Tom's Guide > Forum > Livres / Bouquins / Comics > Si c'est un homme - Primo Levi
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Bonjour la compagnie!

Je viens de lire Si c'est un homme de Primo Levi, et outre l'avoir trouvé magnifique, dur, et très... je sais même pas comment le qualifier, je l'ai adoré... et ce mot même me semble comme une insulte. On adore une BD, on adore Harry Potter, on adore le Seigneur des Anneaux, Les Trois Mousquetaires... adore-t-on les mémoires d'un juif déporté qui nous a même fait cauchemarder à deux reprises?
On l'idolâtre si on veux, on le relit, on le pense, il nous entraine dans un monde de réflections, de mélancolie... on se dit, que ce n'est pas possible que l'humain soit si cruel...

Bref donc, à part avoir ***** ce livre -je ne met pas de mot, je ne sais le trouver-, je doit en faire une fiche de lecture.
Haha, l'opportuniste vous me diriez. Et ben non! Car sur une liste de 20 livres, c'est bien si c'est un homme que j'ai choisi. Et non, ce n'était pas le plus simple ni le plus court. C'est pas de la flemme, j'ai lu trois des autres livres de la liste, et je pense les lire tous!.

D'ailleurs, loin de moi l'idée de vous demander de me faire ma fiche de lecture, même pas le résumé de 10 lignes, que nenni! Ce que je veut c'est discuter avec vous de ce livre, pour voir si jamais vous n'avez pas les réponses à des questions que je me pose inévitablement, et que la prof' n'a pas manqué de poser -en sachant que le plan de la fiche de lecture était la même pour tous les livres, donc c'était un 'en générale' normalement applicable a celui de Primo Levi.


Pour ce qui n'ont pas lu le livre, -que je ne manque pas de recommander!-, Si c'est un homme sont les mémoires d'un juif italien nommé Primo Levi déporté.
C'est une autobiographie de l'époque qu'il à vécu au Lager en Auschwitz. Il y raconte le mode de vie qu'il à du connaitre pendant près d'un an...
C'est vraiment très fort, car c'est réelle et sans ménagement. Il dit ce qu'il en était, ce qu'Il était avec une simplicité très difficile... il était une bête. Ils l'étaient tous, sinon, ils ne survivraient pas...
'Dites moi "si c'est un homme"'

'Mes' questions
Ma prof' de Français a tout particulièrement insisté sur le personnage principale -tous les livres donnés sont des autobiographies- sur leur apparence physique, leur caractère, leur milieu sociale, leur évolution au cours du récit et leur relation avec les autres personnages.
Primo Levi était juif italien de naissance et chimiste de vocation, au piémont.
Capturé et déportè vers 24 ans il se trouve a Auschwitz.
Là, physiquement il ressemble désormais à tous. Tête rasè et se 'promenant' dans des habits usés. De plus je crois savoir qu'il n'était pas très fort ni costaud (est-ce vrai? l'ai-je vraiment lu ou j'invente? Lu? Oui? Ou? -dans le livre je parle-)
Mais que sais-t-on de son caractère? Il n'en parle pas vraiment... si? Je n'ai pas su lire 'entre les lignes' peut-être...
Et son évolution au cours du récit? Il y en a-t-il une? A part la décision que, désormais, il ne devrait pas chercher a comprendre, et juste, a survivre?
Quand à ses relations avec les autres personnages peut-t-on parler de relations? Faut-t-il justement dire que chaque relation était bien courte, au camp? Et alors, doit-t-on nommer tous ceux qu'il nomme? Ou juste Lorenzo, Pikolo... et encore?
Ou alors, qui citer?
Et son milieu social? Faut-t-il parler de son numéro, de son Kommando? Ou le fait de dire qu'il était juif et traitè comme tel avant de devenir assistant dans un laboratoire de chimie, suffit?


Que de questions, Watson...
Oui, certes... mais croyez-moi, vraiment, je ne le fait pas que pour ma fiche de lecture. Oui, oui, une belle note m'intéresse, mais d'habitude j'arrive a m'en tirer plutôt bien sans aide...
Nan... c'est une discutions sur le livre que j'ai tellement appréciè que je veux... car il n'est pas si facile que ça... m'aider a comprendre mieux, a moi. Et ensuite, pouvoir utiliser quelques éléments pour la fiche de lecture -que, remarquez, je ne vous ai pas collé pour que vous y faisiez les réponses que j'y mettrait!-


Sur quoi, chers lecteurs, après vous avoir ennuyè de mon monologue-discours ennuyeux, je vous salue!

Bien Votre,
Farfalla

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Farfalla a écrit :

Bonjour la compagnie!
Mais que sais-t-on de son caractère? Il n'en parle pas vraiment... si? Je n'ai pas su lire 'entre les lignes' peut-être...

 

Rappel toi que la déportation niait l'identité qu'ils avaient. Ils ne sont considérés que comme un simple morceau de viande, un simple numéro parmi tant d'autres...
Ils sont totalement déshumanisés alors ce qui fait leur caractere n'existe sûrement plus, ou alors il n'est vraiment que peu visible.

Citation :

Et son évolution au cours du récit? Il y en a-t-il une? A part la décision que, désormais, il ne devrait pas chercher a comprendre, et juste, a survivre?

Personnellement, je me rappel l'avoir trouvé combattif vers la fin de sa période au camp. Le fait qu'il s'occupe de trouver un poel, des vivres toussa

 

En espérant avoir aidé...


Message édité par sIake le 15-11-2007 à 22:25:49
Répondre à sIake

Vivi!! Je t'assure que tu aides... C'est certes une bonne réponse... la déshumanisation... Le manque de caractére... j'avais pas pensé á ca en pensant a un caractére...

Quand á son évolution, il est vrai qu'a la fin il est combatif, une rage de vivre et de faire vivre, d'aider. Une humanisation nouvelle, comme il le dit si bien lui-mëme...

Sur ce... ben... je vais commencer demain ma fiche de lecture, dans l'espoir qu'elle soit bien :P .

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Répondre à Farfalla

Doooonc, comme promis, voilà de quoi lire -où plutôt fuir pour les intelligents!

La superbe fiche de lecture de laquelle je ne garde pas le moindre espoir de rencontrer un lecteur, mais je met... pour le 'fun'. Vous aurez droit à savoir ma note une fois le travail rendu et corrigé.

Citation :

Si c’est un homme
De Primo Levi

1)
Si c’est un homme est un livre autobiographique écrit par Primo Levi en 1946, suite à son retour d’un camp de concentration d’Auschwitz.
Primo Levi est un chimiste juif, italien du Piémont, partisan contre le fascisme. En décembre 1943, alors qu’il n’a encore que 24 ans, il se fait arrêter par la milice italienne et est déporté, en février 1944, au Lager Monowitz (camp faisant partie de l’énorme ensemble d’Auschwitz).
Dans son livre Si c’est un homme, il raconte sa vie au Lager, dès son arrivée jusqu'à son départ en janvier 1945.
En alternant des épisodes précis (un jour où il récite á un de ses amis de camp, des vers de la Divine Comédie –le Chant d’Ulyses-), et des épisodes quotidiens (les nuits qu’il décrit, et les rêves qui sont pour tous les mêmes et ne changent pas), il essaye de décrire de la façons la plus objective possible, cette année de sa vie, de son histoire, ancrée dans l'Histoire.
En effet, Si c’est un homme est une autobiographie, mais reste, et est, avant tout, un témoignage de ce que les déportés on vécu dans les camps de concentration nazis, pendant la Seconde Guerre Mondiale.
Si c’est un homme est écrit dans un langage courant, (Primo Levi n’étant pas écrivain avant), mais littéraire et de façon très belle : il arrive à mettre en mot l'indicible de cet horreur, et c’est ce qui fait de lui un écrivain à part entière.



2)
Dans ce livre on n’apprend pas grande chose sur son auteur. Il essaye de son mieux d'être objectif, car son but, en écrivant Si c’est un homme n’est pas de s’écrire ou de se décrire, ni de juger. C’est de témoigner, de façon objective, de dire ce qui s’est passé, ce qu’il a vu et vécu, ce qu’il a ressentit, comme tous les autres déportés juifs. Je précise les déportés juifs, car il explique que c’étaient les moins bien traités, que les prisonniers politiques ou même simples résistants avaient droit, tout au moins, à être regardés comme des hommes par les Kapos, contrairement aux juifs, comparés, par Primo Levi, à du bétail.
Les peu de choses qu’on apprends sur lui c’est qu’il n’était pas des plus costauds et des plus forts. Il le dit à une occasion en parlant du travail qui n’était pas pour lui aussi facile que, par exemple, pour Resnyk qui est décrit comme grand et fort –«un bon travailleur».

Son caractère est quand à lui effacé. Au début du récit il se sent perdu dans ce nouveau monde où il ne sait pas encore ce qu’il l’attend.
Leurs têtes son rasée, tous les habits se ressemblent. Le numéro 174517 est tatoué sur son bras gauche, c’est désormais son nom, sa seule identité. Ou plutôt, sa non-identité. Car c’est ce que les allemands veulent, qu’ils n’aient plus d’identité, qu’ils ne soient rien. Alors, ils ne pensent plus rien, ils pensent tous la même chose, au pain, à comment éviter les travaux les plus durs, à se parer contre le froid. Il n’y a plus de caractère, on ne cherche plus à comprendre. Ils sont tous les mêmes. Il le dit «il n’y a pas de miroirs, mais notre image est devant nous, reflétée par cent visage livides». La règle des allemands –ici, il n’y à pas de pourquoi- rejoint celle des déportés –ne plus chercher à comprendre-.
Primo Levi, ayant donc été compté parmi les valides au travail, après cette initiation à la vie du Lager, est envoyé au Block 30.
Là il rencontre Steinlauf, un petit numéro, qui lui donne des conseils de survie ; se laver, prendre soin de soit, c’est refuser de ne pas exister, c’est continuer à être un homme. Cette rencontre reste importante pour Primo Levi, qui s’en servira comme raison de combat à la fin du récit.
En effet, de gros numéro à petit numéro il n’y a que quelques mois de différence. Au Lager on apprend vite à survivre par tous les moyens possibles, ou l’on ne survie pas. De plus, chaque fois il y a des nouveaux déportés, des nouveaux numéros, qui font du sien un petit en comparaison.
Ainsi de l’hébétude, Primo Levi comme tous les déportés, se voit dans l’obligation de passer à l'instinct de survie. Au Lager, les rations alimentaires sont très minces, et sans voler ils ne survivent pas. Il commence à le comprendre et accepte de survivre. Il y a en outre, une partie du Lager ou l’on vend/achète. Les cuillères pour la soupe, par exemple, qui ne leur sont pas distribués –les allemands les veulent bêtes-, coûtent une demie ration de pain, et il faut en acheter une pour manger. Ainsi fonctionne tout, quand il peut, le narrateur vole, pour manger d’avantage, pour se couvrir un peu.
Mais aussi au travail : Il existe un moyen de l'éviter momentanément : c’est d’aller aux latrines. Alors Primo et les autre détenus y vont, à pas lents, y restent longtemps avant de revenir. C’est tricher pour vivre. C’est la monnaie courante du Lager «Le vol est l'unique voie d'approvisionnement régulière».

Puis, en mai 1944, les allemands les préviennent qu’ils ont besoin de chimistes. Après avoir passé des examens, Primo est élu. Sa condition de vie s'améliore, du moins, il n’a plus a travailler dans le froid «C’est de la chance».

Finalement –et c’est là que les paroles de Steinlauf auront un sens- les Russes approchent et bombardent le Lager. Primo, malade de scarlatine, se trouve au K.B (infirmerie), et à la chance –encore la chance- de ne pas faire partie des prisonniers qui entreprennent un voyage pour sortir d’Auschwitz sous le commandement des SS. Il se trouve dans une dortoir avec 11 autres personnes, alors que tous les allemands sont partis.
Primo Levi et ses compagnons redeviennent des hommes. Ils cherchent, lui et deux français –les seuls trois malades valides de la baraque- de la nourriture, une poêle pour réchauffer l’endroit et fondre la neige pour boire. Et ainsi, cuisinant, allant vider le sceau, allant chercher la nourriture et l’eau, Primo, Charles et Arthur –les deux français- essayent, pendant 10 jours, de survivre et de faire survivre les autres malades, sans se soucier du typhus duquel une majorité est atteinte.
Ils redeviennent solidaires, pensent aux autres… Un malade propose même de donner de leur pain aux travailleurs, alors qu’avant la loi était de tout garder pour soit. Les Allemands ne réussissent pas à atteindre leur but : Primo Levi et les déportés –du moins ces 11 là– reprennent leur identité et redeviennent humains.


3)
«Towarowski […] fit cette proposition aux autres malades […]
Et c’est avec ce geste, me semble-t-il que […] nous avons cessé d'être des Häftlinge pour apprendre à redevenir des hommes» -histoire de dix jours-

Dans ce passage, le temps du souvenir et celui de l’écriture se mêlent. En effet, C’est Primo Levi, le déporté de 24 ans, qui est avec d’autres malades dans un K.B. abandonné des allemands, qui entend la proposition de l’un des malades, Towarowski.
C’est Primo Levi, l'écrivain, en 1946, à qui il semble que ce geste leur a permis de redevenir des hommes.
Le souvenir est écrit au passé, ce qui n’est pas le temps le plus commun du livre, car dans Si c’est un homme Primo Levi écrit surtout dans un présent d’actualisation. Une actualisation constante.
En 1946 il vient de sortir du Lager, et ses souvenirs sont encore très vifs, très présents, et bien qu’il écrive objectivement, écrire au présent est une façon de montrer que c‘est encore près, et de permettre aux lecteurs de visualiser les scènes, comme quelque chose de vrai, de les sensibiliser, alors que les temps aux passé marquent souvent un éloignement que l'auteur ne veut pas marquer.
Pourtant ce présent-ci est bien un présent de commentaire, puisque c’est Primo Levi l’auteur qui croit, quand il écrit ce livre, que c’est grâce à ce geste qu’il est ce qu’il est devenu, et non la bête que les allemands avaient fait du Primo Levi déporté.


Pendant sa déportation, Primo Levi fait la connaissance de plusieurs personnes, mais, les relations entretenues avec les autres détenus, ne sont jamais d’une longue durée. Les prisonniers ne se voient que pendant le travail et dans les baraques, or, Primo Levi change à deux reprises de baraque et fini par être aparté dans la baraque du laboratoire avec les autres chimistes. Et les Kommandos de travail changent tout le temps.
Cependant, le narrateur à la chance de rencontrer Alberto, un italien de son convoi qu’il décrit comme un homme malin qui dès les débuts à su s’adapter, et comprendre qu’au Lager il fallait survivre. Il est le meilleur ami de Primo et grâce à qui il n’oublie pas la solidarité.
En effet, Lorenzo, un civil travaillant a la Buna (un camp de travail), qui est pour Primo Levi la preuve que la bonté humaine existe encore, leur apporte tous les jours a manger, depuis qu’en août 1944 le camp subit des attaques aériennes russes. Après son entrée dans le laboratoire, Levi reçoit deux ou trois litres de soupe de la part de Lorenzo par jour, et c’est avec Alberto qu’il les partage. Ils vont les chercher ensemble, avec un sceau qu’ils ont payé de leur pain.
Alberto meurt cependant vers octobre 1945, comme la plupart de ceux qui étaient avec lui, lors du convoi destiné à évacuer Auschwitz des hommes capables de faire le déplacement.
Parmi les personnes marquantes pour Primo Levi, ou du moins, avec qui il a des relations plus étroites qu’avec les autres, il y a aussi Jean, le Pikolo du laboratoire, qui survit et avec qui Primo Levi entretient une amitié jusqu'à sa propre mort en 1987.
Il en va de même avec Charles et Arthur, avec qui, pendant les dix derniers jours au Lager, abandonnés par les allemands à leur sorts, ils font de leur mieux pour survivre et faire survivre les malades avec eux.
Les autres déportés (tel Kraus un hongrois qui travaillait ‘trop pour survivre longtemps’ ou encore Steinlauf dont j’ai parlé plus haut) ne sont que des rencontres qu’au vue des changements de Kommandos, de baraques, et aux sélections pour les crématoires et les chambres a gaz, restent moindres.

Primo Levi ne décrit presque pas ses relations avec les allemands, car il ne veut pas traduire sa haine, sa rancoeur contre ceux qui l’on fait souffrir : il ne veut pas juger, il veut juste témoigner, et parler trop des allemands le forcerait à écrire d’une façon trop passionnée pour le simple témoignage objectif.


Les thèmes de ce récit autobiographie ne sont pas nombreux. Primo Levi décrit la peur de mourir, qui, enfin de tout, n’existe même plus. Il décrit comment les déportés ne voyaient pas vers le futur, mais le présent. La mort avait beau être si près, ils pensaient à comment ils pourraient faire pour se libérer des plus lourdes pièces à porter, comment trouver un peu plus de pain.
C’est seulement pendant son séjour au K.B. qu’on voit sa peur à la mort, il dit que le manque d’activité est cause de désespoir et de souffrance morale, il laisse l’esprit vagabonder et penser, se souvenir de l’avant et réfléchir au sombre avenir.
Le thème de l'écriture revient aussi assez souvent, et de la lecture. La littérature. Bien que Primo Levi soit chimiste, il aime la poésie, il connaît des vers de Dante en Enfer. Et il veut écrire. C’est là, à Monowitz qu’il décide d’écrire. Écrire pour que le monde sache ce qui se passe dans les camps de concentration, pour témoigner de ce que les déportés ont du subir.
Dans le laboratoire, il prend des notes, il commence en quelque sorte la rédaction de Si c’est un homme malheureusement, il fait disparaitre ces notes qui sont très courtes, car la peur d'être pris avec l’une d’elle est trop grande. Mais son récit prend forme dans sa tête. Dès lors il savait qu’il écrirait Si c’est un homme, et il écrit en effet ce livre, à peine retourné d’Auschwitz, pour ne pas être à présent que chimiste, mais aussi écrivain… témoin.


4)
Si c’est un homme est une autobiographie dont le récit ne dure qu’un an et est écrit du début à la fin. Il commence par raconter son arrestation, sa déportation, et c’est par la Libération qu’il fini. Le seuls flash-back sont ceux de ses pensées, quand il pense à son passé.

Cependant, le récit n’est pas raconté jour par jour, ou mois par mois, car tous les jours se ressemblent au Lager. Primo Levi raconte alors les choses quotidiennes en un épisode particulier.

Les épisodes développées, le sont plus que d’autres car se sont des épisodes marquants :
- Son arrestation, sa déportation et son intégration au Lager auxquels il dédie trois chapitres, marquent le début d’une nouvelle façon de vivre, d’une nouvelle période dans son histoire ; celle qu’il raconte dans Si c’est un homme.
- Le chapitre Histoire de dix jours marque aussi une nouvelle forme de vie, sans l’autorité des allemands, si près de la libération. La re-humanisation aussi.
- Son arrivée au K.B montre comment il découvre une nouvelle facette du camp.
- La pendaison d’un homme qui se révolte et qui cri, avant de mourir, qu’il est le dernier. Primo Levi et les autres déportés y sont habitués… mais, c’est ce mourant qui est un homme, et non eux. Ils le savent, ils ont en honte au fond.
- L’examen de Chimie, grâce auquel il aura droit à un autre traitement de celui qu’il a connu au Lager.

Ou des épisodes répétitifs :
- Il raconte les nuits, en racontant une nuit et un de ses rêves, mais en précisant qu’elles se ressemblaient toutes, pour tous.
- Un jour de travail, un jour comme les autres.
- Un jour au K.B même s’il y passe un mois, tous les jours y sont aussi monotones.


Ce récit est écrit de façon objective, et l’auteur essaye de son mieux de ne pas traduire ses sentiments. Ce qui fait de ce livre quelque chose extrêmement touchant et sensible, car, les émotions du lecteur ne viennent pas de celles que l’auteur essaye de lui faire sentir, mais de ce que les faits, et rien que les faits, peuvent provoquer.


«… et je regardai autour de moi et me demandai combien, parmi cette misérable poussière humaine, seraient frappés par le destin.
Des quarante-cinq occupants de mon wagon, quatre seulement ont revu leur foyer…» -chapitre premier-

Ce passage montre que Primo Levi l’écrivain de 1946 prend du recul par rapport à Primo Levi le déporté du wagon où régnaient la promiscuité et la soif, mais, comme dans ce passage, tous les autres commentaires sont faits sans laisser voir ouvertement les sentiments qui sont dans l’écrivain. Il se contente de raconter, de ne pas être subjectif.



Si c’est un homme
Vous qui vivez en toute quiétude
Bien au chaud dans vos maisons
Vous qui trouvez le soir en rentrant
La table mise et des visages amis
Considérez si c'est un homme
Que celui qui peine dans la boue,
Qui ne connaît pas de repos,
Qui se bat pour un quignon de pain,
Qui meurt pour un oui pour un non.
Considérez si c'est une femme
Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
Et jusqu'à la force de se souvenir,
Les yeux vides et le sein froid
Comme une grenouille en hiver.
N'oubliez pas que cela fut,
Non, ne l'oubliez pas:
Gravez ces mots dans votre coeur.
Pensez-y chez vous, dans la rue,
En vous couchant, en vous levant;
Répétez-les à vos enfants.
Ou que votre maison s'écroule;
Que la maladie vous accable,
Que vos enfants se détournent de vous.

Ce poème est l’introduction au livre Si c’est un homme et explique parfaitement bien le choix du titre.
C’est une interrogation que Primo Levi fait au monde.
Est-ce un homme celui qui perd son identité, celui qui ne s’interroge pas sur le lendemain, celui qui essaye tant bien que mal de survivre en se battant pour une ration de pain?
Les nazis ne le veulent pas. Ils veulent faire de ces déportés, de ces juifs, des bêtes, des non-hommes.
Et au cours du récit, même Primo Levi paraît déshumanisé…
A la fin, il le dit : ‘apprendre à redevenir des hommes’.
‘Dites moi si c’est un homme celui qui est ainsi traité ?’




5)
Si c’est un homme est un livre que j’ai trouvé magnifique, dur, et très... je sais même pas comment le qualifier, je l'ai adoré... et ce mot même me semble comme une insulte. On adore une BD, on adore Harry Potter, on adore le Seigneur des Anneaux, Les Trois Mousquetaires... adore-t-on les mémoires d'un juif déporté qui nous a même fait cauchemarder à deux reprises?
On l'idolâtre si on veux, on le relit, on le pense, il nous entraîne dans un monde de réflections, de mélancolie... on se dit, que ce n'est pas possible que l'humain soit si cruel...
C'est vraiment très fort, car c'est réelle et sans ménagement. Il dit ce qu'il en était, ce qu'Il était avec une simplicité très difficile... il était une bête. Ils l'étaient tous, sinon, ils ne survivraient pas...
'Dites moi "si c'est un homme"'


L’œuvre autobiographique est un genre de littérature que j’aime bien, mais que je n'idolâtre pas.
En effet, j’aime bien apprendre la vie des auteurs, mais quelques fois c’est quelque chose d’un peu monotone et souvent il y a des passages très longs à lire. Moi-même je n’aime pas lire à la première personne, je préfère en quelque sorte un narrateur omniscient.
Cependant, l’autobiographie permet de lire les sentiments et les pensées de la personne d’une façon plus vraie, plus sincère, plus directe.
Je pense d’ailleurs que tout livre est en quelque sorte autobiographique et que l’on peu connaître des choses sur l'ecrivain en lisant un de ses livres, même si c’est de la fantaisie avec un narrateur omniscient et non présent.
Et je pense aussi que Si c’est un homme n’est pas une autobiographie comme les autres… c’est un témoignage objectif sur une période de l’Histoire, alors que la plupart des autobiographies, bien qu'histories ancrées dans l’Histoire pour certaines, sont le récit subjectif du narrateur, de ses pensées, de ses points de vue.




Ouf... désolée si je parait chiante :D
Mais je ne vous ai pas obligé a le lire -pour ceux qui l'on fait- et je n'en veut absolument pas à ceux qui on sauté :p

------------------------------ Aprendre pour savoir, savoir pour comprendre
Répondre à Farfalla

Herf, bonne fiche de lecture...pour ce que j'ai pu en lire vu le roman que nous a fait :)


Message édité par sIake le 15-08-2009 à 01:15:23
Répondre à sIake

Ce que j'en tiré , avant tout une approche philosophique de la condition humaine prise dans la tourmente des camps et de l'extermination , avec une question de fond qui domine : Qu"elle doit etre l'attitude d'un homme atteint dans son intégrité ?

------------------------------ Tom's truc ,ma nouvelle boite mail.


Répondre à douyazen

je voulais juste savoir si quelqu'un aurait une explication à me fournir
la différence entre la Buna et la Lager ?
voila
merci d'avance :)

Répondre à Anonyme

j'arrive avec des moi de retard mais comme je vois qu'il n'y a pas de réponse... je m'y prête tout de même!

Au début le camp d'Auschwitz était un camp de concentration et non d'extermination (donc de travail pour y enfermer tous les opposants politiques essentiellement...), mais au bout d'un moment durant la seconde guerre mondiale ont commencé les déportations massives des juifs... d'où l'agrandissement du camp, et ont été créés des camps annexes, dits Auschwitz 2 (Buchenwald), Auschwitz 3 (La Buna)... Ces camps étaient bien évidemment des camp d'extermination (massacres massives, fours crématoires à gogo...).
Bref, le "lager" en allemand veut tout simplement dire camp, et Primo Levi désigne par la Auschwitz 2 qui était son camp d'internement (il le désigne en allemand car l'allemand et la langue nazi, donc de la barbarie, donc c'est plus fort que la traduction française). Et La Buna c'est Auschwitz 3 où ils allaient tous les jours car c'est là qu'ils travaillaient toute la journée.

Voilà, j'espère que c'était clair (si c'est trop long pour les plus fainéants qui veulent juste la réponse à la question allez direct au dernier paragraphe!^^)

Naomi

Répondre à Anonyme
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