représente pas le peuple et doit tomber. Non au RCD (le parti de Ben Ali, ndlr)», a-t-il déclaré.

Rompant avec la retenue observée la veille lors d'une manifestation similaire, les forces de l'ordre ont fait usage pour disperser les manifestants de grenades lacrymogènes et de matraques. L'état d'urgence interdit en effet toujours les rassemblements de plus de trois personnes en Tunisie.

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Au lendemain de sa formation, le nouveau cabinet a subi les démissions d'un ministre de l'opposition et de trois ministres du syndicat UGTT. Le président par intérim et le premier ministre ont quitté le parti de Ben Ali pour calmer le jeu.

Moins de 24 heures après sa formation,le gouvernement d'union nationale tunisien pourrait déjà imploser. Les démissions se succèdent mardi, suite à la reconduction de huit anciens ministres du président déchu Ben Ali. Quelques heures après le départ de trois ministres issus du puissant syndicat UGTT, le Forum démocratique pour le travail et les liberté a suspendu sa participation au nouveau cabinet. Le FDLT était un des trois partis d'opposition à Ben Ali conviés à siéger. Un de ses fondateurs Mustapha Ben Jaafar avait été nommé ministre de la Santé. «Il n'a pas prêté serment, en attendant la fin de consultations avec le premier ministre Mohamed Ghannouchi, concernant des demandes du FDLT sur la la composition du cabinet», a expliqué un dirigeant du FDLT.

Ces discussions se font en liaison avec l'Union générale des travailleurs tunisiens. L'UGTT, qui a joué un grand rôle dans la Révolution de jasmin, a lancé la fronde en appelant mardi matin ses trois représentants, le ministre de la Formation et de l'emploi, le ministre auprès du premier ministre et un secrétaire d'Etat. Leur syndicat a dans la foulée annoncé qu'il ne reconnaissait pas le nouveau gouvernement.

Pour calmer le jeu, le premier ministre, Mohamed Ghannouchi, a fait mardi soir une concession symbolique. Lui et le président tunisien par intérim, Foued Mebazaa, ont démissionné du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti de Ben Ali. La formation a aussi annoncé avoir radié le chef d'Etat déchu et six de ses collaborateurs impliqués dans «les graves événements qui ont secoué le pays». Un geste insuffisant pour la FDTL pour qui la population «veut en finir définitivement avec le RCD». De même, l'UGTT réclame toujours un gouvernement de transition sans ministre sortant.

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