Transistors : Histoires de K.
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La rédaction La rédaction
| Publié le 02/07/2005 à 01:25
Source : Présence PC | Mots-clés : CEA, :, transistors, High-k
Source : Présence PC | Mots-clés : CEA, :, transistors, High-k
Le K, lettre de l'alphabet latin nous vient de l'étrusque. Comme nombre de lettres latines, elle provient de l'alphabet grec ancien, plus préçisément de la lettre Kappa (à ne pas confondre avec une marque moderne).
Elle est judicieusement positionnée dans l'alphabet, en en étant la 11ème lettre. En science, et plus particulièrement dans la reine des sciences aux yeux de Descartes, la lettre K a une connotation particulière : on lui associe souvent l'idée d'une constante.
Ceci est valable également en électrostatique, où la constante K définit la permitivité d'un diélectrique. Ne partez cependant pas en courant, tout ceci, bien que pouvant vous effrayer, est assez simple à comprendre (niveau bac +1, voire même niveau terminale).
Présentation des candidats
Commençons par le commencement. Un condensateur est formé de deux armatures. Ce sont simplement des conducteurs électriques. Ils sont séparés, soit par du vide, de l'air, ou bien par un diélectrique (en fait, l'air est un diélectrique). Lorsque les charges arrivent sur les pattes du condensateur, elles s'accumulent, les charges positives d'un côté et les négatives de l'autre. Le diélectrique est un isolant, qui se place entre les deux armatures, et dont le seul rôle est de faire barrière aux charges, tout en laissant le champ électrostatique passer. Les charges se retrouvent "bloquées" sur les armatures. Le champs électrique passe : on a réussi à stocker du courant ! (si le champs électrique ne passait pas, on aurait un simple conducteur, qui comme chacun sait n'a point la capacité à stocker de l'énergie).
Mais comme la vie a une origine chimique, et qu'en chimie tout est affaire de constantes, les diélectriques laissent plus ou moins bien passer le champs électrique. Ceci grâce à l'action magique d'une constante, couramment appelée la constante K ! (en anglais, pour nous francophone on parle de C, ou plus préçisément de capacité, ce qui devrait rappeler des souvenirs à certains). Elle définie en réalité la permitivité (c'est à dire la capacité à laisser passer le champs électrique). Plus la permitivité augmente, et plus l'énergie stockée sera importante (K varie entre 1 et l'infini).
Le problème des interconnexions
Ce problème a déjà été présenté, mais faisons une piqure de rappel, directement inspirée par Onversity. Dans les processeurs, on trouve principalement des transistors. Leur rôle, changer d'état le plus rapidement possible. Et pour les relier, on trouve des interconnexions. Et, pour limiter les pertes de courant (gigantesques gouffres par ailleurs, à la grande déception d'Intel), on place un isolant pour isoler les interconnexions. Actuellement, il s'agit principalement de dioxyde de silicium (SiO2). Maintenant, rapellez vous le paragraphe précédent : conducteur + isolant = condensateur. Ainsi, sans le vouloir, on forme un condensateur. Et par voie de conséquence, on perd de l'énergie électrique (puisqu'elle reste stockée). Donc, pour limiter au maximum les pertes, on a besoin de diélectriques (l'isolant des interconnexions) avec une constante K la plus petite possible (pour ne pas stocker) ! Comme le rapelle Onversity, il existe aussi une part de responsabilité des courants de décharge. Pour résumer, si vous avez étudié les condensateurs, vous savez que le temps caractéristique d'un condensateur est défini par t = R*C avec R la résistance (ici, celle du circuit formé par l'interconnexion et l'isolant) et C la capacité du condensateur formé. Pas besoin de longue démonstration pour comprendre que si le temps de décharge est trop long, il restera du courant dans l'interconnexion, ce qui fait que le transistor ne changera pas d'état : le processeur va avoir quelques problèmes. La diminution de la capacité du condensateur formé par l'interconnexion et l'isolant, grâce à un isolant avec faible permitivité, permet de diminuer aussi le temps de décharge, puisque le temps de décharge est linéairement dépendant de cette permitivité.
Ce problème n'est pas nouveau, il ne s'agit clairement pas d'un scoop.
L'isolant le plus utilisé à l'heure actuelle, le dioxyde de silicium, admet une permitivité de l'ordre de 4,4.
Mais on t'aime bien quand même Gros-K ...
On l'a vu précédemment, l'effet condensateur généré par le couple interconnexion+isolant est dévastateur. Cependant, il est salvateur pour un transistor ! Ces derniers nécessitent d'avoir du courant sur au moins une de leurs bornes, et si possible que la différence de potentiel entre deux bornes soit la plus grande possible. Donc autant faire "réservoir à énergie" ... Le rôle même du condensateur. Seulement, vous n'êtes pas sans savoir que le Saint Graal actuel de tous les fondeurs de circuits intégrés est la réduction des finesses de gravure. Déjà arrivés à 90 nm, les prochaines grandes étapes sont 65 nm puis 45 nm. Et qui dit finesse de gravure réduite, dit bornes des transistors réduires également. Et par conséquent, moins de place pour les petites charges électriques toutes frétillantes. Donc, moins de différence de potentiel possible, et fatalement, un fonctionnement non optimal. La solution ? Mettre un condensateur dans chaque transistor ! Ou plutôt, créer des transistors qui en aient les propriétés.
Le CEA, une vraie bombe.
Commissariat à l'Energie Atomique. Le nom peut faire peur aux premiers abords, et choquer sur un site en rapport avec l'informatique (probablement à cause du terme 'commissariat'). Localisé à Grenoble, le Leti (Laboratoire d'électronique et technologies de l'information) en partenariat avec les industriels de l’Alliance Crolles 2 - à savoir : STMicroelectronics, Freescale Semiconductors et Philips Semiconductors - vient d'annoncer avoir démontré la posibilité de créer ces fameux transistors condensateurs (bientôt, une machine à café intégrée), et ce sur des galettes de silicium de 300mm (ces fameux Waffers de 300m que tout fondeur de circuits intégrés se doit d'avoir, sous peine d'être renié par sa famille, et lacéré par ses employés, ainsi que pendu sur la place publique). Le tout avec des finesses de gravure de 32 nm à 45 nm. Chef du département Nanotech 300, Olivier Demolliens nous prophétie que cette technologie de transistors "High-K" pourrait être câblée avec des interconnexion "Low-K" d'ici à la fin de l'année 2005, et ce même avec des diélectriques à faible permitivité (environ 2.2). Restera à trouver un diélectrique avec ces caractérisques, et qui puisse être aussi facilement utilisé que le dioxyde de silicium.
Autre avantage, cette technologie permettra de réduire la tension d'alimentation, et augmentera la réactivité des transistors.
Liens : Microprocesseurs et Low-K
Détails de la fabrication d'un microprocesseur
Transistors et High-K
High-K Metal Gate
Source : Annonce du CEA
Elle est judicieusement positionnée dans l'alphabet, en en étant la 11ème lettre. En science, et plus particulièrement dans la reine des sciences aux yeux de Descartes, la lettre K a une connotation particulière : on lui associe souvent l'idée d'une constante.
Ceci est valable également en électrostatique, où la constante K définit la permitivité d'un diélectrique. Ne partez cependant pas en courant, tout ceci, bien que pouvant vous effrayer, est assez simple à comprendre (niveau bac +1, voire même niveau terminale).
Présentation des candidats
Commençons par le commencement. Un condensateur est formé de deux armatures. Ce sont simplement des conducteurs électriques. Ils sont séparés, soit par du vide, de l'air, ou bien par un diélectrique (en fait, l'air est un diélectrique). Lorsque les charges arrivent sur les pattes du condensateur, elles s'accumulent, les charges positives d'un côté et les négatives de l'autre. Le diélectrique est un isolant, qui se place entre les deux armatures, et dont le seul rôle est de faire barrière aux charges, tout en laissant le champ électrostatique passer. Les charges se retrouvent "bloquées" sur les armatures. Le champs électrique passe : on a réussi à stocker du courant ! (si le champs électrique ne passait pas, on aurait un simple conducteur, qui comme chacun sait n'a point la capacité à stocker de l'énergie).
Mais comme la vie a une origine chimique, et qu'en chimie tout est affaire de constantes, les diélectriques laissent plus ou moins bien passer le champs électrique. Ceci grâce à l'action magique d'une constante, couramment appelée la constante K ! (en anglais, pour nous francophone on parle de C, ou plus préçisément de capacité, ce qui devrait rappeler des souvenirs à certains). Elle définie en réalité la permitivité (c'est à dire la capacité à laisser passer le champs électrique). Plus la permitivité augmente, et plus l'énergie stockée sera importante (K varie entre 1 et l'infini).
Le problème des interconnexions
Ce problème a déjà été présenté, mais faisons une piqure de rappel, directement inspirée par Onversity. Dans les processeurs, on trouve principalement des transistors. Leur rôle, changer d'état le plus rapidement possible. Et pour les relier, on trouve des interconnexions. Et, pour limiter les pertes de courant (gigantesques gouffres par ailleurs, à la grande déception d'Intel), on place un isolant pour isoler les interconnexions. Actuellement, il s'agit principalement de dioxyde de silicium (SiO2). Maintenant, rapellez vous le paragraphe précédent : conducteur + isolant = condensateur. Ainsi, sans le vouloir, on forme un condensateur. Et par voie de conséquence, on perd de l'énergie électrique (puisqu'elle reste stockée). Donc, pour limiter au maximum les pertes, on a besoin de diélectriques (l'isolant des interconnexions) avec une constante K la plus petite possible (pour ne pas stocker) ! Comme le rapelle Onversity, il existe aussi une part de responsabilité des courants de décharge. Pour résumer, si vous avez étudié les condensateurs, vous savez que le temps caractéristique d'un condensateur est défini par t = R*C avec R la résistance (ici, celle du circuit formé par l'interconnexion et l'isolant) et C la capacité du condensateur formé. Pas besoin de longue démonstration pour comprendre que si le temps de décharge est trop long, il restera du courant dans l'interconnexion, ce qui fait que le transistor ne changera pas d'état : le processeur va avoir quelques problèmes. La diminution de la capacité du condensateur formé par l'interconnexion et l'isolant, grâce à un isolant avec faible permitivité, permet de diminuer aussi le temps de décharge, puisque le temps de décharge est linéairement dépendant de cette permitivité.
Ce problème n'est pas nouveau, il ne s'agit clairement pas d'un scoop.
L'isolant le plus utilisé à l'heure actuelle, le dioxyde de silicium, admet une permitivité de l'ordre de 4,4.
Mais on t'aime bien quand même Gros-K ...
On l'a vu précédemment, l'effet condensateur généré par le couple interconnexion+isolant est dévastateur. Cependant, il est salvateur pour un transistor ! Ces derniers nécessitent d'avoir du courant sur au moins une de leurs bornes, et si possible que la différence de potentiel entre deux bornes soit la plus grande possible. Donc autant faire "réservoir à énergie" ... Le rôle même du condensateur. Seulement, vous n'êtes pas sans savoir que le Saint Graal actuel de tous les fondeurs de circuits intégrés est la réduction des finesses de gravure. Déjà arrivés à 90 nm, les prochaines grandes étapes sont 65 nm puis 45 nm. Et qui dit finesse de gravure réduite, dit bornes des transistors réduires également. Et par conséquent, moins de place pour les petites charges électriques toutes frétillantes. Donc, moins de différence de potentiel possible, et fatalement, un fonctionnement non optimal. La solution ? Mettre un condensateur dans chaque transistor ! Ou plutôt, créer des transistors qui en aient les propriétés.
Le CEA, une vraie bombe.
Commissariat à l'Energie Atomique. Le nom peut faire peur aux premiers abords, et choquer sur un site en rapport avec l'informatique (probablement à cause du terme 'commissariat'). Localisé à Grenoble, le Leti (Laboratoire d'électronique et technologies de l'information) en partenariat avec les industriels de l’Alliance Crolles 2 - à savoir : STMicroelectronics, Freescale Semiconductors et Philips Semiconductors - vient d'annoncer avoir démontré la posibilité de créer ces fameux transistors condensateurs (bientôt, une machine à café intégrée), et ce sur des galettes de silicium de 300mm (ces fameux Waffers de 300m que tout fondeur de circuits intégrés se doit d'avoir, sous peine d'être renié par sa famille, et lacéré par ses employés, ainsi que pendu sur la place publique). Le tout avec des finesses de gravure de 32 nm à 45 nm. Chef du département Nanotech 300, Olivier Demolliens nous prophétie que cette technologie de transistors "High-K" pourrait être câblée avec des interconnexion "Low-K" d'ici à la fin de l'année 2005, et ce même avec des diélectriques à faible permitivité (environ 2.2). Restera à trouver un diélectrique avec ces caractérisques, et qui puisse être aussi facilement utilisé que le dioxyde de silicium.
Autre avantage, cette technologie permettra de réduire la tension d'alimentation, et augmentera la réactivité des transistors.
Liens : Microprocesseurs et Low-K
Détails de la fabrication d'un microprocesseur
Transistors et High-K
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Source : Annonce du CEA
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Yeah, preums'
Bon, que dire...
J'ai rien compris, trop compliqué pour moi, ou bien il doit être trop tard...
ha la physique............je me rapèle de mes 4/20 en seconde.......( me parler plus jamais de moles :-( :-( )
je viens juste de me réveillé, et c'est donc unpeu la flemme de lire tout ca et de réfléchir. Je lirais ca lundi quand je rentrerais mais ca à l'air vachement compliqué...
Lissyx, je te chope sur irc et je te casse en deux pour m'avoir donné mal à la tête de bon matin :s

Sinon c'est très documenté comme toujours, j'aime
Dites moi préçisément les passages qui vont pas, j'ai essayé d'expliquer le truc sans trop sortir les formules de physique (aucun interêt pour aider à la compréhension, et c'est dans tout bouquin de physique digne de ce nom), mais je suis pas forcément infaillible.
Ah... ça fait plaisir de lire un arcticle dédié à l'électronique sur IDN
(à moins qu'il y ait un traitre d'intel qui leur revend la methode lol).
)
C'est clair que intel est vachement emmerdé par l'effet condo présent entre les bornes des transistor. Eux qui s'acharnent à la course au Ghz et bien ils sont mal barrés... Par contre si jamais ils trouvent la solution, amd va faire faillite... sniff
PS : par contre, dire qu'un condo stocke du courant c'est pas vraiment vrai. C'est plutôt une différence de potentiel qu'il maintient, donc une tension. Mais une fois que le condo se connecte en série à une charge, la oui, un courant circule. (désolé pour la critique facile
C'est cool des articles comme ca, merci Lissyx.
Un truc que j'ai pas tres bien compris. C'est que si c'est le CEA qui a fait cette découverte, ils vont bien déposer un brevet concernant leur trouvaille non ? Donc est ce qu'ils vont vendre leur transistor-condensateur ou alors ce sera libre d'utilisation ?
Oui, je sais. Mais si on commence à rentrer dans des subtilités comme ça, les gens vont s'y perdre ...
Une différence de potentiel, c'est dans l'esprit commun, "du courant électrique".
article magnifique :-D
continue comme ça, pour garder eveiller nos povre petit cerveau ;-)
Salut,
et c'est pour ça que lorsque l'on laisse un ordi marcher trop longtemps il commence a déconner au bout d'un moment ? ou sa a completement rien a voir ?
desolé si je passe pour un abruti finis :-P
J'aime bien les articles compliqués comme ça caifun
En gros j'ai à peu près compris meme si le passage sur les condensateurs est d'un niveau un peu elevé...
La physique.....heuresement qu'il n'y a plus cela en ES lol
Très bon article tout de même !