Le premier ministre ne veut pas laisser Jean-Louis Borloo préempter la question sociale. Une contre-offensive sur le terrain de son principal rival pour le poste de premier ministre.
Ne pas se laisser voler la vedette. Alors que s'achève la séquence des retraites, et à quelques semaines du remaniement gouvernemental, François Fillon a longuement livré sa vision de la réforme et du dialogue social, devant les ingénieurs et scientifiques de France, reçus mercredi à Matignon. Une contre-offensive sur le terrain de son principal rival pour le poste de premier ministre, Jean-Louis Borloo, qui se pose depuis des semaines comme «l'incarnation du dialogue social» (selon les mots de l'un de ses principaux soutiens au gouvernement, Marc-Philippe Daubresse), atout majeur pour la fin du quinquennat.
François Fillon, qui fut ministre du Travail sous Jacques Chirac (2002-2004) et revendique la paternité de la précédente réforme des retraites (2003), a voulu démontrer mercredi qu'il n'avait de leçons à recevoir de personne sur ce terrain-là. Alors que son sort à Matignon est tangent, il a défendu avec vigueur le bilan du gouvernement depuis trois ans, sans hésiter à employer la première personne du singulier. «Depuis 2007, un mouvement profond de modernisation de la France a été engagé. (…) Plus de trois années après l'élection présidentielle, j'assume notre bilan avec fierté», a-t-il lancé, sans faire référence ici au président de la République. «Je crois que les Français sauront le moment venu reconnaître que leurs intérêts sont mieux défendus par le courage que par la faiblesse», a-t-il poursuivi.
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