On gâte tout le monde et on ne fâche personne. Hier, en inaugurant l’exposition du Grand Paris à la Cité de l’architecture et du patrimoine, Nicolas Sarkozy a adopté la position du père Noël. Son discours a été un catalogue de cadeaux. Et son ton, l’amabilité même. Rien à voir avec la menace d’une communauté urbaine obligatoire qu’il brandissait en père Fouettard en juin 2007.
Pendant les mois qui ont suivi, le Président a été aux abonnés absents. Ne fournissant aucune réponse financière aux projets de transports collectifs de la région Ile-de-France. Et faisant traîner nombre de participations de l’Etat à divers budgets des collectivités. Son secrétaire d’Etat à la Région Capitale, Christian Blanc, adoptait la même attitude. Résultat, en face, les élus, de gauche en particulier mais pas seulement, étaient sur les nerfs. Fin 2008, quand le rapport Balladur commandé par le chef de l’Etat a préconisé la fusion-disparition des quatre départements centraux, l’exaspération a atteint son comble.
Durant une quarantaine de minutes, le chef de l'Etat a détaillé les grands axes de ce projet qui a pour lui «une importance capitale»: architecture, transport, logement... Le tout étant placé sous la houlette de Christian Blanc, secrétaire d’Etat à la Région Capitale. Et le Président veut faire vite: le chantier devra démarrer «avant 2012», avec comme objectif de «faire le Grand Paris en dix ans».
35 milliards d'euros
Mais il faut aussi, selon lui, compléter le réseau: prolonger la ligne 14, créer une liaison rapide Roissy-gare du Nord... Et, c'est l'un des grands points du volet transport, créer un un «nouveau système» pour relier, en boucle, les grands points de polarité, sur 130 km. Ce supermétro sera «si possible aérien, rêvons qu'il soit une vitrine mondiale de notre savoir-faire en matière de transport». Ce «grand huit» (21 milliards d'euros) reliera des pôles d'activité (Roissy, Orly, La Défense, Saclay, Massy, Clichy-Montfermeil, Noisy, grand hub multimodal à Saint-Denis/Pleyel...) et les principaux centres d'habitat.
Le financement de l'opération, que le chef de l'Etat chiffre à 35 milliards en tout, reposera sur «des investissements» mais aussi sur «la valorisation du foncier», «l'augmentation de la fréquentation des transports en commun» et les partenariats public-privé.
Un projet de loi sera déposé en octobre qui fixera les «modalités de maîtrise d'ouvrage des structures juridiques, et de modalités de financement».
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