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Sarko étrenne ses nouveaux pouvoirs et nomme Hees à Radio France

Dernière réponse : dans Actualité

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Le 1er avril, ça aurait pu passer pour un poisson. Va pour le 2, alors. C’est aujourd’hui que va être officiellement annoncé par l’Elysée le nom du successeur de Jean-Paul Cluzel à la tête de Radio France : c’est Jean-Luc Hees. A 57 ans, Hees a fait la majeure partie de sa carrière à Radio France où il est entré en 1972. Il a fait de l’antenne, a été correspondant avant de devenir patron de France Inter d’où il est viré en 2004 par… tadaaa… Jean-Paul Cluzel, qui a appris hier officiellement son funeste sort.

Mandat. Le secret du choix de Nicolas Sarkozy, puisque c’est lui qui nomme désormais les patrons de l’audiovisuel public, était éventé depuis plusieurs semaines déjà (Libération du 19 mars). Pour que Hees remplace Cluzel à l’issue de son mandat le 12 mai, l’Elysée va, dès aujourd’hui, via le secrétaire général du gouvernement, transmettre son nom au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) pour avis. Celui-ci peut s’y opposer, mais il y a fort à parier que ce ne sera pas le cas, la totalité des conseillers ayant été nommés par la droite. Le CSA, dont le rôle se réduit désormais à regarder passer les présidents de l’audiovisuel public, auditionnera Jean-Luc Hees puis rendra son avis. Ce sera ensuite au tour des commissions des affaires culturelles de l’Assemblée nationale et du Sénat de se prononcer. Là, pour dire non, ce sera encore plus coton qu’au CSA : un refus du choix présidentiel doit être soutenu par la majorité des trois-cinquièmes, ce qui voudrait dire qu’une bonne partie de l’UMP devrait s’allier au PS.

Et d’ailleurs, l’opposition souhaitera-t-elle le faire ? Car ce n’est pas un de ses fidèles patentés que le président de la République place à la tête de Radio France, Hees n’étant «ni de droite, ni de gauche» conformément aux vœux de Sarkozy qui souhaite faire taire là les accusations de retour à l’ORTF. Mais le procédé est tout de même un peu grossier. Car si, à Radio France, la nomination attendue de Jean-Luc Hees ne déclenche pas de crise d’urticaire (pas plus que de cris de joie d’ailleurs), l’éviction de Jean-Paul Cluzel laisse songeur.

Aveu. Et au fait, puisque Nicolas Sarkozy, pour défendre ce nouveau mode de nomination directement par l’exécutif, dit «passer d’un système d’hypocrisie totale à un système de transparence totale», il serait intéressant qu’il s’applique cette «transparence totale» et explique les motifs du remplacement de Cluzel. A-t-il démérité ? Son bilan est plutôt correct, de l’aveu même des syndicats de la Maison ronde. Est-ce sa vieille étiquette chiraco-juppéiste qui dérange ? Seul reproche de Sarkozy à Cluzel et exprimé en public devant plusieurs journalistes : Stéphane Guillon - dont les chroniques vraiment trop méchantes (notamment sur la facette coureur de guilledou de Dominique Strauss-Kahn) sur France Inter ont déclenché l’ire présidentielle. A en croire le Canard enchaîné, le président de la République n’aurait pas non plus goûté le calendrier d’Act Up pour lequel Jean-Paul Cluzel a posé torse nu au début de l’année. Voilà Jean-Luc Hees averti de la mission qui l’attend : éviter de poser en petite tenue et limer les crocs de Guillon.


http://www.liberation.fr/medias/0101559738-jean-luc-hee...

C'est tout de même surprenant de virer le PDG d'une entreprise qui gagnait de l'audience depuis 5 ans ...
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Rien de surprenant, celui qui part fait de moins bonnes pipes au président que celui qui prendra sa place... Tout est une question de technique, c'est la transparence absolue. Et contrairement à Clinton, peu de chance que Hees garde ses robes tachées...
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