Se connecter avec
S'enregistrer | Connectez-vous

alors vous en pensez quoi ?

Dernière réponse : dans Actualité

Bonjour ! :) 

je viens d'achever une étude de texte en philo et je voulais savoir ce que vous en pensiez :] voila, c'était un extrait du Manuel d'Epitecte ! ( ps : l'intro n'y est pas ! )


Si l’on observe le texte dans son ensemble, on remarque qu’il se divise en deux parties, chacune porteuse d’un argumentaire spécifique. L’extrait s’ouvre sur une question dont la réponse affirmative est imposée au lecteur, révélatrice du ton injonctif qu’emploie Epitècte dans ce texte : «  Veux tu vaincre aux J.O ? » Cependant nous remarquons que rapidement après y avoir répondu, l’auteur oppose un « mais » souligné par sa position en début de phrase. Il invite alors son interlocuteur à se pencher sur ce qu’il nomme les « tenants et les aboutissants » autrement dit tout ce qui gravite autour de la problématique, tout ce qui entre en corrélation avec son dénouement : les motivations, comme les conséquences. Si nous extrapolons cet exemple du sport à une sphère plus large de la société, le philosophe estime dire donc que cette réflexion sur nos actes et engagements est nécessaire. C’est la première condition à laquelle les choix du sportif et plus généralement de l’individu doivent être soumit avant chaque décision. Une fois cette étape franchie, il s’agit ensuite de s’investir pleinement et sérieusement dans l’accomplissement de nos ambitions, d’ailleurs l’expression employée par Epitecte révèle nettement les caractéristiques dont doivent jouir nos actes, puisqu’il parle de «se mettre à l’œuvre ». Commence alors une longue énumération, renvoyant le lecteur à l’effort de réflexion évoqué au début de l’extrait. L’auteur y détaille les sacrifices physiques auxquels l’athlète doit consentir que sont les entraînements, la rigueur alimentaire, l’endurance au froid comme à la chaleur ou encore le renoncement aux plaisirs de la fête. Epitècte termine judicieusement cette énumération en invoquant des notions, certes plus abstraites, mais également plus sensibles pour son interlocuteur , ainsi termine t-il en citant l’humiliation : «  recevoir le fouet «  et la sentence finale : la défaite, anéantissement total des efforts cités auparavant, mais également perte de sa fierté comme de sa motivation puisque la phrase s’achève sur ce même terme «  vaincu » comme étant la fin définitive et irrévocable d’une carrière sportive dont la préparation était pourtant parfaite. On peut tout de même s’interroger sur les raisons qui poussent l’auteur à n’envisager la situation que sous son aspect le plus rugueux et le plus cruel. Dans le cadre de ce texte c’est un moyen pour Epitecte de jauger la motivation et le courage de son interlocuteur. En effet, la prise en considération des multiples contraintes que nous impose un objectif suffit parfois à nous décourager et à modifier la nature de ce dernier, ainsi convient il de bien observer les exigences de chaque situation, et après seulement, de s’investir dans un projet. D’un point de vue plus concret, ce regard pessimiste permet, si difficultés il y a , de mieux les appréhender pour les avoir considérées à tête reposée, et non emporté dans le flot de l’action.

Observons maintenant la seconde partie de l’extrait, Epitecte y reprend le principe évoqué au début du texte selon lequel nous devons soumettre nos choix au contrôle de la raison si l‘on veut que ceux ci aient une valeur. Si après avoir soumit nos ambitions à ce scanner, nos motivations restent inchangées, alors l’auteur estime qu’il est temps de «  travailler à devenir athlète », ici aussi l’expression est lourde de sens, il est évoqué la notion de travail, mais aussi et surtout il faut DEVENIR athlète, cela doit entrer dans notre constitution profonde, non pas comme une partie de nous, mais comme l’expression de notre être tout entier, comme l’abandon total de notre âme à la condition de sportif. Epitecte entame alors un raisonnement volontairement inversé par l’utilisation du « sinon » , partant du principe que l’interlocuteur n’a pas «  tout envisagé » et qu’il se lance dans l’action sans réflexion préalable. Beaucoup de comparaisons sont employées, trahissant la perte de son unicité pour l’interlocuteur par l’assimilation systématique à d’autres sujets. Cela en opposition à l’état d’athlète, symbole pur de la cohésion entre l ‘individu et les ambitions qui l’animent. Mais au-delà de la simple perte de son identité, Epitecte va jusqu’à faire perdre à son interlocuteur sa qualité d’adulte responsable et autonome puisqu’il le compare à un enfant qui, lui, joue par opposition aux valeurs de travail précédemment défendues par le philosophe. Epitecte essaie de souligner l’aspect instable et versatile des comportements propres à l’enfance. Mais au-delà de cette régression sociale, c’est un régression biologique qui est imposée à l’individu auquel il s’adresse car le voila comparé à un singe l.11, miroir insipide du monde qui l’entoure : «  tu imites tout ce que tu vois » On remarque ainsi, que tout au long de ce second paragraphe, il impose une dérive qui passe par la perte de son statut dans la société avec le retour à l’enfance, puis la perte de son statut au sein de l’humanité même avec le passage à l’état animal. Le caractère infini de ce type de déclin étant lui souligné par l’utilisation d’adverbes tels que «  successivement » ou encore « constamment » Le second paragraphe du texte permet également à l’Auteur d’exposer sa thèse tout en montrant à la personne à laquelle il s’adresse les risques encourus si elle n’est pas respectée. On trouve parmi ceux-ci des valeurs particulièrement délicates puis qu’il en va de la conservation même de notre identité, visiblement impossible si elle n’est pas accompagnée d’une réflexion pondérée sur notre avenir et sur le sens que nous allons lui donner.

Si nous revenons à une considération plus globale du texte, on constate qu’il s’articule autour d’un jeu de contraste, le second paragraphe contrant le premier tout en défendant la même thèse, les notions opposées se reliant implicitement dans un jeu de connexion et d’inter pénétrations. Le philosophe séduit ainsi son lectorat par le biais d’une structure gigogne dans laquelle s’encastrent et se reflètent les arguments et les différentes notions. Cependant, malgré l’aspect attractif de cette démonstration, nous pourrions nous interroger sur les motivations mêmes qui l’ont suscitée, et sur les risques d’une application rigoureuse de cette dernière.























L’Auteur s’est interrogé dans ce texte sur les raisonnements qui doivent conditionner nos actes et en a conclut que seule la soumission de nos choix au contrôle pur de la raison permettaient à ceux çi d’avoir une quelconque valeur.
Toutefois Après une première lecture du texte, plusieurs détails du raisonnement d’Epitècte dérangent le lecteur, à commencer par la toute première phrase de l’extrait et par la drôle d’argumentation que nous offre le philosophe, mais dont il faut pourtant se contenter : «  Veux tu vaincre au JO ? Moi aussi par tous les dieux, car c’est une belle chose. « Rien ne justifie ici l’opinion d’ Epitècte, et l’appréciation de la victoire aux JO comme étant «  une belle chose «  se trouve même en opposition avec une partie du syllogisme développé quelques lignes plus bas. En effet, penchons nous sur les raisons qui poussent l’individu à se lancer dans la compétition de haut niveau : ne cherche t-il pas là à atteindre un moyen de flatter son ego? Si tel est le cas, on peut alors penser que l’individu tente en agissant ainsi de se donner une consistance, de donner une valeur à ses actes par le biais superficiel de la reconnaissance sociale, de la richesse et de l’admiration. Dès lors ne peut on pas considérer que ce genre de comportement, en plus d’être révélateur des faiblesses de son auteur, amène à se satisfaire de valeurs artificielles, et risque même d’entraîner une dépendance aux autres membres de la société, cherchant perpétuellement soit à les vaincre, soit à se faire admirer d’eux? Pourtant si l’on regarde la fin du texte, Epitecte nous dit que c’est en «  travaillant à devenir athlète » que l’on acquiert indépendance et autonomie… La contradiction devient dès lors flagrante. Cependant il convient de nuancer ce point de vue en envisageant les autres motivations qui poussent les hommes à se lancer à la conquête de la victoire, elle peuvent résider dans le simple défi personnel, ou encore dans le désir de partager avec d’autres personnes un même amour du sport et de l’effort. Nous pourrions également objecter à Epitecte les risques que pourraient entraîner de tels propos s’ils étaient appliqués au pied de la lettre. Rappelons tout d’abord la thèse de l’auteur: selon lui tous nos choix et actes doivent êtres sondés et soumis au strict contrôle de la raison, réprimant par la même occasion passion et désir. Mais la raison instituée n’a-t-elle pas menée au plus terribles dictatures que le monde ait jamais porté ? Et n’Est-ce pas une chimère que l’on poursuit en croyant qu’il est possible d’amputer les hommes de leur impulsivité ? Thomas More avait écrit en 1516 un livre dont le titre tombe bien à propos puisqu’il s’agit de «  L’Utopie ». Dans cet ouvrage, l’écrivain décrit le fonctionnement d’une société dont le comportement de tous les habitants est soumit à la raison froide et mathématique, implantée dans la conscience de chacun par une kyrielle de lois quasi abstraites. Bien que l’ouvrage idéalise ce genre de fonctionnement, il convient tout de même de placer ces système politiques dans le contexte des guerres que nous avons traversé pour nous rendre compte qu’ils en sont parfois la cause directe. C’est en réfléchissant froidement et sans compassion aux problèmes géopolitiques ( le terme a d’ailleurs été interdit car symbolisant une vision trop mathématique et dépourvue d’humanité de la société ! ) de l’Allemagne qu’Hitler en est venu à attaquer l’Europe pour y établir son grand Reich. Mais restons tout de même objectif, ce que nous propose Epitecte est essentiellement destiné à un usage personnel et non politique. Cependant même à ce niveau purement intime, nous pourrions reprocher au philosophe d’être trop froid et mécanique. A savoir que si l’exemple du sport se trouve en parfaite adéquation avec ce qu’il tente de nous montrer, il n’en va pas de même pour tous les domaines de la société. Par exemple un musicien ou un peintre qui avant de composer s’interroge de façon stricte sur ce qu’il va faire, ne risquerait il pas de brider, voire d’anéantir sa propre inspiration ? Enlevant alors tout le charme et l’originalité qui fait de chaque œuvre d’art une œuvre unique ? Si nous observons de plus près les conséquences personnelles de ce genre de comportement, là encore, les propos de l’auteur d’avèrent être trop radicaux : Chaque être possède en lui une partie de sa personnalité contradictoire et fantaisiste qui ne peut en aucun cas survivre au contrôle pur de la logique. Lutter contre cette aspect de notre personnalité à coup de raisonnement acharnés revient finalement à tenter de tuer une partie de nous même et à ne pas l’assumer. Or, c’est c précisément ce fragment de notre identité, composé de passion d’envie et de folie qui a permit aux hommes d’accomplir à travers les ages les faits marquant de notre société. La raison à elle seule ne peut permettre à l’homme d’atteindre tous ses objectifs, si la motivation première n’est pas agitée par une flamme qui échappe au contrôle de la logique. L’homme se distingue en partie de l’animal par sa capacité à inventer, à créer du superficiel par le simple pouvoir de l’imagination, à déplacer des montagne avec son unique foi en la victoire. D’ailleurs, à ce propos, Epitecte une nouvelle fois se contredit. En effet, il nous cite l’exemple du singe comme étant dépourvu de capacité à raisonner et n’agissant que par mimétisme. Mais ce modèle bien particulier du primate ne peut être élargit au monde animal, car qui mieux que les animaux symbolisent la recherche de l’efficacité par la logique froide et sans pitié ? Ne sont-ce pas les animaux qui sont capable de dévorer leur propre progéniture pour pouvoir survivre, procréer à nouveau et maintenir ainsi la survie de l’espèce? Qui mieux que la fourmi symbolise l’organisation, le respect de la hiérarchie et la rigueur aux prix de nombreux sacrifices collectifs ? A nouveau Epitecte profite d’exception tout à fait particulières et extraites de leur contexte pour en créer des généralités applicables à toute la société, qu’elle soit humaine ou animale.
Pourtant ce point de vue à été défendu par de nombreux penseurs tels que Dumarsais. Ainsi le philosophe devait il représenter la pondération et l’équilibre en contraste avec l’impulsivité et la spontanéité des hommes. Mais il convient tout de même de replacer ces courants de pensée dans leurs contextes historiques, cet idéalisation du monde et de l’homme grâce à la raison et en opposition à l’obscurantisme fut très à la mode durant la période des Lumières. Sensée combattre les préjugés que la société imposaient aux hommes, cette lutte par la connaissance et le savoir trouvait un public très réceptif. Aujourd’hui notre société occidentale contemporaine prône l’expression de l’identité par l’imagination, l’art, ou l’extériorisation débridée de la fantaisie de chacun. Les valeurs du monde ont changé, le contexte à lui aussi muté grâce aux nouvelles technologies qui permettent aux hommes de ne plus dépendre que de leurs propres connaissances.
Ainsi faudrait il nuancer les propos d’Epitecte pour qu’ils se trouvent en adéquations avec les valeurs qui sont désormais les notre, car s’il est bon de ne pas agir que sous l’influence de sentiments aussi intenses que furtifs, il faut également savoir écouter ce que notre culture appelle le cœur, en opposition avec le cerveau, symbole de la raison pure et mécanique.









Conclusion: eugénisme


Nous pourrions donc reprocher à la thèse que nous propose l’Auteur son manque de souplesse vis-à-vis de notre société actuelle et l’absence de prise en considération de son application stricte à la vie politique comme personnelle. Ainsi cette théorie tend à étouffer par la logique pure un partie de nous même que nous ne pouvons nier, puisqu’en elle réside toute la passion et la fantaisie qui font le propre de l’homme dans sa force comme dans sa faiblesse. La frontière entre l’humanité et l’état de machine est rapidement franchie si l’on poursuit cette voie. Notre histoire nous le prouve, l’homme n’a trouvé de force que dans la crudité de ses convictions, sa passion et sa volonté on suffit à bouleverser des civilisations, à découvrir de nouveaux monde, à ériger des principes universels qui aujourd’hui encore habitent nos cultures… Il semble que si la logique eut été l’initiatrice de toutes ces révolutions humaines sociales et religieuse, elles auraient été vite avortées au simple vu de leur probabilité de succès. L’Homme doit s’accepter tel qu’il est, afin de mieux appréhender ses défauts tout en restant en adéquation avec lui-même. La nature humaine peut se modeler et se plier aux conditions de la vie en société, rarement se briser sous le poids d’une logique d’acier dont le seul objectif est la recherche du profit. Wilde ne disait il pas :L'homme est tout ce qu'on voudra, mais non pas raisonnable. ?



Merci de me dire ce que vous en pensez :) 

Autres pages sur : pensez

Lassé par la pub ? Créez un compte
Lassé par la pub ? Créez un compte
Tom's guide dans le monde