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Nicolas Sarkozy et les crises (Palestine, Afghanistan, Iran)

Dernière réponse : dans Actualité

Le mercredi 26 août, le président de la République Nicolas Sarkozy est intervenu, comme en 2007 et en 2008, devant la conférence des ambassadeurs. Son long discours de politique étrangère mérite quelques remarques.

D’abord, ce qui le caractérise, c’est le volontarisme. C’est depuis longtemps un des atouts du président, affirmer que les politiques peuvent changer les choses, peuvent agir. Par rapport au discours des années précédentes, fait de passivité et de résignation, il y a une avancée. Autre chose est de savoir si cette avancée correspond à des actes...

Autre point positif, l’abandon de toute référence à l’Occident. Ce terme qui avait été employé pour la première fois depuis très longtemps par le président dans son discours de l’été 2007 est désormais abandonné. Et cela est, évidemment, positif.

Ce qui l’est moins, mais il fallait s’y attendre, c’est la reprise du discours sur la réintégration des structures militaires de l’OTAN.

« C’est dans cet esprit également que la France a rejoint les structures militaires de l’Alliance atlantique. Avec une France qui prend toute sa place dans l’OTAN, ce sont les Européens qui sont plus forts dans l’Alliance. Dans quelques jours je recevrai le nouveau Secrétaire général de l’OTAN ; et le général Abrial prendra la tête de l’un des deux grands Commandements stratégiques alliés, celui de la transformation de l’Alliance. L’enjeu est majeur : il s’agit de construire l’Alliance transatlantique dont nous aurons besoin pour les prochaines décennies. Le débat est engagé. Il doit aboutir d’ici un an.

La France a maintenant les moyens de peser de tout son poids dans ce débat central pour notre sécurité. Qui pourrait comprendre qu’au moment où l’on rénove l’Alliance, la France n’y occupe pas toute sa place ? Et qui peut penser qu’une France en dehors aurait plus d’influence qu’une France à l’intérieur ? Et qui peut penser que l’on peut renforcer le pilier européen de l’Alliance sans la France ? »


Questions purement rhétoriques puisque, contrairement à ce qu’il avait affirmé, la France a réintégré les structures militaires sans obtenir la moindre garantie sur la création d’un pôle européen de défense. Quant à l’influence de la France dans l’OTAN, on peut la mesurer sur l’Afghanistan (lire plus bas).

Nicolas Sarkozy revient ensuite dans son discours sur les trois conflits majeurs du Proche-Orient.

« Je voudrais cependant dire un mot du conflit du Proche-Orient. Je conteste l’idée que ce serait un conflit régional. Ce conflit concerne le monde entier et il est temps de régler ce conflit. Chacun connaît parfaitement les paramètres de la paix et le chemin qui y conduit est balisé. Là aussi, il ne faut plus attendre. Attendre quoi ? Plus de morts ? Plus de souffrance ? Qui pourrait dire, ici comme ailleurs, que dans quelques années la solution sera plus simple ? Et est-ce que l’on n’a pas suffisamment attendu ?

Je recevrai début septembre le Président Mahmoud Abbas pour l’encourager à accélérer la rénovation des structures qui, demain, seront en charge de l’Etat palestinien. Parce que la France soutient la création d’un État palestinien. C’est un élément fort de la politique française et sur lequel nous ne reviendrons pas.

Et je souhaite que la rencontre, aujourd’hui même, entre le Premier Ministre d’Israël et l’envoyé du Président des Etats-Unis débouche. Débouche sur quoi ? Chacun connaît mon amitié pour Israël, et je le dis comme je le pense : débouche sur un gel précis et complet de la colonisation. Les vrais amis d’Israël doivent lui dire la vérité. La vérité, c’est qu’il n’y aura pas de paix avec la poursuite de la colonisation. Alors cela peut plaire ou ne pas plaire, mais quand on est un ami, on est un ami exigeant et un ami franc. Israël n’est pas seul. Nous n’accepterons pas que sa sécurité soit mise en cause, mais nous avons aussi le droit de dire que c’est une erreur de penser qu’on peut continuer un processus de colonisation et espérer la paix. Et là aussi, tout ceci doit être fait sans ambiguïté. »


Deux remarques : pourquoi cette fermeté sur la colonisation, alors que, jusqu’ici, la France faisait profil bas sur cette question. Est-ce le fait que le président Obama ait haussé le ton qui autorise la France à le faire aujourd’hui ? On aimerait savoir quelles pressions réelles exerce Paris pour obtenir ce gel...

D’autre part, ce renvoi dos-à-dos des Palestiniens et des Israéliens occulte le fait que l’un est un occupant, l’autre un occupé. Jamais le président, depuis son élection, n’a utilisé le terme d’occupation...

« Si des progrès sur l’arrêt de la colonisation sont faits, la France et l’Egypte, en accord avec la Présidence suédoise de l’Union Européenne et en concertation avec les Etats-Unis, proposerons à tous les pays membres de l’Union pour la Méditerranée, de tenir cet automne un deuxième sommet qui accompagnerait la reprise des négociations de paix dans leurs trois volets. »

Si, sous une forme ou une autre, le gouvernement israélien consent finalement à arrêter la colonisation (ce qui sera pratiquement impossible à mettre en oeuvre, le secteur privé pouvant continuer à construire et les vérifications sur le terrain étant bien difficiles), il faudra, disent Barack Obama et Nicolas Sarkozy, « récompenser » Israël... Il faudra que les pays arabes fassent des gestes en retour... Or le seul obstacle à la paix c’est l’occupation ; le problème n’est pas l’arrêt de la colonisation, mais le démantèlement des colonies, comme l’explique très bien Geoffrey Aronson. « A Settlement Freeze . . . Or More of the Same » (Foundation for Middle East Peace, juillet-août 2009). Et le retour aux frontières de 1967...

Il fut un temps où la France parlait d’une voix forte sur la question palestinienne, rappelait les principes de l’ONU, ouvrait la voie du dialogue avec l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) dénoncée comme terroriste par les Etats-Unis et Israël. Ce temps est révolu. Paris est, au mieux, à la traîne de Washington... Sauf sur le dossier iranien où nous nous caractérisons par l’extrémisme de notre position.

Nicolas Sarkozy aborde ensuite la crise iranienne.

« Le temps n’est pas notre allié non plus dans les deux crises de prolifération nucléaire et balistique : l’Iran et la Corée du Nord. Elles se développent sous nos yeux, jour après jour, et si nous n’agissons pas, d’autres risquent de suivre. On ne pourra pas dire que nous n’étions pas prévenus !

En Iran en particulier, la crise politique a fait oublier que pendant la répression, la prolifération continue : il y a toujours plus de nucléaire militaire, toujours plus de tests de missiles, et il n’y a jamais eu aussi peu de négociation.

Ce sont les mêmes dirigeants, en Iran, qui nous disent que le programme nucléaire est pacifique et que les élections ont été honnêtes. Qui peut les croire ?

Le choix des dirigeants, c’est la responsabilité du peuple iranien. Mais empêcher la prolifération, c’est la nôtre. Le Président Obama a pris la décision juste de tendre la main et de se joindre aux Européens, aux Russes et aux Chinois. Les six sont prêts à s’asseoir demain autour de la table. Mais pour cela, il faut un interlocuteur qui soit prêt à négocier sérieusement. Or aujourd’hui, disons les choses telles qu’elles sont, avec la même franchise, car on ne peut pas être franc avec les uns et hypocrite avec les autres, nous n’avons reçu aucune réponse positive à nos propositions. Aucune.

Nous ferons le bilan d’ici fin septembre, puisque nous serons tous à New York fin septembre. Et si l’Iran ne change pas de politique, la question du renforcement très substantiel des sanctions sera clairement posée.

La France soutiendra des sanctions économiques sévères, à la hauteur de l’enjeu, au Conseil de sécurité et au Conseil européen. Et la France proposera de doter l’AIEA de pouvoirs d’inspection renforcés pour des situations de ce type. On n’a pas le droit de se taire devant la crise qui s’organise. »


Depuis plusieurs années, la position française sur l’Iran se caractérise par sa « fermeté » ; depuis l’élection d’Obama, on sent à Paris une grande inquiétude face aux gestes d’ouverture du président américain. Et le président Sarkozy semble oublier que les Iraniens avaient accepté en décembre 2003 de mettre en oeuvre le protocole additionnel du Traité de non prolifération (TNP), un protocole que peu d’Etats ont signé et qui permet à l’AIEA des inspections musclées. Une réelle percée semblait alors possible et c’est l’intransigeance des Etats-Unis qui avait, en grande partie, fait échouer les négociations. Et, en 2005, la France se ralliait à Washington pour demander le gel de tout enrichissement d’uranium par l’Iran (enrichissement, il faut le rappeler, autorisé par le TNP).

Rappelons que les services de renseignement américains ont affirmé en 2007 qu’il n’existait plus de programme militaire nucléaire iranien. Et Mohammed El-Baradei, directeur général de l’AIEA, a déclaré le 1er septembre, que la menace nucléaire iranienne était « exagérée ».

Téhéran a annoncé, ce même 1er septembre, que son pays avait mis au point des propositions sur la question nucléaire et qu’elles seraient remises dans les prochains jours aux membres du groupe dit des 5+1 (Etats-Unis, Chine, Grande-Bretagne, Russie, France, Allemagne) (lire, par exemple, l’article de Thomas Erdbrink, « Iran Ready For Talks, Says Nuclear Negotiator Revised Proposals Offered to Address West’s Concerns » (The Washington Post, 1er septembre).

Plutôt que jouer la carte de la négociation, la France préfère le langage militaire, au sens propre du terme, comme le prouve l’ouverture de sa base dans les Emirats arabes unis.

Dans un intéressant article paru dans le New York Times (14 août), « Throwing Ahmadinejad a Lifeline », Hossein Askari and Trita Pars affirment que la mise en oeuvre de fortes sanctions seraient une bouée de sauvetage pour le président Ahmadinejad.

« Je tiens à saluer ici notre Ambassadeur en Iran, Bernard Poletti, que j’ai élevé à la dignité d’Ambassadeur de France. Il fait honneur à la France par son courage, par l’acuité de ses analyses, par la défense vigoureuse de nos intérêts et de nos compatriotes. Je pense à la scandaleuse prise d’otage de deux de nos compatriotes, car, s’agissant de l’une des deux, pour moi être binationale, c’est être française. »

Peut-on rappeler ici le sort de Salah Hamouri, un franco-palestinien dont Paris ne semble pas du tout considérer qu’il est aussi français... Malgré l’amitié de Nicolas Sarkozy pour le gouvernement israélien, le gouvernement français a été incapable d’obtenir la libération du jeune homme et sa mise en liberté alors qu’il a accompli une partie importante de sa peine.

Enfin, le président revient sur l’Afghanistan.

« Le temps qui passe n’est pas non plus notre allié face au terrorisme international.

En Afghanistan, je partage l’analyse de Bernard Kouchner : la campagne électorale s’est bien déroulée, en dépit des pires menaces. En votant, les Afghans ont dit non à la barbarie et au terrorisme. Aller voter, c’est aller mettre votre doigt dans l’encre indélébile quand des gens à longueur de journée vous disent que ceux qui auront de l’encre sur les doigts, on leur coupera la main…Et les talibans sont crédibles quand ils disent cela compte tenu de ce qu’est leur bilan. Et malgré cela, des millions de gens se sont rendus aux urnes. Ils méritent qu’on les aide. Dans l’attente des résultats, la France appelle les candidats et leurs partisans à faire preuve d’un très grand sens des responsabilités. »


Le président ne dit pas un mot sur l’ampleur du trucage des élections. Il ne dit pas non plus un mot sur les révélations de la presse américaine concernant l’usage par les Etats-Unis de la torture dans des camps de prisonniers en Afghanistan. Ne sommes-nous pas en partie responsables de ce que font nos alliés américains dans ce pays ?

Il est vrai que, contrairement à ce qu’affirme le président, nous ne pesons pas grand chose et que seuls les Etats-Unis définissent leur stratégie et celle de l’OTAN en Afghanistan.

Imaginons, ce que signifierait le départ de la France ou des alliés : la constitution d’un véritable Etat terroriste, à côté du Pakistan qui a l’arme nucléaire et compte près de 200 millions d’habitants. Est-ce cela que le monde veut ? En tout cas, ce n’est pas ce que veut la France. Bien sûr, qu’il y a bien des choses à changer, à faire évoluer, bien des problèmes. Mais, les valeurs de la France la conduisent à aider les gens qui veulent la dignité de la femme, qui veulent la liberté et qui cheminent, si douloureusement quand on connaît ce pays, vers cet objectif. On n’a pas le droit d’être faible face à la menace. »

L’argument est étrange et rappelle celui utilisé par les Etats-Unis au Vietnam, la fameuse théorie des dominos : si le Vietnam tombe, c’est toute l’Asie qui tombera dans les mains des communistes. En réalité, c’est l’intervention américaine et occidentale en Afghanistan qui alimente les extrémismes... Et on commence à entendre des voix aux Etats-Unis pour expliquer qu’il faudrait quitter l’Afghanistan. Là aussi la France devrait donner l’exemple en se retirant... Les peuples, quels qu’ils soient, ne veulent pas être dirigés par des étrangers...

« La France restera fermement engagée, avec ses Alliés, aux côtés du peuple afghan. Elle achèvera cette année le transfert des responsabilités de sécurité de la région Centre aux autorités afghanes. Elle concentrera des moyens civils et militaires dans les districts de l’Est, avec pour objectif de les stabiliser en deux ans.

Nous voulons travailler la main dans la main avec la société civile afghane : j’inviterai dans les prochains mois des femmes afghanes engagées dans la reconstruction de leur pays pour qu’elles viennent témoigner et recevoir le soutien des Français. »


Les femmes afghanes, une fois de plus, servent de prétexte à des opérations coloniales. Nous aimons apporter la civilisation au monde... Et bombarder les populations pour mieux les libérer...

http://blog.mondediplo.net/2009-09-02-Nicolas-Sarkozy-e...
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A long post, je réponds par un autre long post qui sera en partie technique donc rébarbative..
Citation :
Questions purement rhétoriques puisque, contrairement à ce qu’il avait affirmé, la France a réintégré les structures militaires sans obtenir la moindre garantie sur la création d’un pôle européen de défense. Quant à l’influence de la France dans l’OTAN, on peut la mesurer sur l’Afghanistan (lire plus bas).

Citation :
Enfin, le président revient sur l’Afghanistan.(...)
Il est vrai que, contrairement à ce qu’affirme le président, nous ne pesons pas grand chose et que seuls les Etats-Unis définissent leur stratégie et celle de l’OTAN en Afghanistan.

Il y a 2 volets dans les opérations actuellement menées en Afghanistan.

L'opération strictement US Enduring Freedom (traque des chefs islamistes/terroristes) auxquelles participe l'armée de l'air française notamment, via des frappes; et l'armée de terre. C'est, côté français, l'opération Epidote.
Toutefois, les Mirage 2000D actuellement déployés là-bas sont tout bonnement considérés comme les pires appareils d'attaque au sol/appui au sol, y compris par les forces engagées au sein de l'ISAF.

Très faible capacité d'emport, technologie non adaptée en ce qui concerne l'appui au sol (ça concerne la désignation/acquisition de cibles pour faire court).

Quant aux Rafale, s'ils sont bien plus "performants" à ce niveau (j'emploie les guillemets car on parle de largage de bombes sur des humains, aussi islamistes soient-ils), ils ne sont que 3 et souffrent eux aussi de lacunes en matière d'acquisition de cibles.

L'armée de terre du dispositif Epidote intervenant elle dans la formation de l'armée afghane chargée de traquer les talebs.

Toujours est-il qu'en ce qui concerne Enduring Freedom, la France est totalement sous commandement US.
Même s'il est arrivé que les pilotes français se soient signifié par des refus de tir, lorsqu'ils ont considéré que les cibles désignées n'étaient pas clairement reconnues comme hostiles (il fut un moment où les Afghans eux-mêmes pouvaient cibler, ce qui dans le contexte de l'Afghanistan, morcelé entre les ethnies, pouvaient conduire à des règlements de compte et donc des drames civils..).
Mais Enduring Freedom n'est pas sous mandat OTAN.



Second volet, dans le cadre de l'ISAF, sous mandat OTAN, les opérations françaises là aussi se déclinent en plusieurs volets (opération Pamir):
- le GTIA Kapisa (Groupement tactique interarmes de la région Kapisa), avec un contingent français interarmes (blindés, infanterie, artillerie, génie) chargé à lui seul de la région Kapisa.
Ce sont actuellement des unités de la 9ème Brigade légère blindée de marine qui en ont la charge depuis le 15 juin dernier.

Ce GTIA Kapisa est placé sous les ordres directs du Regional Command East, américain.

- le BATFRA, dispositif en place à Kaboul sous autorité du Regional Command Capital, sous commandement français; et composé des unités de la la 6ème Brigade légère blindée.

Il est question que le BATFRA aille rejoindre dès septembre le GTIA Kapisa, et que soient unifiées les forces françaises, sous commandement français.

- les équipes OMLT (formation des forces de sécurité afghanes - armée + police + gendarmerie)
Leur action a permis du reste à la région de Kaboul de bénéficier du 1er transfert d'autorité aux forces afghanes.
Ce qui explique que le mandat français s'achève à Kaboul, et que soit délocalisé dans une autre région le dispositif français.


En ce qui concerne les opérations menées sous mandat OTAN (ISAF avec côté français l'opération Pamir), la France a donc obtenu le fait de placer le contingent français sous commandement exclusivement français.
Avec doctrines françaises.


Du reste, le commandement américain vient de pondre une nouvelle doctrine, qui se rapproche - enfin - de la doctrine adoptée depuis le départ par le commandement français.
Càd amélioration des contacts avec la population et limitation de la bunkérisation des soldats, plutôt que la traque des rebelles mêmes si cette mission doit rester à l'esprit des stratèges (il semble qu'avec les Ricains se soient tout ou rien, puisque cette nouvelle doctrine occulte désormais la traque des rebelles alors qu'elle était jusqu'ici le leitmotiv 1er)..

Côté talebs, ça s'adapte également puisque les talebs ont reçu comme consigne de ne plus organiser d'attentats parmi la population; attentats qui s'avèrent très mal vus par la population afghane.


Gagner les coeurs, une doctrine française qui a fini par gagner les Ricains, et.. les talebs qui se sont mis à pondre des directives visant à empêcher les attentats-suicides au sein des populations.
Car les talebs, comme les Ricains, ont compris tout l'enjeu de s'assurer du soutien des populations.


Quant aux talebs pakistanais, la fusillade en pleine réunion censée désigner le nouveau chef des talebs pakistanais - suite à la mort du chef des talebs pakistanais lors d'une frappe aérienne US - révèle le climat de tensions extrêmes existant au sein des talebs.



Sinon, la France a obtenu 2 postes d'importance dans le commandement de l'OTAN.
- le Joint HQ de Lisbonne (PC Interarmées), chargé de conceptualiser et imprimer les futures doctrines de l'OTAN, domaine jusqu'ici exclusivement américain
- l'Allied Command Transformation de Norfolk, que les Britanniques n'ont jamais pu obtenir malgré leur fidélité aux USA


Citation :
Nicolas Sarkozy revient ensuite dans son discours sur les trois conflits majeurs du Proche-Orient.
(...)
Deux remarques : pourquoi cette fermeté sur la colonisation, alors que, jusqu’ici, la France faisait profil bas sur cette question. Est-ce le fait que le président Obama ait haussé le ton qui autorise la France à le faire aujourd’hui ? On aimerait savoir quelles pressions réelles exerce Paris pour obtenir ce gel...

Sarkozy, dans son programme présidentiel - qui date de 2006/2007 à une époque où Obama était un parfait inconnu chez nous - avait abordé le volet international en général et le dossier israélo-palestinien en particulier.
Sa position était claire, et l'est toujours. Deux états viables, concessions côté israélien; même si son point de vue reste quand même plutôt pro-Israël.

La France avait par contre été vivement critiquée par l'UE lorsqu'elle avait pris des contacts discrets avec le Hamas en mai 2008, alors que les relations avaient été interrompues en juin 2007 suite au coup de force du Hamas qui avait chassé le Fatah de Gaza.

Un mois plus tard, en juin 2008 (Obama était encore en pleine primaires), Sarkozy se fendait d'un discours à la Knesset, où il réclamait le gel de la colonisation, le retour aux frontières de 1967.

Par ailleurs, si Obama s'était montré plutôt modéré sur le dossier israélo-palestinien durant les primaires, contrairement à son adversaire Clinton, farouchement sioniste, dès son accession au poste suprême, Obama avait assuré Israël du soutien indéfectible des USA, avait rencontré le puissant lobby sioniste AIPAC et a même rallongé pour les années à venir les crédits militaires en faveur d'Israël.


Citation :
D’autre part, ce renvoi dos-à-dos des Palestiniens et des Israéliens occulte le fait que l’un est un occupant, l’autre un occupé. Jamais le président, depuis son élection, n’a utilisé le terme d’occupation...

Paradoxalement, c'était Bush père qui avait parlé le 1er d'occupation.
Sarkozy, lui, parle tout de même de colonisation - et de son gel, voire même du retrait des colonisations.




Citation :
Nous voulons travailler la main dans la main avec la société civile afghane : j’inviterai dans les prochains mois des femmes afghanes engagées dans la reconstruction de leur pays pour qu’elles viennent témoigner et recevoir le soutien des Français. »

Les femmes afghanes, une fois de plus, servent de prétexte à des opérations coloniales. Nous aimons apporter la civilisation au monde... Et bombarder les populations pour mieux les libérer...
[/i]
Je regardais avant-hier soir l'émission de Frédéric Lopez RDV en terre inconnue, avec comme invité Gilbert Montagné.

Le périple s'est accompli dans l'Himalaya (ils sont même partis du terminal où je bosse; j'ai reconnu des agentes d'escale!!).


Les 2 compères sont partis à la rencontre d'un village complètement isolé à 4.500m d'altitude et plus particulièrement d'une femme, Dolma, infirmière.
Elle ne l'a pas toujours été; avant, non instruite, elle était condamnée à garder les yacks et à les mener dans les très élevés pâturages.
Autant dire que ce n'est pas une vie facile, malgré la joie de vivre que ces populations affichent.

Un jour quelqu'un lui a filé un bouquin et lui a enseigné des rudiments de lecture et, seule dans les pâturages, elle a appris à lire, écrire.
Ce qui lui a permis de devenir infirmière.

Ses enfants, elle bosse dur pour les envoyer à l'école. Sauf que celle-ci se trouve en contrebas dans la vallée, et, 8 mois par an, elle ne les voit pas puisque la neige bloque toute voie de communication.
Pourtant, malgré la peine de ne les voir qu'épisodiquement et malgré la tentation de les garder auprès d'elle, elle sait qu'ils auront un meilleur avenir en étudiant.


J'ai aussitôt pensé à l'Afghanistan.

Chez nous, l'instruction est une obligation.
Ailleurs, ils n'ont même pas ce luxe et sont donc condamnés à une existence, pénible et précaire.
Je ne comprends donc même pas que certains puissent voir dans l'intervention otanienne - qui a hélas certes ses aspects sombres - une forme de néocolonialisme, tout en se proclamant défenseurs des droits de l'Homme et humanistes.


Ce n'est que par l'instruction qu'un peuple peut s'élever de sa condition et peut détenir les outils pour se libérer du joug sous lequel il est placé.
Et notamment par l'instruction des fillettes et des femmes.

Partons, et:

- laissons les talebs reconquérir les zones qu'ils ont dû abandonner
- laissons-les massacrer et s'en prendre à la population qui auront soutenu la coalition USA&co + Alliance du Nord, dès les 1ères heures de traque aux talebs
- laissons-les empêcher les Afghans d'envoyer à l'école les enfants qui deviendront les adultes de demain
- laissons les chefs de l'islam radical continuer à se servir de l'Afghanistan/Pakistan comme de bases arrières

Je ne parle même pas du cas des femmes.

L'article m'a paru intéressant, ta réponse l'est aussi.

Pour les Afghans, je ne soutiens pas la thèse du Diplo.

Dans la mesure où si l'on se tire, ça sera sans doute pire, Néanmoins, on voit que les élections qui viennt de se dérouler sont un Fiasco (tx de participation, fraude), notre travail là bas est inefficace, il est difficile et le terrain demande en partie d'y avoir vécu longtemps pour s'y sentir à l'aise.

Nos troupes débarquent quand même dans inconnue.

Les soviétiques y sont restés 10 ans sans succès, nous y somme depuis 2001 et on ne voit pas d'amélioration, nous formons ceux qui tuent nos soldats.

Regler ce problème me semble très compliqué dans la mesure où en restant sur place on alimente les talibans, si on part ils prendront peu à peu le contrôle du pays, comme cela se fait en Somalie depuis l'échec de Clinton pour redoré le pays dans les 90's.

Au niveau d'Israël, on voit quand même que notre position est loin d'être équitable, les lobbies sionistes sont trop fort, plus fort que les politiques ...

Enfin au niveau iranien, apparemment, leur nucléaire ne serait que civile et c'est nous qui en ferions trop, en en faisant trop, on permet aussi aux conservateurs d'Amadinehdjad de garder le pouvoir, car même s'il y a eu fraude, 'jai peine à croire qu'elle est été assez massive pour empêcher Moussavi d'accéder au pouvoir.

Mousavi avait deux villes, l'autre avait le reste du pays.
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