Coup de filet sur un serveur peer-to-peer à l'ancienne
Les autorités belges et suisses ont saisi hier, mardi 21 février, le célèbre serveur Razorback2 du réseau eDonkey/eMule.
Il s'agissait sans doute du plus célèbre couple de serveurs sur le réseau d'échange de fichiers eDonkey/eMule. Les deux Razorback2 (2.0 et 2.1) ont été déconnectés et saisis, hier, par les autorités fédérales belges, à Zaventem, près de Bruxelles. En Suisse, leurs homologues ont, de leur côté, emmené et entendu un des responsables de l'association Razorback2 et fouillé son domicile.
Ce coup de filet, dans le cadre d'une enquête dont on ignore encore l'origine, n'aura en tout cas pas mis longtemps à être applaudi par la Motion Picture Association of America, qui représente les grands studios de cinéma américain, les majors .
Selon elle, dans un communiqué, cette attaque contre Razorback2 est une « victoire majeure » dans la lutte contre « les fichiers illégaux qui circulent sur Internet via les réseaux peer-to-peer ». L'organisme va même jusqu'à évoquer la fin d'une « menace pour la société », considérant que Razorback2 donnait aussi accès à des fichiers dangereux (pédophilie, fabrication de bombes...).
« Un mythe, donc une cible privilégiée »
Pourquoi ? Il explique que « Razorback ne servait que d'intermédiaire technique, et que ce rôle d'intermédiaire a été rendu totalement caduque par l'ajout sur tous les clients eDonkey et eMule d'une surcouche entièrement décentralisée et autonome », appelée Kadmelia, ou Kad. Plus besoin alors pour le nouvel eMule de serveur centralisé.
Razorback, dans son rôle de super index indiquant où trouver des fichiers, apparaissait surtout comme un vestige d'une époque révolue. « Razorback est un mythe (...) c'était donc une cible privilégiée », résume un internaute sur le forum du site eMule inside. Voire une des dernières cibles possibles.
Les sites spécialisés rassurent
La fermeture de Razorback a forcément ému la communauté eDonkey/eMule. La plupart des sites spécialisés se sont empressés de « rassurer » les fans de ce réseau sur les conséquences possibles de la saisie des serveurs. En théorie, les autorités auraient pu s'en servir pour retrouver les internautes adeptes des échanges illégaux de fichiers.
« Toutes les données nécessaires au bon fonctionnement de Razorback étaient stockées en mémoire vive, et ont donc été perdues lors de la saisie. C'est ce que nous assure une source proche de Razorback », indique Ratiatum.
De son côté, Open-files invite les internautes à se méfier : « De faux serveurs Razorback (certains étaient déjà présents) font surface, y compris un faux Razorback 2.0. On se doute déjà qu'ils sont là pour pister les internautes. »
L'avant-projet de loi français sur les droits d'auteur prévoit actuellement une amende de 38 euros en cas de téléchargement illégal.