La France a décidé de supprimer l'affectation de gardiens dans les miradors de certaines prisons afin de faire des économies de personnel de surveillance, a annoncé le ministère de la Justice.
Comment faire des économies sur le budget de personnel des prisons ? Les membres du cabinet de Michèle Alliot-Marie ont sorti leur calculatrice et ils se sont intéressés de près... aux miradors. Un mirador, qui doit être occupé 24 heures sur 24, peut mobiliser jusqu'à sept personnes par jour, ont-ils calculé, alors que le gain sur la sécurité est jugé en général peu significatif. Il est donc préférable d'abandonner ces structures, pourtant aménagées dans les établissements neufs ouverts ces derniers mois, afin de favoriser d'autres tâches et de dégager des moyens, a expliqué le cabinet à des journalistes. Ce projet ne concerne toutefois pas l'ensemble des miradors de toutes les prisons mais pourra être modulé selon les impératifs locaux, a précisé le ministère dans la journée. Le but est d'économiser environ 200 postes de travail.
Mais le projet est critiqué par les syndicats de l'administration pénitentiaire qui, moins que des évasions, craignent que les trafics de l'extérieur vers l'intérieur des prisons soient favorisés par la suppression de cette surveillance. Céline Verzeletti, responsable de la CGT-Pénitentiaire, assure que le fait de ne plus surveiller l'extérieur des murs, d'où les proches des détenus jettent selon elle fréquemment dans les cours drogue, alcool, nourriture, téléphones portables, armes, argent et vêtements à l'intention des leurs proches peut générer des problèmes. "Déjà qu'on n'arrive pas à assurer une sécurité maximale à l'intérieur comme à l'extérieur des prisons, ça risque de ne pas arranger le problème de faire des économies de personnel", a-t-elle déclaré.
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