Au lendemain de sa formation, le nouveau cabinet a subi les démissions d'un ministre de l'opposition et de trois ministres du syndicat UGTT. Le président par intérim et le premier ministre ont quitté le parti de Ben Ali pour calmer le jeu.
Moins de 24 heures après sa formation,le gouvernement d'union nationale tunisien pourrait déjà imploser. Les démissions se succèdent mardi, suite à la reconduction de huit anciens ministres du président déchu Ben Ali. Quelques heures après le départ de trois ministres issus du puissant syndicat UGTT, le Forum démocratique pour le travail et les liberté a suspendu sa participation au nouveau cabinet. Le FDLT était un des trois partis d'opposition à Ben Ali conviés à siéger. Un de ses fondateurs Mustapha Ben Jaafar avait été nommé ministre de la Santé. «Il n'a pas prêté serment, en attendant la fin de consultations avec le premier ministre Mohamed Ghannouchi, concernant des demandes du FDLT sur la la composition du cabinet», a expliqué un dirigeant du FDLT.
Ces discussions se font en liaison avec l'Union générale des travailleurs tunisiens. L'UGTT, qui a joué un grand rôle dans la Révolution de jasmin, a lancé la fronde en appelant mardi matin ses trois représentants, le ministre de la Formation et de l'emploi, le ministre auprès du premier ministre et un secrétaire d'Etat. Leur syndicat a dans la foulée annoncé qu'il ne reconnaissait pas le nouveau gouvernement.
Pour calmer le jeu, le premier ministre, Mohamed Ghannouchi, a fait mardi soir une concession symbolique. Lui et le président tunisien par intérim, Foued Mebazaa, ont démissionné du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti de Ben Ali. La formation a aussi annoncé avoir radié le chef d'Etat déchu et six de ses collaborateurs impliqués dans «les graves événements qui ont secoué le pays». Un geste insuffisant pour la FDTL pour qui la population «veut en finir définitivement avec le RCD». De même, l'UGTT réclame toujours un gouvernement de transition sans ministre sortant.
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